N° 963 03/02/2026 Le monde patronal est en ébullition et très désappointé par le monde politique, pas à la hauteur de ses attentes. Aussi, il s’active et publie, dans le cadre des prochaines municipales, un beau texte dans lequel est rappellé son attachement à l’ancrage territorial et la responsabilité des maires à prendre des bonnes décisions afin de conserver ou attirer les créateurs de richesse que sont les entreprises. L’idée du Maire-Patron n’a que le défaut d’être par trop étriquée car une entreprise dépasse assurément les limites d’une seule commune.
Aussi, les patrons sont des pragmatiques. Ils commandent un sondage dans lequel on demande innocemment au quidam si un entrepreneur ferait un bon président de la République. Assurément pour 58% des répondants. Les esprits chagrin ou tortueux demanderont ce qu’est un « bon » Président. Les sondés répondront à 100% qu’un Président est un « bon » Président quand celui-ci prend les « bonnes » décisions. Au-delà de cette limite, il est à craindre que l’unanimité se vaporise.
Mais les sondeurs ont contourné le problème. Les sondés estiment à 74% que les entrepreneurs sont les plus capables de créer la croissance et l’emploi, à 75% que les entreprises sont trop taxées et à 69% que les gouvernements successifs ne comprennent pas les réalités auxquelles les entrepreneurs sont confrontés.
Le capital serait donc la clé de la réussite s’il était aux commandes parce que lui sait. Manifestement, les sondés, eux, comprennent les « réalités auxquelles les entrepreneurs sont confrontés » puisqu’ils sont en mesure d’affirmer que les dirigeants politiques ne les comprennent pas, ces fameuses réalités. Et donc, il faudrait mettre au gouvernement ces sondés qui en connaissent un rayon, moins en matière fiscale apparemment, ces derniers doivent ignorer que les entreprises françaises sont moins taxées que leurs homologues allemandes.
Voilà donc une violente charge contre les décideurs politiques, objectivement valets du capital mais qui ne font pas le job selon des sondés parmi lesquels figurent sûrement quelques exploités. Les questions ne s’attardent pas sur la commande publique, les carnets de commande, les exonérations fiscales, la productivité du travail, etc. toutes questions qui intéressent grandement les entrepreneurs.
Il s’agit d’un bel exercice à la fois de fabrique du consentement d’un côté, d’un rappel à l’ordre de l’autre pour des hommes politiques. Dures leçons pour ceux qui voulaient faire de la France, une start-up nation !




