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Politique Agricole Commune ( PAC) : une aggravation pour les agriculteurs

      Le Salon de l’Agriculture 2019 s’est déroulé cette année, entre la fin des élections aux Chambres d’agriculture et les premières notes de la campagne des élections européennes.
Macron n’a évidemment pas informé les agriculteurs, des orientations de la Politique agricole commune en cours d’élaboration pour la période 2021-2027. Celle-ci s’apprête pourtant (au prétexte du Brexit) à abaisser les subventions directes de 8 % et l’aide au développement rural de 23 % ! Après avoir rendu les exploitants quasi totalement dépendants de ces aides pendant des décennies,

après avoir imposé industrialisation et course effrénée à l’agrandissement, à la productivité, Bruxelles s’en remet aux Etats membres qui auront la responsabilité de gérer les fonds européens. Pour sauver la face, Macron dit « juger cette baisse de budget inacceptable » mais aussitôt propose de renvoyer la gestion des aides aux investissements aux Régions … à nouveau en concurrence entre elles.
Est-ce pour habituer les agriculteurs à toujours moins de revenus que les délais pour percevoir les aides européennes s’allongent sans cesse, jusqu’ à atteindre 3 années de retard aujourd’hui ? des milliers d’entre eux ne s’en sortent pas, les faillites s’accélèrent et les suicides se multiplient. Il ne manque pas requins pour reprendre les terres du paysan étranglé par le surendettement.
L’arrivée d’investisseurs dans ce secteur conduit à la dissociation de la propriété des terres et de son exploitation. Sous des formes diverses :
- Les coopératives de portage de foncier : Des sociétés agréées achètent à l’exploitant en difficulté son foncier pour lui générer un apport de trésorerie. L’exploitant devient locataire avec un droit de rachat au même prix les premières années. Par ailleurs il peut choisir de payer un loyer majoré s’il souhaite pouvoir choisir son successeur, le jour où il cessera son activité ou cédera sa ferme.
- Les fonds d’investissement : Des investisseurs entrent au capital de sociétés agricoles. Ces fonds, agréés par l’Autorité des marchés financiers lèvent des capitaux pour les investir dans l’agriculture.
Exemple : Labeliance Invest (aucun compte publié à ce jour) Collecte des fonds auprès d’investisseurs soucieux de défiscalisation …La FNSEA et les JA sont à l’origine de cet outil financier pour apporter une solution en fonds propres aux exploitants.
-La prise de participation : Les grands groupes industriels et coopératifs sont intéressés pour investir dans l’amont dans une logique d’intégration verticale de la filière afin de sécuriser les approvisionnements. Elles entrent alors au capital des exploitations : par annulation (ou équivalence) des créances ou de l’aide à l’endettés. C’est ainsi que le géant de la nutrition animale Tromelin entre discrètement, mais majoritairement, au capital de leurs exploitations en échange de l’effacement de leurs créances. En apparence, les agriculteurs continuent d’y exercer comme s’ils étaient chefs d’exploitation. Quelques exemples d’acquisitions : 97 % d’un élevage porcin, 92 % d’un autre et même jusqu’à 100 % dans une autre société qui bizarrement ne laisse aucune trace derrière elle.
Les terres ont été acquises par des SCI appartenant aux associés de la société Tromelin.
Entre 2015 et 2016, son bilan augmentait de 23 % quand son CA diminuait de presque 4 % et ses créances de 6 %.
La disponibilité en capitaux permet aux exploitations « financiarisées » de s’équiper de la plus haute technologie, en ayant recours à l’agriculture de précision et aux logiciels de gestion. La forte accumulation de capital sur la ferme-firme change aussi la donne sur pour les installations. Comment un jeune agriculteur qui débute dans le métier peut-il avoir le capital suffisant pour reprendre une telle structure ? Les installations de jeunes agriculteurs indépendants deviennent exception. C’est pour y remédier que le syndicat Jeunes Agriculteurs explique avoir créé le fonds de dotation « Terres innovantes ». Mais parmi les mécènes figurent Carrefour, Groupe Avril, Nestlé, Limagrain ou encore Groupama. Solution différente… pour le même résultat !
De tous ces montages financiers aucun écho lors des multiples reportages lors du Salon On est bien loin de l’image bucolique de circonstance délivrée à cette occasion. Le capital ne compte naturellement pas rester à l’écart de l’agriculture biologique. En réduisant la période de conversion qui donne quelques facilités de trésorerie de 5 à 3 ans, le gouvernement lui apporte son soutien.
L’union Européenne est faite pour les intérêts capitalistes, elle étrangle les agriculteurs. Seule la lutte contre le capitalisme, jusqu’à l’abattre pour construire une autre société permettra de rendre la terre à sa fonction première : nourrir le peuple, les peuples dans les meilleures conditions. Notre Parti œuvre pour cet objectif.

Bimestriel N°133

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