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Guyane: Non au projet de méga-mine!

C’est avec beaucoup de toupet que Nicolas Hulot (dont la fortune globale est estimée à 7,3 millions d’euros, le vert ça rapporte !!) a annoncé, la semaine dernière, que la protection de l’environnement serait bientôt inscrite dans le premier article de la Constitution. Comme si un article changeait quelque chose…d'ailleurs cet article 1 promet que la République doit être "sociale" ! On voit le résultat!
Il suffit de faire le tour de l’hexagone pour constater que comme sous le gouvernement précédent, les grands projets capitalistes destructeurs de l’environnement vont bon train.

Le projet de Bure, dans la Meuse pour enfouir des déchets nucléaires en grande profondeur, la « Ferme des mille vaches » , les porcheries géantes en Bretagne, les poulaillers industriels de très grandes dimensions dans le Tarn, 18.000 poules pondeuses,( un autre est envisagé dans l’Ain), la transformation de la raffinerie Total de la Mède pour raffiner l’huile de palme, l’usine de méthanisation dans la Vienne, le Calvados… mais aussi le projet d’ouverture de la plus grande mine d’or industrielle « de France », la Montagne d’Or, au beau milieu de la forêt primaire guyanaise.
Un projet de méga-mine:
Une fosse creusée au cœur de la forêt guyanaise d’une profondeur moyenne de 120 m (voir même de 400 m selon les sources de la compagnie) sur 2,5 km de long et 400 m de large, des conséquences environnementales importantes, avec l’utilisation du cyanure pour extraire le minerai, (6,7 tonnes d’or par an pendant douze ans). Emmanuel Macron a soutenu le projet quand il était ministre de l’Economie. Il l’a encore défendu lors de sa visite en Guyane en octobre.
La compagnie minière Montagne d’or est détenue par les multinationales russes Nordgold et canadienne Columbus Gold. Elle affiche sa volonté «de transparence, d’ouverture et de dialogue, pour répondre aux questions légitimes et, s’il s’avère qu’on peut faire mieux, améliorer le projet et son acceptabilité». Elle poursuit: pour le stockage des résidus miniers, Montagne d’Or «a fait le choix de la sécurité et pas de la rentabilité».
Paroles, paroles… Car l’entreprise annonce déjà la couleur : la rentabilité. « Nous devons générer des profits pour nos actionnaires. Si on investit, c’est qu’on attend une rentabilité de 30%. »
Ce genre de site industriel détruit inévitablement la forêt et les écosystèmes sur lesquels il s’implante dont le risque majeur repose sur le stockage en digue de millions de tonnes de boues cyanurées. Depuis 2000 on compte dans le monde 25 ruptures de digues, celle de 2015 au Brésil considérée comme l'une des pires catastrophes écologiques, celle de Mount Polley au Canada en 2014, qui a provoqué le déversement de cyanure, de cuivre et de plomb dans les eaux.
Il faut ajouter l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs et 46 500 tonnes de cyanure pour extraire l’or. Son usine de traitement de minerai par cyanuration exige l'énergie de 20% de la consommation annuelle de la Guyane (Alors que 20 % de la population ne bénéficie pas de structures élémentaires : eau potable, électricité, téléphone).
Le Parlement européen pourtant aux ordres du capital a demandé l’interdiction totale du cyanure dans l’industrie minière, «du fait de son extrême toxicité pour l’environnement et la santé humaine». L’Allemagne, la Slovaquie, la République tchèque ou la Hongrie l’ont déjà interdit.
Un projet ultra subventionné:
420 millions d’euros publics, soit un coût aberrant de 560 000 euros de subventions pour chacun des 750 emplois annoncés.
Sans compter la rénovation de la piste de 125 km entre Saint-Laurent-du-Maroni et le site, la ligne électrique de 105 km qui raccordera la mine au réseau. Montagne d’or achètera l’électricité mais 129 millions d’euros seront pris en charge par la collectivité publique.
Même chose pour les crédits d’impôts, estimés à environ 227 millions d’euros sur les 782 millions d’investissement initial.
Pour des retombées minimes, un total d’impôts de 350 millions d’euros pendant les douze années d’exploitation du site !
Un comportement de colonisateur. La direction mise sur le fait accompli pour l’exploitation minière, elle déclare : «Et plus de la moitié du site a déjà été défrichée».
Arrêt immédiat des projets de méga-industrie minière
Alors que la population n'a pas été consultée et les procédures imposant de recourir au Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengué n'ont pas été respectées. Les opposants dénoncent le gigantisme du projet. « La situation est très tendue, assure Pierre Paris, le président de la compagnie minière. Le collectif Or de question demande au gouvernement l'arrêt immédiat des projets de méga-industrie minière. L’économie guyanaise doit s’orienter vers un développement écologiquement et socialement soutenable, le tourisme permettrait à lui seul de créer six fois plus d’emplois directs avec quatre fois moins de subventions.
La Guyane inclut une partie encore intacte de la forêt amazonienne, poumon de notre planète et zone de biodiversité extraordinaire. Ce territoire doit absolument être préservé d’activités aussi destructrices. Plus de 2 000 espèces végétales et animales sont en outre inventoriées, dont 127 protégées.
Le projet de méga-mine de la société Montagne d’or est rejeté par les Amérindiens. L’exploitation minière de l’or n’est pas indispensable. La filière du recyclage en a fourni 3 fois plus que les besoins en 2015.
Les industriels peuvent remercier le gouvernement précédent sous le quinquennat socialiste de Hollande, le délai de recours pour l’ouverture de sites polluants est passé de quatre à un an… puis à quatre mois, en 2017.
Ouf, la « sauvegarde » de l’environnement sera inscrite dans la Constitution! C'est le dernier hochet confié à Hulot
La Charte de l’environnement, adoptée en 2004 sous Chirac, intégrée à la Constitution en 2005 et inscrite au « Préambule », indique la même chose. Rien n’a changé depuis.
Les guerres impérialistes, comme celle du Moyen Orient à laquelle participe la France, outre la destruction des pays et des peuples, ravagent l’environnement.
En matière d’environnement, comme pour tous les autres secteurs de la vie, le gouvernement Macron adapte les décisions en fonction des objectifs du capitalisme.
Avec Hulot, les capitalistes et le patronat de la grande industrie, peuvent dormir sur leurs deux oreilles.
Pour préserver l’environnement, il faut changer fondamentalement de politique:
Il faut prendre aux multinationales capitalistes, les moyens de production, d’échange, la finance, le pouvoir politique, les avoir totalement au service du pays et du peuple, Pour cela il faut mener la lutte politique clairement contre le capitalisme. C’est cette lutte politique que mène notre Parti.

Bimestriel N°131

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