Gantry 5

 

N° 979 28/05/2026  Ces derniers mois les confédérations syndicales ont le stylo facile, elles écrivent en permanence au premier ministre, aux ministres. Ainsi à Carcassonne la municipalité RN expulse les organisations syndicales de leur bourse du travail, ce n’est pas « un précédent extrêmement dangereux créé pour l’ensemble du pays » comme le chante les confédérations: de nombreuses villes de droite comme de gauche font de même. Alors demander solennellement aux ministres du travail et de la justice d’intervenir « afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains ». C’est un comble ! Elles font appel à ceux envoyant les forces de l’ordre contre les salariés, les étudiants, traînent les militants en justice… Les directions syndicales confédérales et l’intersyndicale semble protéger le gouvernement Lecornu, et le président de la République. Elles choisissent la « stabilité institutionnelle » plutôt qu’une mobilisation radicale porteuse d’espoir. Le Premier ministre d’ailleurs a tenu à souligner, mardi 26 mai 2026, à l'Assemblée nationale, la nature inédite du texte sur l'assurance chômage: il est le fruit d'une négociation entre partenaires sociaux. Certains syndicats ont signé l'accord à l'origine du projet de loi. Sébastien Lecornu a également rendu hommage aux organisations qui, sans signer l'accord, ont participé aux discussions : « un "effort d’économies" supérieur à 500 millions d’euros par an en moyenne sur la durée restante de la convention et près de 1 milliard d’euros en régime de croisière ».
Les 18 septembre et 2 octobre l’intersyndicale et ces directions syndicales confédérales ont sifflé la fin du mouvement #OnBloqueTout. Elles ont sciemment torpillé une mobilisation leur échappant en « reprenant la main » pour mieux tuer la dynamique de lutte. De plus en plus intégrés au système, ils défendent la démocratie bourgeoise. Les organisations syndicales se lient profondément dans ce processus de collaboration de classe au seul bénéfice du patronat, elles n’alertent pas les travailleurs et n’organisent pas la lutte afin de faire échec à la politique austéritaire de gouvernement et du patronat. Autre exemple : « la CFDT fait des propositions et les porte, à tous les niveaux, auprès de ceux qui décident. Nous appelons l’État employeur à s’engager pour construire ensemble des réponses et redonner de l’espoir, de l’envie, du sens aux agentes et agents des fonctions publiques ». A aucun moment la question du rapport de force n’est évoquée.
La guerre de classe en France et dans le monde ne connaît pas de répit. Notre résumé hebdomadaire de l’éco-social donne chaque semaine le pouls des luttes et des mouvements de grève dans différents secteurs et en premier pour l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
Des grèves et actions sont très souvent impulsées par des syndicats CGT, ces mobilisations ont pour point commun de partir des mêmes réalités vécues par les travailleurs et les travailleuses: bas salaires, précarité, dictature patronale dans des secteurs économiques et branches professionnelles aussi divers que variés. Elles témoignent également de la nécessité urgente de faire converger le mouvement social afin de renforcer, coordonner et amplifier la lutte pour l’augmentation générale des salaires, la sauvegarde des emplois et l’embauche, le blocage des prix, la réponse aux besoins sociaux, dont l’emploi, par l’expropriation des capitalistes. Il faut donc refuser la collaboration de classe et organiser une riposte d'ampleur afin de faire échouer les plans du patronat et du pouvoir : une riposte de classe pour défendre les intérêts de notre classe.
Il n’existe pas de « bouton magique » mais, la possibilité de construire un processus de grèves gagnantes peut et doit se généraliser, notamment au travers de la convergence des luttes! C’est bien à l’ensemble du monde du travail de s’insurger, à tous les syndicats de base de répondre et amplifier cette volonté collective de combattre en s’extirpant des calendriers gouvernementaux, patronaux, institutionnels. Cessons de nous arrimer systématiquement aux basques et agendas de nos ennemis de classe. Cessons d’être sur la défensive en permanence, passons à l’offensive pour les contraindre à suivre notre rythme et notre propre agenda. L’urgence est de construire cette mobilisation afin de s’opposer à cette montée du militarisme et de la guerre : « Pas un sou pas une vie pour leur guerre. Une riposte d’ampleur pour les salaires »
Combattons le capitalisme nous conduisant non seulement à la misère mais aussi à un massacre mondial.
 
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