Kanaky : Texte pour la marche unitaire du 10 mai 2025
organisée par le Mouvement des Kanak en France [MKF]
et par l' Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak (AISDPK)
organisée par le Mouvement des Kanak en France [MKF]
et par l' Association Information et Soutien aux Droits du Peuple Kanak (AISDPK)
N° 924 05/05/2025 10 mai 2025, nous marcherons. Nous marcherons pour ne pas oublier. Nous marcherons pour rappeler au monde que le sang versé sur la terre de Kanaky ne disparaîtra jamais sous les discours officiels ni les lois d’amnistie. Nous marcherons pour rendre hommage et honorer nos morts, nos enfants tombés sur le champ de la liberté.
Le 5 mai 1988, à Ouvéa, l’assaut du GIGN a été donné. Officiellement pour libérer des otages. Mais ce jour-là, ce sont dix-neuf Kanak qui ont été tués, certains blessés, achevés d’une balle dans la tête. Parmi eux, des frères, des pères… délibérément exécutés, qui laissent derrière eux des familles et des orphelins meurtris.
Les constats médico-légaux sont accablants : douze Kanak tués d’un « coup de grâce », douze balles pour 12 têtes après avoir été blessés. Des actes froidement prémédités, couverts par une chaîne de commandement jamais inquiétée par la justice.
L’État colonial parla de riposte. Un général dit : « Il n’y avait pas d’alternative » et ce malgré un rapport militaire qui parla d’« actes individuels inexcusables » et de faits « contraires à l’honneur militaire » !
Mais ce n’était pas un champ de bataille. C’était une opération coloniale punitive, un massacre. Et comme toujours dans l’histoire coloniale de la France, la répression est maquillée en opération de maintien de l’ordre. Comme ce fut le cas lors de la guerre d’Algérie.
Mais ce n’était pas un champ de bataille. C’était une opération coloniale punitive, un massacre. Et comme toujours dans l’histoire coloniale de la France, la répression est maquillée en opération de maintien de l’ordre. Comme ce fut le cas lors de la guerre d’Algérie.
L’honneur est attribué aux bourreaux, le silence aux victimes. Puis viendra l’amnistie, pour tourner la page sans lire ce qui y est écrit. C’est cela, l’héritage colonial : un système qui impose, écrase, pardonne à ses bourreaux… et oublie les victimes. Un système qui se proclame « pays des droits de l’homme », tout en continuant d’opprimer un peuple colonisé. Mais nous n’oublierons pas. Nous n’oublierons pas la violence coloniale.
Nous n’oublierons pas les corps sans justice, ni les familles sans vérité. Nous n’oublierons pas que, derrière les accords dits de paix, il y a eu le sang, le silence et l’impunité.
Nous n’oublierons pas les corps sans justice, ni les familles sans vérité. Nous n’oublierons pas que, derrière les accords dits de paix, il y a eu le sang, le silence et l’impunité.
Le 13 mai 2024, notre jeunesse s’est levée. Face à un projet de loi visant à élargir le corps électoral en Kanaky, elle a dit NON. NON à la recolonisation déguisée. NON à l’effacement progressif du peuple kanak sur sa propre terre. Car c’est la lutte de l’homme contre le pouvoir et la lutte de la mémoire contre l’oubli.
Cette révolte, c’est l’écho des luttes passées qui crie toujours Liberté aujourd’hui.
C’était la preuve, une fois de plus, que Kanaky n’a jamais cessé de résister et qu’elle vous continuera jusqu’à l’indépendance !
C’était la preuve, une fois de plus, que Kanaky n’a jamais cessé de résister et qu’elle vous continuera jusqu’à l’indépendance !
Avant le 13 mai, il y avait eu de magnifiques manifestations dans les rues de Nouméa. Elles étaient puissantes, pacifiques et dignes. Toutes les communautés de Kanaky étaient là, côte à côte, comme un seul pauple kanak ! Elles ont rassemblé les anciens et la jeunesse. C’était beau !
Beau de voir un peuple relever la tête. Un peuple qui, trop longtemps, avait dû la baisser face à l’oppresseur.
Un peuple qui retrouve, dans la rue et dans le cœur, la fierté de son identité !
Beau de voir un peuple relever la tête. Un peuple qui, trop longtemps, avait dû la baisser face à l’oppresseur.
Un peuple qui retrouve, dans la rue et dans le cœur, la fierté de son identité !
Une identité riche par sa diversité, forgée dans la lutte et la solidarité, malgré le lourd héritage colonial, qui aurait pu nous séparer mais qui, au contraire, nous a rendus plus unis.
Ces manifestations étaient là pour alerter, pour dire haut et fort : cette loi est une menace pour la paix, une trahison des accords arrachés par la lutte et au prix de vies sacrifiées.
Mais l’État a été sourd à ces alertes. Sourd, notamment grâce à ses pions loyalistes, qui ont porté et soutenu ce projet de loi du dégel du corps électoral, aux côtés de Darmanin et de Macron.
