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Jeunesse, climat Déclaration de Lausanne : ne pas céder aux voix de la collaboration de classe

    Du 5 au 9 août, c’est tenu à l’Université de Lausanne une rencontre de 400 jeunes venus de 38 pays et qui ont débattu des questions climatiques. De ce forum est sorti une déclaration appelée : « Déclaration de Lausanne sur le climat ». Les medias internationaux se sont fait largement l’écho de cette manifestation, ce d’autant qu’y participait Greta Thunberg une adolescente suédoise transformée en figure de proue d’un mouvement qui se veut le fer de lance de la jeunesse dans la lutte contre le « réchauffement climatique ».

Les principaux auteurs de cette rencontre s’ils ont largement commentés la déclaration de Lausanne et appelé la jeunesse à l’action, sont restés particulièrement discrets sur le contenu et la nature de l’organisation de cette dernière. A la question de qui a financé la rencontre, l’un des coordinateurs, Lou De Bruycker a indiqué : «Tout est gratuit» et il a précisé encore que le sommet était financé par des fondations. Lesquelles ? Nous ne le saurons pas !
    Cette discrétion n’est pas fortuite puisqu’il faut garder à ce mouvement la fraîcheur de l’innocence pour entraîner la jeunesse dans un combat contre un « ennemi commun » à tous, exploiteurs et exploités, riches et pauvres. Autant dire que le fond de commerce majeur est bien ici la recherche de ce large consensus. Comme l’affirme la déclaration : « Nous sommes unis en tant que mouvement. Nous sommes tous des gens de la même planète, sans distinction de frontières, de sexe, d’orientation sexuelle, d’âge, d’appartenance ethnique, de capacités et d’origine sociale et nous méritons d’être traitées sur un pied d’égalité ».
Les demandes, ne parlons pas ici de revendications, sont au ras des pâquerettes et ne sont pas vraiment de nature à choquer les plus grands exploiteurs et pollueurs du monde que sont les grands groupes capitalistes : « 1. Faire en sorte que la température ne grimpe pas au dessus d’1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle 2. Assurer la justice climatique et l’équité 3. Écouter le meilleur de la science aujourd’hui disponible ». Le premier point reprend purement et simplement les objectifs de la COP 21 de Paris dont on sait qu’il s’agit plus d’un argument de propagande visant à justifier les politiques étatiques de privatisation en matière d’énergie. Par exemple en France dont la production d’énergie électrique est déjà largement décarbonée, au nom des énergies alternatives, le pouvoir et le patronat préparent la privatisation complète d’EDF après celle de GDF ! Le deuxième point est purement et simplement décoratif car comment peut-on parler de justice quand les grandes puissances impérialistes imposent leur loi par le fer et le sang. Quant à la troisième elle prêterait plutôt à rire si l’on ne connaissait pas le véritable terrorisme intellectuel qui règne sur le débat scientifique à propos de la nature et des causes des changements climatiques.
    Pour rendre crédible la démarche, les sponsors de la déclaration de Lausanne utilisent le catastrophisme, une vision de fin du monde anxiogène qui ne facilite pas une démarche rationnelle ; ils affirment ainsi : « Nous sommes au carrefour de l'histoire. L'effondrement de notre société et de nos écosystèmes est à l'horizon et le temps presse ».
    Pas facile donc pour la jeunesse travailleuse et étudiante issue des milieux populaires en bute à des reculs sociaux historiques qui la plongent dans une grande précarité de s’y reconnaître. Elle fait face à une pression idéologique terrible. Si elle se bat pour le droit de vivre elle en deviendrait de fait une complice du changement climatique mortifère. Le grand capital, avec tous ceux qui sont à son service, leur jeunesse dorée et leurs idéologues ont donc intérêt à pousser la jeunesse dans cette impasse qu’est, ce qu’ils nomment la lutte pour le climat.
    Nous disons au contraire à la jeunesse travailleuse, aux étudiants, aux lycéens, que la vraie bataille pour préparer leur avenir, pour « sauver la planète » est d’en finir avec le système prédateur qu’est le capitalisme qui ne respecte ni les hommes ni la nature. Pour cela, il n’y a pas d’autre voie que celle de la lutte, de la lutte des classes pour abattre le capitalisme et construire enfin une société moderne, juste et démocratique : la société débarrassée de l’exploitation de l’Homme par l’Homme : la société socialiste. C’est ce débat que nous engageons avec la jeunesse.

Bimestriel N°133

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