Gantry 5

 

C.N mars 4-Les luttes sont nombreuses.

En France, pour faire face à ce mécontentement profond et grandissant, le pouvoir en place utilise tous les moyens à sa disposition pour éviter le débat sur le cœur du problème, les raisons et les causes profondes de la situation actuelle. Voyez comment le mouvement de la jeunesse sur le climat exclut totalement la responsabilité du capital pour le résumer à : « Les jeunes se mobilisent parce que les vieux ne font rien ! » Comme si les guerres impérialistes, les délocalisations qui multiplient considérablement les transports, la politique agricole, celle des multinationales de l’agroalimentaire n’y étaient pour rien.

Cette récupération politique des inquiétudes de la jeunesse est orchestrée pour dévoyer le débat. Nous devons nous exprimer sur cette question car le sujet est important vis-à-vis d’une jeunesse qui souffre comme toute la société de la politique menée.
Le « grand débat national » servi sur un plateau par le mouvement des « gilets jaunes » est servi à toutes les sauces. Pas un journal télévisé, pas une émission, pas une radio, pas un quotidien sans la promotion du « grand débat » summum de la démocratie capitaliste.
Grand absent de ce débat, le capital qui domine toute la société. Les multinationales qui volent les richesses créées, qui donnent les ordres pour accélérer la casse sociale, pour exploiter tous les secteurs de la vie publique, connaît pas ! !
Salaires, pensions, pouvoir d’achat ? Circulez ! Les multinationales n’ont rien à voir avec ces sujets !
Le « Grand bla-bla national » n’aborde pas ces questions, tout est fait pour les éviter : « vous voulez plus de services publics et moins d’impôts ?, il va falloir choisir ».
Sur les retraites : « nous voulons une retraite où chaque euros cotisé servira à la constituer ». Fini les cotisations sociale pour le financement de la Sécurité Sociale et l’ensemble de la protection sociale.
« Valoriser le travail » phrase répétée à l’envi qu’il faut traduire par : réprimer ceux qui n’en ont pas, reconnaître le « mérite » par des primes ou du salaire « défiscalisé ».
On pourrait épiloguer longuement sur les débats du « grand bla-bla », pas une fois les mots capitalisme, multinationales, profits, dividendes ne sont prononcés.
« Quel capitalisme voulez-vous ? » « Construisons-le ensemble » voilà l’objectif annoncé du « grand débat » pour poursuivre la politique actuelle.
Les partis politiques sont tous parties prenantes dans ce grand « bla-bla » où chacun dit la sienne en tentant d’apparaître pour exister.
Mélenchon par ex. en bon social-démocrate est de tous les soutiens, « gilets jaunes » il soutient, manif sur le climat, il soutient, référendum, il soutient pourvu que ça ne fasse pas de mal au capital dont il veut, avec lui, partager les richesses.
Il veut une Europe sociale, écologique, démocratique mais tous les partis politiques sont sur les mêmes positions qu’ils soient de droite ou appelés de gauche mais se gardent bien de dire qu’une Europe sociale, écologique, démocratique ne peut exister tant que les multinationales posséderont les moyens de production et d’échange, tant que les gouvernements en place seront à leur service.
L’élection européenne va donc être un moment politique important qui va nous permettre d’apporter une perspective révolutionnaire à toutes les questions qui se posent à la classe ouvrière et au peuple qui résiste et qui lutte.
Nous devons sans cesse appeler à l’amplification de ces luttes, au soutien inconditionnel que nous apportons aux travailleurs qui se battent pour vivre mieux.
La lutte de classe est internationale, en Inde, en Chine, en Russie, en Europe, en Amérique, en Afrique la classe ouvrière ne se laisse pas faire. En Algérie, les manifestations de masse, les grèves se multiplient pour exiger une vie meilleure, la jeunesse algérienne dont 30% des diplômés sont au chômage est en première ligne.
En France, les luttes sont nombreuses
et touchent de nombreux secteurs avec des succès appréciables mais c’est le black-out total de la part des médias, la propagande capitaliste à mieux à faire, pour camoufler la responsabilité du capital elle fait la promotion du « grand bla-bla » pour éviter toute information sur les luttes sociales.
Le 19 mars est une nouvelle étape
dans la mobilisation pour les revendications malgré toutes les difficultés et obstacles, les travailleurs ne se laissent pas faire, mais il y a encore beaucoup à entreprendre, à organiser, à faire converger les luttes pour que le capital recule.
Le syndicalisme de classe est affaibli,
c’est un constat que nous faisons depuis longtemps. L’absence d’analyse politique sur la société, sur le rôle et l’action syndicale, sur les causes et les responsables des difficultés sociales, est un obstacle au développement du syndicalisme de classe.
La CFDT,
principale alliée et porte-parole du patronat vient de s’allier avec Nicolas Hulot serviteur de Macron, pour faire des propositions qui n’ont rien à envier à celles que met en œuvre le gouvernement actuel. Elle ne participe à aucune lutte nationale, revendique son «réformisme » ce qui ne nous a jamais échappé.
F.O
tente d’exister par son opportunisme, elle ne procède à aucune analyse politique, se revendique « apolitique et réformiste » ce qui est normal lorsque l’on connaît ses origines.
Quant à la CGT,
elle existe surtout par les luttes des syndicats d’entreprises qui sont de toutes les luttes, et ses structures locales. Mais la direction de la centrale n’a pas renoncé à sa politique de « dialogue social », elle revendique un partage des richesses avec le capital. Ce recul de classe pèse beaucoup dans l’activité syndicale, sur les luttes revendicatives, sur la convergence des luttes quand il n’y a pas d’adversaire désigné.
Ces obstacles, ces difficultés ne masquent pas la réalité de la lutte de classe que d’aucuns voudraient faire oublier.
Nous avons à nous prononcer politiquement sur l’état du syndicalisme en France et en Europe car nous devons aider les travailleurs à voir plus clair sur les causes et responsabilités, l’origine de la situation qu’ils vivent.
L’adhésion de la CGT en 1999, à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et à la Confédération Syndicale Internationale (CSI) ouvertement compromises avec le capital mondial est un problème, ce choix politique réalisé à l’époque de la disparition de l’URSS affaibli le syndicalisme de lutte et de combat contre le capitalisme.
Les luttes sont nombreuses mais trop dispersées pour faire reculer le patronat. C’est pourquoi il faut les encourager, les soutenir. Nous sommes dans les luttes, nous y participons. Nous devons aussi nous exprimer sur la situation, les causes et responsabilités, personne ne le fera à notre place car nous sommes les seuls capables de développer une perspective claire, en dehors de toute compromission avec le capital que nous voulons abattre.

Bimestriel N°131

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