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Le jour d'après, c’est maintenant !

La crise sanitaire met cruellement en lumière ce qu’est le système capitaliste : un système d’exploitation du travail salarié pour le profit, elle éclaire la nature de classe de la société et révèle les conséquences désastreuses pour les travailleurs et le peuple des politiques menées dans les dernières décennies par tous les gouvernements de gauche et de droite qui ont mis en œuvre la politique du capital et que prolonge et accentue aujourd’hui celle menée par Macron.

Tous, ils ont fait reculer les moyens de l’hôpital public, fait reculer la sécurité sociale. Macron, à son tour, s’est attaqué à tous les acquis des luttes, non seulement le droit du travail mais il a préparé la réforme des retraites, du système d’indemnisation du chômage, même si pour l’instant tout cela est mis en sommeil. Les résultats les plus visibles de cette politique ce sont : le développement des inégalités sociales, de la pauvreté, du chômage, le démantèlement des services publics...et corrélativement, l’explosion des profits capitalistes sur la base d’une exploitation renforcée du travail salarié. Tout cela, nous le dénonçons jour après jour en montrant que la racine du problème, c’est le système capitaliste lui-même.
Cette politique nous en voyons des conséquences directes aujourd’hui, alors que la France est un pays avancé dans les domaines scientifique, médical, technique, un pays riche, il est incapable de faire face au niveau nécessaire : l’absence de masques, de tests, de lits d’hôpitaux, de personnels soignants sont les fruits amers d’une politique délibérée de liquidation des services publics, de privatisations et des conquêtes sociales des travailleurs.
Tout le montre déjà, les conséquences de la crise qui se surajoutent à une situation dégradée sont désastreuses : 11 millions de personnes sont en chômage partiel, in fine combien de licenciements vont s’ajouter aux plus de 6 millions de chômeurs recensés avant l’épidémie. Les statistiques du chômage montrent déjà une augmentation importante en mars. Les baisses de revenus se généralisent et dans les cités populaires c’est plus que la misère, la faim qui fait son apparition.
Aujourd’hui alors que la crise se poursuit, le MEDEF et le pouvoir n’ont qu’un objectif faire repartir la recherche du profit capitaliste s’ils parlent de relancer l’économie ce n’est pas au sens de répondre aux besoins du peuple mais bien de relancer les profits, pousser plus loin les privatisations y compris du système de santé, et renforcer l’exploitation.
Si nous nous laissons faire maintenant, la « guerre » de classe menée par la bourgeoisie prendra le prétexte des difficultés issues de la crise sanitaire pour justifier l’exploitation renforcée sur nos conditions de travail et de vie, à nous les salariés. Il a fallu lutter avant la crise sanitaire et les luttes étaient en développement, elles continuent en ce moment et il faudra lutter encore plus et plus fort parce que l’épidémie ne change pas la nature de classe de la société.
Déjà les politiques mandatés de la bourgeoisie commencent à nous expliquer qu'il va falloir travailler plus, réduire notre pouvoir d’achat, restreindre notre consommation. Ils essayent surtout d’opposer les personnels de santé aux autres salariés qui refusent de risquer leur vie en allant travailler sans moyens pour se protéger, ils essayent de culpabiliser les salariés qui ont dû rester confinés pour enrayer l’épidémie.
Nous entrons donc dans le vif du débat « du jour d’après » qui est surtout celui « de maintenant » et qui est éminemment politique. Quelle alternative pour relayer les exigences, colère, les attentes et les mouvements sociaux qui perdurent depuis des mois ? Telle est la question à laquelle les forces politiques et sociales tentent de répondre sur le thème du « jour d’après ».
Les multinationales capitalistes qui possèdent les moyens de production et d’échange, les moyens financiers et dirigent le monde, sont aguerries à la confrontation de classe. Elles n’ont aucunement l’intention de partager quoi que ce soit ni de disparaître comme par enchantement. Pour « le jour d’après », Elles réaffirment leur domination et veulent restreindre nos droits de salariés, réduire la protection sociale, récupérer la main sur les services publics, réduire la Fonction publique et continuer les privatisations.
La secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, l’affirme «Il faudra probablement travailler plus que nous ne l'avons fait avant « pour rattraper la perte d'activité induite par le confinement en cours depuis le 17 mars.» La fédération des entreprises de l’alimentation prévient que le pouvoir d’achat des Français sera inévitablement touché à terme pour rétablir la rentabilité de ses adhérents. Pour le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, « il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire ». Des députés LRM ont lancé une campagne qui mérite un détour sur leur site : lejourdapres.parlement-ouvert.fr. Une soixantaine de parlementaires aux 2/3 de LRM lancent une consultation en ligne avec 11 thèmes à discuter. Nous en donnons quelques exemples :
« Consommer avec modération », « vers une société de la sobriété », « Une démocratie plus ouverte », « comment partager le pouvoir? », « quel financement & quel nouveau partage des richesses ? » etc etc.
Dans un entretien au « Journal du dimanche », le président du groupe LRM à l’Assemblée estime que, « entre deux réformes utiles, il faudra toujours choisir celle qui rassemble les Français ». Pour construire le pacte républicain, il faudra, selon lui, chercher « le consensus le plus large avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les associations et les citoyens. A l’Assemblée nationale, notre majorité devra faire prévaloir le compromis plutôt que l’affrontement ». Le président du groupe LRM affirme : « Nous devons poursuivre la réforme déjà engagée de notre système de santé » souhaitant aussi ne pas abandonner la « loi sur la dépendance », qui « illustrerait parfaitement les nouvelles solidarités ». La réforme des retraites n’est que remise à plus tard, la loi de programmation pour la recherche tant décriée par les personnels est poussée par le gouvernement. Tout est clair, ils continuent dans la même direction ! Mais est-ce une surprise ?
Ce programme qui cherche à occuper le terrain d’une transition écologique, fort à la mode, peine à masquer le fond : comment faire accepter l’accélération et l’approfondissement du programme de régression sociale voulu et nécessaire au capital ! Pas étonnant dans ces conditions que Les Républicains aient du mal à se démarquer et qu’ils mettent l’accent sur la méthode, en creux leur discours signifie : nous serions plus aptes à diriger les affaires et notre meilleure implantation territoriale nous en donne les moyens. Le Rassemblement National, comme nous l’avons déjà montré est un des fers au feu du capital. S’il se fait relativement discret c’est qu’il espère être, si besoin est, le « joker » du patronat pour absorber et détourner le mécontentement grandissant généré par la crise majeure qui est déjà à l’œuvre. La grande bourgeoisie a déjà validé le choix du capital. Sa monnaie à deux faces, pour une même politique, sera ou Macron ou le Pen.
Les forces politiques de gauche, le PS, le PCF, et EELV, LFI qui ont à plusieurs reprises gouvernées ensemble et ont mis en leur temps en place la politique du capital, si elles fustigent l’incompétence du gouvernement restent dans les clous d’une gestion qui ne remet pas en cause le système capitaliste et sa domination. Elles appellent au partage des richesses dont nous avons montré qu’il est un leurre dans le système d’exploitation capitaliste. Elles sont toutes centrées sur le « green and social new deal » (la nouvelle donne écologique et sociale) qui serait censé permettre comme l’écrit une de leur théoricienne, Chantal Mouffe, dans le « Monde Diplomatique » : « Une stratégie populiste de gauche visant à construire une volonté collective autour d’un Green New Deal peut aussi faire de cette crise une occasion de démocratiser en profondeur l’ordre socio-économique existant et de créer les conditions d’une véritable transition écologique ». Nous ne sommes pas si loin des questionnements de LRM rapportés ci-dessus. Si tout cela peut constituer à terme une alternance pour le pouvoir, et tout ces partis s’y emploient. Comme l’écrit « le Monde » : « A gauche, on assiste depuis un mois à une foison de réunions virtuelles et de textes appelant à l’unité, une ébullition de petits groupes informels rappelant la volonté à ne pas laisser le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’installer », cette démarche mène à nouveau dans une impasse car elle ne s’attaque pas à la racine des choses : le système d’exploitation capitaliste et détourne les travailleurs de la lutte des classes qui est le moteur du changement de société nécessaire!
