Gantry 5

 

Vaste opération de manipulation.

Au moment où des dizaines de milliers de travailleurs décident d’engager la lutte comme à la RATP, EDF, chez les cheminots, dans de nombreux secteurs d’industrie, chez les retraités en action le 8 octobre, le gouvernement engage une vaste opération avec l’aide de tous ses outils de propagande pour justifier le bien-fondé des « réformes » en cours ou à venir dont le but est de supprimer tous repères collectifs, toute solidarité contenue dans les accords et acquis sociaux comme la retraite, la Sécurité Sociale, la santé, les salaires et pensions, les indemnités chômage, le logement, le code du travail…

c’est à une véritable transformation de la société (réclamée par le Medef) à laquelle Macron s’attelle.
Cela ne se fait pas sans résistance, l’exercice est difficile car les luttes, le mécontentement ne faiblissent pas, au contraire l’idée de faire converger, d’unifier ces luttes commence à grandir.
Pour tenter d’éviter cette possible convergence, le pouvoir engage toutes ses forces dans une vaste opération de manipulation de l’opinion afin de faire croire qu’il n’y a pas d’autre solution à la situation présente.
Déclarer que la réforme de la santé consiste à « préserver l’hôpital public » est une vaste fumisterie, dire que la réforme de la retraite c’est mettre les retraités « sur le même pied d’égalité » en est une autre, idem pour ce qui concerne la Sécurité Sociale dont la réforme consiste selon Macron à « garantir le système social français ».
Le pouvoir ne peut nier ou dévoyer très longtemps la situation concrète vécue par la population : accès à la santé, salaires et pensions bloqués, accès au logement, à la retraite, aux services publics, à un véritable emploi garanti, aux allocations sociales rendues de plus en plus difficile…
Les discours et les « grands débats » initiés par Macron et toute sa clique ne suffisent pas à masquer les difficultés.
D’autant que cette politique ne va pas s’arrêter :
Buzin insiste sur la nécessité de réaliser de nouvelles « économies » sur la santé, autrement dit, continuer à supprimer des services, des lits d’hôpitaux, pour rentabiliser la santé devenue marchandise et donc source de profits nouveaux. Tout cela s’accompagne évidemment d’une privatisation larvée de l’ensemble des services de santé.
EDF vient d’annoncer des coûts supplémentaires liés à la fabrication de l’EPR de Flamanville, l’origine de ces difficultés n’est pas évoquée, par contre la campagne menée vise à masquer l’abandon de la filière nucléaire et l’augmentation du prix de l’électricité qui va exploser. La lutte importante des travailleurs d’EDF empêche pour l’instant le démantèlement de l’entreprise, comme c’est le cas à la SNCF ou à La Poste.
Cette politique de vise qu’une chose, satisfaire les exigences capitalistes : faire du profit, toujours plus et toujours plus vite. Pour y parvenir, il faut soumettre tous les secteurs de la vie économique et sociale à ce but.
Le budget 2020 prévoit 13 milliards de baisses d’impôts pour les entreprises d’ici la fin du quinquennat. C’est un budget construit uniquement pour satisfaire les appétits capitalistes.
La lutte des classes n’est pas une vue d’esprit, c’est une réalité à laquelle il faut prendre part sans retenue. C’est notre raison d’être.

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Bimestriel N°131

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