Gantry 5

 

N° 992 26/08/2026  Cette fin du mois d'août prend déjà un air de rentrée politique et sociale. Agissant comme un aimant sur la limaille de fer, l'approche de l'élection présidentielle aiguille les postures des uns et des autres et le spectacle n'est guère convaincant. D’évidence, l'équation politique n'est pas simple, sur fond d'une crise économique et sociale s’approfondissant, dans le contexte des affrontements au sein du système impérialiste. La question posée pour toutes les forces politiques qui ne remettent pas en cause le système capitaliste est au fond assez simple : comment faire accepter sans trop de contestation une pilule austéritaire massive ? Comment le faire quand la crédibilité de ceux, gouvernant depuis des décennies qu'ils soient de gauche, du centre ou de droite est très gravement démonétisée ?
Prenons un exemple, celui des candidats issus de la Macronie, Philippe et Attal. Premiers ministres hier, ils tentent de nous faire miroiter aujourd'hui et pour demain qu'ils ont en main la solution des problèmes. Avouons qu'il est difficile de les croire et de leur accorder la moindre confiance.
Un autre exemple, celui des candidats de droite et du RN. Le premier a aussi été ministre il n'y a pas si longtemps, la seconde parle et promet beaucoup en se drapant dans sa virginité politique. En même temps, comme dirait Macron, elle prend bien soin de ne pas attaquer les patrons, se contentant de se proclamer antisystème pour devenir vizir à la place du vizir sans rien changer à l'exploitation capitaliste !
A gauche, si LFI, en jouant sur le registre d'un changement profond répondant aux aspirations des travailleurs et de la jeunesse, devance la horde des prétendants de ladite social-démocratie, elle ne dit rien, et pour cause, sur l’impérieuse nécessité de s'attaquer au système capitaliste afin de mettre en œuvre des réformes favorables au travailleurs. Car ce n’est pas son objectif. Ce dernier se limite à apporter une réponse de type keynésien par la relance de la consommation quand cette démarche se heurte aujourd'hui à une limite imposée par la crise de valorisation du capital. Pour parler simple, il n'y a pas de grain à moudre.
Alors la canicule tombe à point nommé pour faire dans l'écologie devenant le point d'orgue de toutes les interventions en évitant quand même soigneusement de mettre ces réels problèmes climatiques en relation avec le mode de production capitaliste. Si les Écologistes se lamentent sur le manque d'unité qui pourrait faire perdre la gauche, ils rallieront à la carte et cela a déjà commencé, le mieux disant leur assurant le renouvellement de leurs sièges au parlement. Le Parti Socialiste, à la recherche d'un nouvel homme providentiel, compte parmi ses nombreux prétendants un candidat pro-américain et prosioniste, il pourrait constituer l'ossature future d'une social-démocratie relookée. Quant au Parti Communiste, il tente d'exister en affirmant dans l'Humanité: " les gauches ne sont pas irréconciliables ". Nous n'en doutons pas puisqu’aucune de ces gauches n'a dans son logiciel la lutte de classe, mais cela a au moins le mérite de la clarté !
Ce constat ne doit pas nous faire perdre de vue l'urgence de la situation, si elle ne se trouve pas dans les joutes politiciennes, elle se trouve bel et bien dans l'organisation du combat de classe sur le plan national et international. Pour cela, il ne suffit pas de conditions objectives, celles des tensions au cœur du système impérialiste, il y faut encore l'organisation de combat de notre classe sur le plan syndical et politique.
Du côté syndical, les grandes confédérations, force est de le constater ont pris la décision de mettre le curseur sur pause en attendant probablement l'élection présidentielle. Ainsi, la CFDT pour sa rentrée a-t-elle organisé un débat sur les services publics...avec la participation de Lecornu et de deux ministres de son gouvernement et réserve sans doute la primeur de ses déclarations aux journées d'étude du Medef du 26 et 27 août! Quant à la CGT confédérale, elle s'abrite derrière les initiatives de septembre des fédérations de l'énergie et de la fonction publique...pour ne rien faire. Le 54éme congrès est passé par là et le virage assumé d'abandon de la lutte de classe se traduit dans les faits.
Dans ces conditions, nous devons poser avec force auprès des travailleurs les données du problème : la séquence des élections présidentielles va-t-elle approfondir la collaboration de classe ou sera-t-elle un moment du renforcement de la lutte et de l'organisation de notre classe. La réponse est entre toutes nos mains.
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