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Macron et son gouvernement mettent en oeuvre les exigences du MEDEF

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dévoilé sur BFM « une perspective de récession très sombre pour la France : -11% en 2020 ». Il explique « qu’il y aura des faillites et des licenciements dans les prochains mois ».
Raymond Soubie, président du cabinet de conseil en ressources humaines, Alixio, ancien conseiller social du Président Nicolas Sarkozy prépare aussi le terrain : « Tous les indicateurs montrent une chute de la production très forte, des trésoreries très atteintes et des répercussions sur l’emploi. Je crains que les licenciements en nombre soient inévitables ».

Les plans sociaux massifs tombent, comme Daher (-3000 emplois), Derichebourg (-700 emplois), Renault (-4600), Air France, Airbus, les sous-traitants… il y a aussi des préparations de faillites, dans le secteur commercial comme les enseignes Alinéa, La Halle, André, Naf-Naf, Orchestra Prémaman, Tie Rack, Parashop, 5 à Sec, en redressement judiciaire ou en procédure de sauvegarde, Conforama, 181 magasins sur les 200 du groupe n’ont pas pu ouvrir par impossibilité de verser les salaires et les commandes aux fournisseurs. Les difficultés pour ces groupes ne sont pas arrivées avec le confinement.

Le grand patronat est passé à l’offensive.
Pour accroître leurs profits, les multinationales cherchent à intensifier l’exploitation des salariés par l’allongement du temps de travail, la baisse ou le gel des salaires, l’augmentation des cadences, la précarisation des contrats, la remise en cause des conventions collectives...
« Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier », disait Emmanuel Macron le 13 avril, pendant la crise du Covid-19. Se réinventer, oui, pour mieux servir les exigences du capital. Avec son gouvernement il met les bouchées doubles pour assurer la reprise et développer les profits des multinationales.
Ainsi, la ministre du Travail déclare : « On va être dans une situation difficile économiquement. Donc il y a un risque sur l’emploi, mais il y a des alternatives. Je pense qu’il faut se serrer les coudes […] on peut aussi négocier des accords de performance collective » a affirmé Muriel Pénicaud sur LCI dimanche 31 mai.
Ce dispositif est dans les ordonnances réformant le Code du travail, promulguées par Emmanuel Macron le 22 septembre 2017. Muriel Pénicaud indique: « plutôt qu’il y en ait 20 % qui perdent leur emploi, on va pendant quelque temps baisser le temps de travail et donc la rémunération, donc il y a des solutions, il y a des alternatives ». Lorsqu’un accord de performance collective est signé, ses dispositions remplacent celles figurant dans le contrat de travail. Elles portent sur le temps de travail, son organisation, la rémunération et sur la mobilité professionnelle et géographique des salariés, des primes ou des RTT, gel des augmentations de salaire, la liste est longue… la durée d’un accord est de 5 ans ! Le refus d’un salarié de voir modifier son contrat de travail peut-être sanctionné par un licenciement. Tout devient possible pour les employeurs.
La CFDT est déjà dans l’accompagnement de cette offensive Laurent Berger dit souhaiter "que ce soit dans les entreprises que l’on définisse le bon équilibre sur l'emploi, l'organisation du travail et la répartition de la richesse"… "Vu la vague qui va arriver en terme de situation de l'emploi, j'ai eu à peu près une certitude, c'est que cela ne se passera pas avec un cadre commun pour tout le monde". Il poursuit "les situations vont être extrêmement diverses", ce qui l’amène à penser que : "les travailleurs eux-mêmes dans les entreprises seront les plus à même de regarder ce qui est bénéfique pour eux".

