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N° 951 10/10/2025  Selon la lettre d'information féministe Les Glorieuses1 à partir de 11h30, le lundi 10 novembre les femmes travaillent "gratuitement" en France et ce jusqu'à la fin de l'année. Selon cette publication, c'est un symbole de l'inégalité salariale entre les femmes et les hommes en France.
L'inégalité salariale homme /femme est une des sombres réalités des conditions du salariat et alimente à juste titre la revendication ancienne du mouvement ouvrier que traduit le slogan : " A travail égal, salaire égal ". La CGT montre aussi que les inégalité salariales homme-femme au delà de leur aspect discriminatoire pèsent lourd dans les comptes de la protection sociale en ce qu'elles sont un manque à gagner dans les cotisations. selon l'INSEE, si l’on compare les salaires annuels des femmes et des hommes en France2, les femmes gagnaient en moyenne 22 % de moins que les hommes en 2023 et cet écart ne se réduit que très lentement.
Il est donc juste de mener résolument ce combat pour l'égalité salariale homme femme. cependant, la présentation qui est faite de cette question par une partie des mouvements féministes pose un problème de fond. Elle laisse penser que jusqu'au 10 novembre il n'y a pas d'exploitation du travail salarié des femmes et enccore moins des hommes pour toute l'année. Cette vision des choses est reprise à l'envi par tous les media qui exonèrent ainsi le système capitaliste de ce qui en constitue le fondement : l'exploitation du travail salarié par les détenteurs du capital. De plus et ce n'est pas rien, puisqu'il s'agit là d'entretenir la division entre les salariés eux mêmes en fonction du genre, Les Glorieuses font porter la responsabilité de cette situation sur un monde du travail (définition vague) incapable d'évoluer : " Ce n’est pas la présence des femmes qui pose problème, ce n’est pas non plus l’existence d’idées progessistes (comme celle, révolutionnaire, de faire en sorte que les femmes soient payées comme les hommes) mais bien l’incapacité du monde du travail à évoluer."
Dans ces conditions, il convient de rappeler les fondamentaux de ce qu'est le processus d'extraction de la plus-value qui est au cœur de l’exploitation capitaliste.
Voici donc ce que Karl Marx écrivait dans son ouvrage Salaires, prix, profits3 : " La plus-value, c'est-à-dire la partie de la valeur totale des marchandises dans laquelle est incorporé le surtravail, le travail impayé de l'ouvrier, je l'appelle le profit. Le profit n'est pas empoché tout entier par l'employeur capitaliste. Le monopole de la terre met le propriétaire foncier en mesure de s'approprier une partie de la plus-value sous le nom de rente, que la terre soit employée à l'agriculture, à des bâtiments, à des chemins de fer ou à toute autre fin productive. D'autre part, le fait même que la possession des instruments de travail donne à l'employeur capitaliste la possibilité de produire une plus-value ou, ce qui revient au même, de s'approprier une certaine quantité de travail impayé, permet au possesseur des moyens de travail qui les prête en entier ou en partie à l'employeur capitaliste, en un mot, au capitaliste prêteur d'argent, de réclamer pour lui-même à titre d'intérêt une autre partie de cette plus-value, de sorte qu'il ne reste à l'employeur capitaliste comme tel que ce que l'on appelle le profit industriel ou commercial." De son côté, " V. I. Lénine4 résumait ainsi ce concept : "Le salarié vend sa force de travail5 au propriétaire de la terre , des usines, des instruments de production. L'ouvrier emploie une partie de la journée de travail à couvrir les frais de son entretien et de celui de sa famille (le salaire) ; l'autre partie, à travailler gratuitement, en créant pour le capitaliste la " plus-value ", source de profit, source de richesse pour la classe capitaliste.
Ainsi, c'est à tout moment que le salarié homme ou femme est spolié de la valeur de son travail. Si les détenteurs du capital différencient la grandeur de l'exploitation, c'est qu'il en tire au moins deux bénéfices : une augmentation de la plus value qui alimente ses profits et la division qu'il génère dans la classe laborieuse qu'il exploite. Raison de plus pour que le slogan à "travail égal, salaire égal" soit bien au cœur de la lutte de classe !
3 Karl Marx, Salaire, prix, profits, Éditions Sociales/Messidor, Collection Essentiel, Paris, 1985.
4 Œuvres choisies en deux volumes, Union of Soviet Socialist Republics, Editions en langues étrangères, , Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme publié en mars 1913 (p.66).
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