Gantry 5

 

La lutte, seule solution pour stopper la casse.

     Les annonces se poursuivent et s’accumulent concernant la politique d’accélération des réformes capitalistes.
Casse sociale, suppression des acquis sociaux, mais aussi poursuite de la casse industrielle.
Les multinationales qui maîtrisent l’ensemble de l’activité industrielle accélèrent les restructurations par des fermetures de sites, de délocalisations, de fusions-acquisitions, d’externalisation des productions dans tous les domaines.

Elles n’ont qu’un seul but : faire du profit le plus possible et le plus rapidement possible. Leur préoccupation n’est pas de mettre l’industrie et tous ses secteurs au service de la population, mais d’exploiter toujours plus de travail pour le profit.
Tant que les multinationales seront au pouvoir, nous aurons droit au même refrain : compétitivité, rentabilité, concurrence, « coût du travail ».
Les gouvernements successifs aux ordres ne sont là que pour leur servir la soupe et accompagner les mesures qu’elles décident.
La liste du démantèlement industriel est toujours plus longue, car la soif de profits nouveaux ne peut pas se tarir avec le capitalisme.
Le pouvoir politique à son service se précipite, anticipe même les décisions que les multinationales annoncent.
Alstom, Ascoval, Ford, Arjowiggins (papeterie Séquana), à chaque fois le discours a été le même pour créer des illusions : « nous allons créer des activités nouvelles, nous travaillons à l’accompagnement, nous restons vigilants. » Voilà le type de discours livré par les gouvernements depuis des années pour tromper les travailleurs, résultat : licenciements massifs, fermetures d’entreprises, délocalisations.
Le cœur du problème, c’est la maîtrise capitaliste de l’industrie, la solution, c’est d’engager la lutte immédiate pour lui arracher cette maîtrise et donner à l’industrie française sa véritable raison d’exister et de se développer : résoudre et satisfaire les besoins du peuple.
Il n’y a pas d’autre solution en dehors de la lutte, tout le reste n’est qu’enfumage pour permettre aux multinationales d’arriver à leurs fins.
Les discours larmoyants de Lemaire, de Philippe ou de Macron n’ont qu’un but : empêcher la lutte, apaiser le climat social, associer les syndicats pour que tout se passe bien.
Alstom est l’exemple type de cette démarche. Depuis sa privatisation, le groupe fait l’objet de convoitises multiples dans tous les secteurs d’activité : transport maritime avec Alstom Atlantique devenu les chantiers navals, puis STX puis cédé à 50% à l’Italien Fincantieri. La téléphonie avec Alcatel-Alsthom, puis la partie énergie qui intéresse fortement l’américain Général Electric fabricant de turbines qui voit dans Alstom le moyen de s’accaparer de cette fabrication pour augmenter ses profits.
Les gouvernements ont tous accompagné cette démarche. Depuis janvier 2019, c’est plus de 700 emplois qui sont supprimés dans toute la France dans les activités diverses d’Alstom. 1000 emplois supplémentaires sont supprimés à Belfort dans l’activité turbines gaz, pour être délocalisée aux États-Unis, Hongrie, l’ingénierie en Pologne, Mexique, Inde.
Le gouvernement avait salué en 2015 le rachat d’Alstom énergie par Général Electric qui promettait moyennant des fonds publics des investissements et des embauches. On le sait depuis toujours, le but des multinationales à l’exemple de Général Electric est de faire du profit, en s’accaparant le marché turbines gaz d’Alstom, l’objectif est atteint.
La fabrication de turbines ade l’avenir (nucléaire–hydroélectrique–gaz) surtout dans les transformations des modes de production future de l’énergie. L’argument selon lequel les suppressions d’emplois seraient dues à l’effondrement du marché n’est qu’un leurre, un mensonge supplémentaire employé pour éviter la lutte.
Alstom c’est aussi le ferroviaire, la fabrication de matériels de traction et de voitures, secteur très convoité par des multinationales qui se font concurrence entre elles à l’exemple de Siemens, bombardier, et des pays comme la Corée du Sud, la Chine, le Japon, toutes s’affrontent pour élargir et maîtriser les marchés internationaux dont le développement est considérable. D’énormes profits sont à réaliser dans les pays en voie de développement ou démunis d’infrastructures ferroviaires.
Alstom transport est donc une entreprise convoitée, elle fait partie des « cibles » de multinationales concurrentes, l’épisode d’une possible fusion avec général Electric (encore !) ou Siemens a fait l’objet de tractations qui n’ont pas abouti mais qui sont soutenues par le gouvernement actuel.
C’est le cas également pour le groupe Renault où le gouvernement se démène pour parvenir à une fusion avec Fiat Chrysler. Lemaire a même donné son accord à Fiat pour vendre 15 % du capital de Renault qu’il détient pour ne pas « gêner » la fusion.