Ce projet de loi, porté par ceux qui ont choisi la voie de la subordination et de l’assujettissement, ne vise qu’une seule chose : Maintenir la domination de l’impérialisme colonial français en Océanie Pacifique, effacer le peuple kanak et son droit fondamental et inaliénable à la libre détermination.
Et, comme hier, la réponse a été la répression. Des enfants de Kanaky sont tombés sous les balles des milices loyalistes armées et encouragées dans l’ombre, avec la complicité active de l’État colonial français. D’autres, aujourd’hui, sont emprisonnés, déportés, criminalisés pour avoir défendu la dignité de leur peuple.
Comme ceux qui ont choisi ce chemin avant eux. Comme ceux qui, au prix de leur liberté, de leur sécurité, ont défendu cette cause, refusant de céder à l’injustice et à la domination. Nous n’oublions pas nos prisonniers politiques. Nous n’oublions pas celles et ceux que l’État tente de faire taire derrière les murs et les barreaux des prisons et des palais d’injustice.
Comme ceux qui ont choisi ce chemin avant eux. Comme ceux qui, au prix de leur liberté, de leur sécurité, ont défendu cette cause, refusant de céder à l’injustice et à la domination. Nous n’oublions pas nos prisonniers politiques. Nous n’oublions pas celles et ceux que l’État tente de faire taire derrière les murs et les barreaux des prisons et des palais d’injustice.
Pendant ce temps, les assassins membres de ces milices, responsables de la mort de nos enfants, sont libres de circuler en Kanaky, en toute impunité, protégés par le système qui les a soutenus et encadrés.
Alors le 10 mai 2025, nous marcherons. Nous marcherons pour le devoir de mémoire, pour la vérité, pour la liberté et pour la justice. Nous marcherons pour nos morts, pour nos vivants, pour nos enfants de demain.
Et nous marcherons aussi pour la libération immédiate de nos prisonnier·es politiques et de nos déporté·es kanak. Car un peuple qui lutte ne peut laisser ses combattant·es enchaîné·es. Car il ne peut y avoir de paix sans justice. Ni d’indépendance sans libération de celles et ceux qui en portent le flambeau.
Kanaky se souviendra. Kanaky résistera et Kanaky vaincra !
C’est dans ce cadre que nous invitons et appelons toutes et tous, tous les collectifs, les militants, les organisations qui ont reconnu et partagé l’idée de la Kanaky Libre et Indépendante, à se joindre à nous dans cette marche unitaire le 10 mai 2025.
Le 10 mai 2025, soyons nombreuses et nombreux dans les rues de Paris.
Sahara Occidental
Marche pour la libération des prisonniers politiques sahraouis
Le dimanche 30 mars à 10h, une marche est partie de la mairie d’Ivry-sur-Seine puis à 15h de Vitry-sur-Seine pour parcourir une partie de la France et de l’Espagne où elle sera accueillie par des collectifs solidaires à chacune de ces étapes. La destination : Algésiras puis le Maroc, devant la prison de Kénitra.
Ivry et Kénitra, deux villes l’une en Val de Marne, l’autre au Maroc sont celles de Claude Mangin-Asfari et de son mari Naâma Asfari. Naâma, citoyen d’honneur d’Ivry depuis 2017 mais en prison au Maroc depuis 2010.
C’est pourquoi cette marche d’avril à juin, ira à la rencontre d'un maximum de femmes et d’hommes de bonne volonté, pour parler des Sahraouis et dire toute leur histoire si mal connue.
La marche vis à obtenir la libération de tous les militants sahraouis détenus pour avoir simplement demandé l’application de leur droit à l’autodétermination, reconnu par l’ONU dès 1966. Et surtout, ne jamais oublier qu’en 2023 l’ONU les a déclarés en détention arbitraire, ce qui signifie obligation de libération. Rappelons qu'au Maroc, un délit d’opinion peut conduire en prison. Tout visiteur soupçonné de solidarité peut être décrété hors la loi et expulsé. Ainsi ces derniers jours, le Maroc vient d’expulser journalistes et juristes soupçonnés de proximité avec les Sahraouis et avec les militants du Front Polisario.
Depuis 2014, c’est plus de 300 personnes qui ont été ainsi expulsées. Une occupation coloniale a toujours besoin de se protéger des regards extérieurs. Malgré les intimidations, les risques d’arrestation, les Sahraouis résistent et disent toujours leur volonté d’indépendance. Des missions d’observation doivent être très vite organisées pour documenter les situations contraires au respect des droits humains et imposer au Maroc l’application de ces droits.
La marche pacifique en faveur de l’application du droit international arrivera devant la prison de Kénitra, avec des juristes et avec des journalistes ! Que pourront faire contre elle les autorités marocaines ? Que pourra faire cette justice qui condamne à charge ? Quelle que soit leur réaction, l’image du Maroc si vantée aujourd’hui, sera enfin montrée dans sa vérité : Un État qui occupe un territoire et son peuple depuis 50 ans, qui a trahi tous ses engagements et n’a jamais respecté les résolutions des Nations Unies et celles de l’Union africaine.
Exigeons la libération des prisonniers sahraouis et l’autodétermination du peuple sahraoui, exigeons l’indépendance du Sahara occidental !




