Gantry 5

 

La valse folle des étiquettes

Tous les médias l’ont annoncé bruyamment: les prix de produits ultra populaires tels le Coca, le Ricard, le Nutella etc. ont vu leur prix augmenter d’environ 10 % dans les super et hyper-marchés à compter du 1er février.
Pourquoi donc, un événement aussi fréquent qu’une hausse de prix nécessite une telle médiatisation alors que la tendance est plutôt d’asséner que les prix alimentaires sont très bas, ce qui justifierait la faiblesse des salaires? La grande distribution (Carrefour, Leclerc, Intermarché etc.) est sommée par

l’Etat d’augmenter sa marge sur ces produits pour lui permettre de mieux rémunérer ses fournisseurs et en particulier les agriculteurs. Du moins c’est la version officielle relayée urbi et orbi par les médias serviles. L’idée de cette nouvelle ponction sur un pouvoir d’achat déjà réduit date de la tenue des Etats Généraux de l’alimentation au second trimestre de 2017 (cf. Hebdo n° 582). Ces six mois de faux débats ont servi à masquer la volonté de l’Etat de livrer l’agriculture française à quelques grands groupes financiers internationaux quel que soit le prix à payer par les agriculteurs. Feignant de vouloir mieux rémunérer leur travail, ils ont fourni le 2 octobre 2018 une loi sur mesure pour accorder de nouveaux cadeaux aux géants de l’agro-alimentaire et de la grande distribution.
En payant plus cher son café Carte noire ou son pot de Nutella, le consommateur paye le travail du producteur non pas de café mais celui de lait ou de viande, de fruits etc. Depuis un certain temps, ils avaient savamment martelé l’idée que pour garder une agriculture nationale de qualité, il faudrait accepter de payer le prix fort. Non pas au paysan mais au distributeur! Qui pourrait croire que les prix auxquels étaient achetés les produits de la terre aux agriculteurs demeuraient scandaleusement bas parce que les Leclerc et consorts ne dégageaient que de trop faibles marges?
Les entreprises laitières (Bel, Lactalis, Danone …) se frottent les mains. Un de ces industriels avoue: « Les Etats généraux de l’alimentation ont été faits sur mesure pour notre secteur» (Cf. Les Echos 04/02/2019).
Quant aux consommateurs, ils n’auront ni la qualité ni le prix. Ce n’était pas au programme des Etats généraux. Il leur reste la lutte. Pour que l’agriculture française vive de son travail et que les travailleurs n’aient plus à choisir entre se nourrir, se cultiver, se divertir, se soigner ou éduquer les enfants, c’est le système capitaliste qu’il faut jeter bas

Bimestriel N°131

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