Qui est à la manœuvre pour ces directives : l’institut Montaigne
Cet institut regroupe 160 grandes entreprises. Parmi elles : Air France, Airbus, Amazon, AXA, BNP, Bolloré, Bouygues, Caisse des Dépôts, Carrefour, Casino, Crédit Agricole, Dassault, EDF, Enedis, Engie, Google, Groupe Rothschild, Groupe Orange, IBM , La Banque postale, L’Oréal , LVMH, Malakoff Mederick, Michelin, Microsoft, Natixis, Nestlé, RATP, Renault, Roche, Safran, Sanofi, Siemens, SNCF, SUEZ, Uber, Veolia, Vinci, Vivendi , Wendel…
Son Président est Henri de Castries, le riche PDG de la compagnie d’assurances AXA.
Cet institut explique qu’il faut « compenser partiellement la perte de productivité liée aux mesures de protection contre le virus et la désorganisation provisoire des chaînes de production ». L’Institut Montaigne justifie ce souci de la productivité par la concurrence. « Il faudrait essayer de produire moins cher ». Les autres pays font de même, l’écrasement des salaires est une course sans fin.
Un chômage partiel longue durée. Une alternative aux plans sociaux ?
"Le chômage partiel tel qu'on l'a pratiqué, massif et général, il ne peut pas durer en permanence" explique Muriel Pénicaud. Mais "il y a des secteurs où on sait qu'il y a des espérances raisonnables, sérieuses de rattrapage, mais qui vont mettre 6 mois, 12 mois, 18 mois comme par exemple le secteur du tourisme ou celui de l'automobile".
D'où la mise en place de ce nouveau type de chômage partiel. Dans une entreprise, "pour ne pas licencier, on négocie le temps de travail et/ou la rémunération. Moyennant quoi l'entreprise s'engage à ne pas licencier. On met le paquet sur la formation, sur le temps de travail qui est réduit et, du coup, l'Etat vient pour compenser une partie de la perte du pouvoir d'achat" explique-t-elle.

Qui est à la manœuvre pour cette proposition : L'organisation patronale, le MEDEF
qui a sorti son plan de relance : « un catalogue de mesures dans lequel le gouvernement pourra puiser » dit son président Geoffroy Roux de Bézieux. Le chef du syndicat patronal fait une proposition un " dispositif complémentaire " au chômage partiel afin d'éviter les licenciements et de conserver les compétences. Il précise à ce sujet : " Il s'agit d'une alternative qui permettrait de garder l'ensemble des effectifs mais d'adapter l'activité, donc de faire un temps partiel obligatoire en compensant financièrement les salariés en question."
L'organisation patronale souhaite aussi renforcer les fonds propres des entreprises en encourageant l'annulation de l'ensemble de ces charges fiscales reportées.
Concernant les entreprises du secteur industriel, le Medef intègre à son plan une revendication déjà connue : la baisse des impôts de production. Geoffroy Roux de Bézieux s'est montré ferme sur le sujet : " Nous demandons la mise en œuvre du pacte productif déjà lancé par le gouvernement, avec la suppression dès 2021 de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) et une réduction du taux de CET (contribution économique territoriale), pour un coût total de 5,5 milliards d'euros."
MEDEF et gouvernement organisent de concert l’exploitation capitaliste maximum

Les salariés n’ont pas le choix : ils doivent lutter.
Il y a des luttes. Les salariés de Renault ont manifesté, mercredi dans la ville de Choisy-le-Roi pour protester contre la fermeture de leur usine. A Maubeuge les salariés de l'usine Renault du Nord étaient en grève depuis vendredi, une semaine de lutte à la Fonderie de Bretagne (Renault), le personnel hospitalier continue de mettre en avant ses revendications avec les «mardi de la colère» et une mobilisation des hôpitaux est prévu le 16 juin, le bassin aéronautique d’Albert menacé par les licenciements prépare un rassemblement devant l’entreprise, appel à la grève aux Fonderies du Poitou…
Il faut frapper plus fort, tous ensemble. Le pouvoir et le capital iront aussi loin qu’ils pourront, la seule barrière qui les bloquera sera celle que les luttes lui imposent. Seule l’action de plus en plus large tous ensemble les mettront en échec. Le capital et le gouvernement craignent pardessus tout les luttes, car ils savent que les salariés, le peuple, sont le nombre, qu’ils sont une force immense s’ils la mettent en mouvement, qu’ils peuvent les contraindre à reculer.
Notre parti mettra tout en œuvre pour cela.
Nous savons que les luttent ne peuvent suffire, il faut en même temps mener la bataille politique contre le capitalisme, appeler au changement révolutionnaire de la société visant à abattre le système d’exploitation capitaliste.

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