Cette question fondamentale est aussi posée aux organisations syndicales. De ce point de vue, le champion du consensus « du jour d’après » c’est incontestablement L. Berger le secrétaire général de la CFDT et président de la Confédération Européenne des Syndicats (CES). Cette pratique de la collaboration de classe n’a pas commencé avec la crise sanitaire, que l’on se souvienne pour les événements les plus récents son soutien aux réformes capitalistes du droit du travail et des retraites. Il développe, lui aussi, l’idée d’un « new deal » écologique et social qui surtout ne s’attaque pas à la domination du capitalisme. Le capital le lui rend bien qui lui donne en permanence quitus pour maintenir la « paix sociale ». Medef, gouvernement et CFDT vont la main dans la main et l’on voit la CFDT et le MEDEF digresser sur le partage de la valeur ajoutée où ils affirment ensemble dans un rapport des positions communes !
La direction de la CGT, syndicat historique de luttes, dont beaucoup d’organisations dans les entreprises et les territoires sont avec les travailleurs sur le front des luttes, en mal de relais politiques pour faire aboutir ses « repères revendicatifs », se prend au jeu des alliances sociétales. Elle s’est ainsi inscrite dans une alliance nationale d’organisations syndicales, politiques et non gouvernementales qui conclut son communiqué par : « reconstruire ensemble un futur écologique, démocratique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.» Elle promeut une pétition dans ce sens qui n’a rien à voir avec les nécessités de la lutte.
Dans ce texte, le message est clair : notre société se doit d’être plus sociale, plus juste, etc. moins douloureuse aux exploités. Et ce serait une grande victoire si nous obtenions une « meilleure » redistribution des richesses créées par notre travail. Ainsi, le capitalisme ne serait pas «dépassable », alors faisons en sorte qu'il soit le moins pénible possible.
Parmi les tenants politiques syndicaux et associatifs du « green and social new deal », il est fréquent de voir opposer capitalisme productif et capitalisme financier auquel il suffirait d’appliquer de « saines » mesures pour le ramener au « monde réel » de la production.
Mais le monde réel de l’accumulation du capital et des profits ce sont les lieux de production et les usines. Ces lieux n’ont pas disparus, ils se sont déplacés s’accompagnant d’une division internationale du travail et d’une augmentation historique du nombre d’ouvriers de production dans le monde et de leur exploitation. Ce que cache la dénonciation du seul capital financier c’est de remiser la luttes des classes dans les bibliothèques des historiens puisque les « vrais » enjeux de société ne se situeraient plus dans l’entreprise ni autour de nos revendications mais dans la résolution de défis sociétaux que nous imposerait une économie dont le fondement capitaliste resterait inchangé. Désarmés et exploités nous n’aurions plus qu’à subir un capitalisme relooké à l’écologisme !
Et pendant ce temps, les grandes firmes internationales organisent et profitent de la division du travail qui s’opère sur toute la planète pour expatrier les usines là où il est le plus profitable d’embaucher à des bas salaires tout en saccageant des capacités industrielles, en France par exemple ce phénomène a atteint des proportions qui ont conduit à un affaiblissement significatif de nos capacités productives. Nous ne pouvons pas éluder ces questions. Quelles industries sont nécessaires au développement de la France ? Comment garantir l’indépendance économique de la France et avec quels moyens ? Comment envisager les coopérations industrielles ou les échanges commerciaux équilibrés nécessaires entre pays et avec lesquels ? La transition énergétique dont personne parmi ses laudateurs ne donne un contenu précis ne répond à cette question essentielle.
La réalité incontournable est la suivante : ce sont les capitalistes et leur mode d’exploitation du travail humain qui domine la planète. L’injustice fondamentale est là, les ressources de la nature sont incluses dans cette domination. Si l’épidémie peut leur permettre « d’assainir » leurs capitaux, d’éliminer des groupes concurrents, ils le feront au détriment de leurs salariés, de leurs familles et de l'environnement.
La crise fait partie de la logique de développement du capitalisme. Il marche comme ça, de temps à autres le système se « grippe » : il lui faut éliminer des plus faibles et renforcer l’exploitation du reste de l’Humanité pour retrouver ses « bons » taux de profits. Et donc, plus que jamais la lutte de classe, la lutte économique et sociale contre l’exploitation, pour imposer les revendications est indispensable. mais il faudra bien se décider à faire en sorte que nos luttes posent le problème de l’élimination du capitalisme en tant que système prédateur et de la construction d’une société où ce sont réellement les travailleurs qui prennent en mains les rênes du pouvoir politique et économique. Pour cela il n’y a aucun secret, seule la lutte des classes peut faire bouger les choses. Voilà ce qui devrait être l’objet des débats pour les jours d’après !

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