N° 997 01/10/2026 Plus de 180 rassemblements ont eu lieu partout en France, rassemblant plus de 300.000 manifestants dans tout le pays, dont 70.000 à Paris, 30.000 à Marseille, 11.000 à Toulouse, 10.000 à Lille et à Bordeaux, 8.000 à Lyon et à Orléans….Les pompiers ont imprimé une dynamique à la mobilisation. Certaines casernes affichaient jusqu’à 100 % de grévistes. La colère est là, massive et profonde. La mobilisation des lycéens s’est invitée dans la journée se répandant sur l’ensemble du territoire. En quelques jours, le mouvement a changé d’échelle. Le ministère de l’Intérieur recensait près de 180 lycées mobilisés lundi, 416 bloqués ce jeudi et 26 universités ou campus occupés. Le gouvernement affirme être prêt à faire « usage de la force » : 440 interpellations, 10 blessés parmi les élèves et les personnels. Dans le Calvados des drones sont déployés afin de surveiller les établissements d'enseignement, avec enregistrement et transmission des images. Le ministre de l’Intérieur s’acharne sur les lycéens en grève, les traitant comme des émeutiers et dénonçant des violences « inqualifiables ». Ce qui est vraiment inqualifiable, ce sont les conditions d’éducation, les arrestations de lycéens et les violences policières. Réprimer pour tenter de faire taire les lycéens au lieu de satisfaire leurs revendications : il y a de quoi être en colère!
La mobilisation dénonce les classes surchargées, les journées de 8h à 18h, Parcoursup et des locaux insalubres. La colère de toute une jeunesse s’exprime, une société voulant lui réserver des années d’austérité, une militarisation du pays, une jeunesse appelée à servir de chair à canon. La jeunesse réclame davantage de moyens humains et financiers pour l’éducation, alors que le gouvernement va construire un porte avion de 10 milliards, un budget militaire à 36 milliards, un budget de 2 milliards d'euros visant à financer la montée en charge progressive du service militaire pour atteindre 10 000 volontaires en 2030, puis 50 000 à l'horizon 2035…
La colère des lycéens montre la possibilité de construire une riposte, le mouvement ouvrier doit se tenir à leurs côtés, et en faire le point de départ d'un plan de bataille sérieux.
Les directions syndicales ne proposent rien alors que Sébastien Lecornu présente ce jeudi 1er octobre le projet de budget de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS) objectif : «diviser quasiment par deux» le déficit de la Sécurité sociale en 2027 pour le ramener à 12 ou 13 milliards, un budget d'austérité de 54 milliards d'euros attaquant les services publics et prolongeant une fois de plus le gel du point d'indice. Les services publics sont à l'os. La France est l'un des pays de l'OCDE payant le plus mal ses fonctionnaires.
Selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, les retraités seront mis à contribution à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Lecornu veut faire payer « les retraités aisés » en proposant que les pensions supérieures à 1. 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Une insulte : 1.260€ un retraité aisé ! Il veut aussi ramener à 3.000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur l’impôt sur le revenu des retraités. Coup de frein également sur les dépenses et en premier lieu celles de l’État, avec des économies considérables de certains ministères, dont celui du Travail (2,5 milliards d’euros d’effort). Les collectivités, quant à elles, devront faire un effort budgétaire de 5,4 milliards d’euros…Le gouvernement dit vouloir limiter les exonérations de cotisations patronales tout en augmentant les cadeaux aux entreprises. La charge de la dette, soit le montant des intérêts payé par la France, atteindra 79 milliards d’euros cette année et 91 milliards l’an prochain. Ce n’est ni aux travailleurs, ni aux retraités, ni aux malades ou aux locataires de payer!
Combien faudra-il débourser pour remplir sa cuve de fioul? De combien sera la facture de gaz ? 40 % des français déclarent s’être privés de certains produits alimentaires ces derniers mois, la hausse du carburant, estiment 85 % estiment pèse directement sur leur budget pendant cela, TotalEnergies annonce plus de 10 milliards de profits en six mois, 72 % de plus par rapport à l’an passé. Les compagnies pétrolières rackettent et se gavent sur notre dos. La flambée du carburant est décidée par les compagnies pétrolières profitant de la guerre pour spéculer.
Faire payer le patronat n’est pas du tout au programme du gouvernement et des candidats à l’élection présidentielle. La seule façon de protéger notre pouvoir d’achat est d’arracher des hausses de salaires pour rattraper l’inflation et d’obtenir leur indexation sur les prix.
La colère gronde face à des salaires et pensions ne suivant plus, aux prix des carburants, des loyers, des courses augmentant sans cesse…Il faut aller chercher l’argent là où il est et ouvrir des perspectives autres qu’une nouvelle date isolée ou des mobilisations sectorielles.
Face à la colère des lycéens mobilisés dénonçant leurs conditions d’études, le manque de personnel, les classes surchargées, le gouvernement leur envoie les forces de l'ordre : exigeons la relaxe immédiate de tous les réprimés et l’abandon de toutes les poursuites à leur encontre.
L’arme puissante des travailleurs afin de se faire entendre c’est leur force collective et la grève, le gouvernement, le patronat, le capital la craignent et la combattent par la répression et la violence policière. Ils craignent cette mobilisation, et savent qu'elle va compter dans la suite des événements au plan politique parce que loin des débats politiciens elle pose la question de la société elle-même.
La question centrale posée est donc bien d'organiser la lutte contre les politiques austéritaires voulues par les capitalistes et mises en musique par le pouvoir politique. Après le 29 septembre la mobilisation doit se poursuivre et s'approfondir. S’appuyant sur la grève il est donc nécessaire et indispensable qu’une contre-attaque à la hauteur des coups portés contre la jeunesse, les travailleurs s'organisent et qu’un plan de bataille se construise dans la durée.
Le patronat, Macron et tous les serviteurs et chiens de garde ne veulent pas de la transformation de cette colère en conscience révolutionnaire pour une autre société débarrassée de ce système capitaliste d’exploitation de l’homme par l’homme. En France comme ailleurs il sera impossible de régler les problèmes sociaux et politiques engendrés par le capitalisme dans le cadre de ce système. Il faut impérativement en finir avec le capitalisme et son monde d’exploitation, de misère, de famine, de guerres et de génocides. Avec toutes celles et ceux approuvant notre combat, voulant abattre le capitalisme et construire une société socialiste débarrassée de l’exploitation capitaliste développons ensemble le parti révolutionnaire Communistes au service des travailleurs et de notre peuple.