On sait ce que veut dire ce type de regroupement, il se traduit toujours immanquablement, malgré les discours rassurants par des licenciements massifs et des fermetures d’entreprises.
Les restructurations se poursuivent également dans l’industrie pharmaceutique avec Sanofi, Boehringer, Pierre Fabre et dernièrement Eli Lilly (Strasbourg) qui supprime 250 postes sur 1400. La « pénurie » scandaleuse de médicaments n’est pas le souci de l’industrie pharmaceutique, c’est le profit par tous les moyens, y compris en organisant la « pénurie » pour y parvenir. La santé des malades passe après leurs intérêts.
L’agriculture, devenue industrie agricole est totalement aux mains des multinationales de l’agroalimentaire, le lien avec l’industrie chimique qui se restructure également n’est plus à faire, on en connaît les dégâts.
Plus de la moitié des exploitations agricoles a disparu depuis 1988. Elles étaient 1,1 million, il en reste 450 000 aujourd’hui. Par exemple, 15000 exploitations ont disparu en Rhône-Alpes depuis 2000. La course à la productivité et à la rentabilité a conduit comme dans tous les secteurs industriels à la concentration, à l’endettement « obligatoire » des agriculteurs pour résister à la « concurrence ». Les conditions de travail, les difficultés à faire face aux dettes, la politique agricole commune (PAC) dont on connaît les dégâts ont accéléré les pertes d’exploitations agricoles en favorisant les grands propriétaires.
Malgré les subventions publiques (32 100 € en moyenne) perçues par 90 % des exploitations, l’emploi dans ce secteur n’a cessé de baisser (6,3 millions de salariés en 1955 contre 500 000 aujourd’hui).
L’industrie agricole produit un chiffre d’affaires de 200 milliards par an.
10 multinationales de l’agroalimentaire possèdent à elles seules 472 marque alimentaires.
Les profits sont monstrueux : quelques exemples :
• Danone : 13,7 milliards de chiffres d’affaires en 2004, 24,67 en 2017. 0,32 milliards de bénéfices nets en 2004, 2,19 en 2017.
• Lactalis : 5,6 milliards de C.A en 2004, 18,4 en 2017. Prévisions 20 milliards en 2020. Les résultats nets ne sont pas communiqués par la multinationale.
• Pernod-Ricard : 3,5 milliards de chiffres d’affaires en 2004, 9,01 en 2017.
On pourrait poursuivre avec Nestlé, Coca-Cola, Mars, etc.…
On ne peut pas parler de l’agriculture sans évoquer le commerce et la grande distribution  qui font l’objet d’une restructuration sans précédent. La concurrence effrénée que se mènent les multinationales du secteur fait des ravages sociaux.
Carrefour supprime 3000 emplois (7000 d’ici 2020). Auchan ferme 21 magasins et supprime 800 emplois. Casino ferme 34 magasins et supprime cinq à 6000 emplois. À noter que ces enseignes sont également propriétaires de multiples filiales destinées à la fermeture.
Toute cette industrie de production dépend de la finance et en particulier des banques que les multinationales maîtrisent également. Les membres des conseils d’administration des grandes banques comportent souvent les industriels ou des représentants de l’État lorsqu’ils ont des participations au capital.
Les banques et le secteur productif sont donc étroitement liés, les multinationales de la finance s’attachent à favoriser le développement du capital en faisant elle-même des profits considérables sous le coup des restructurations multiples continues, entreprises depuis des années.
Depuis 2011, 24 000 emplois ont été supprimés, 42 000 salariées vont partir en retraite d’ici 2025 ce qui représente un quart des effectifs. La BNP a supprimé 200 agences bancaires, 400 à la BPCE, 300 à la Société Générale (20 % du réseau ici 2000), 240 à la LCL.
Chaque employé de banque (370 000) a généré 82 000 € de profits en 2017 (plus 8 % par rapport à 2007).
Les fonds propres représentent 323,2 milliards en 2017 pour les six premières banques françaises (c’est presque le budget national).
Rappelons que 30 milliards ont été attribués aux banques par l’État pour les « sauver » de la crise. 135,5 millions sont donné à ces mêmes banques dans le cadre du CICE.
On pourrait épiloguer encore sur la casse industrielle, évoquer les transports aériens, la chimie, revenir sur l’histoire de l’industrie française bradée, démantelée comme le textile, la sidérurgie, la machine-outil, l’optique...
Il y a une histoire qui se répète jour après jour, c’est celle de l’exploitation forcenée du travail salarié exercée par le capital.
Pour mettre fin à cette histoire et à ses conséquences pour la classe ouvrière le peuple, il n’y a qu’une seule solution : c’est celle d’engager la lutte pour arracher les moyens de production et d’échange aux multinationales capitalistes, débarrasser la société de toute maîtrise capitaliste pour l’empêcher de nuire.
Nous sommes le seul parti politique national à proposer cette perspective, il est temps pour les travailleurs et le peuple à s’engager pour y parvenir. Nous travaillons à cela, prenez votre place.

Bimestriel N°131

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