Gantry 5

 

N° 971 02/04/2026  Depuis plus d’un mois, l’agression des USA et d’Israël sur l’Iran a des conséquences directes sur l’économie mondiale. Le détroit d’Ormuz  est paralysé depuis plusieurs semaines. C'est une artère vitale à l'économie mondiale et chaque jour de conflit supplémentaire augmente l’impact sur celle-ci. 20 % du pétrole et du gaz de la planète y transite, 50 à 60 navires empruntaient cette route maritime quotidiennement, le trafic en compte une vingtaine aujourd’hui. Des pénuries massives s'annoncent, alors que plus de la moitié des stocks de pétrole a déjà été consommée. Chaque semaine de fermeture se traduit par la consommation de 60 à 85 millions de barils issus des stocks, au total, seuls 400 millions ont été libérés depuis le début du conflit sur les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie.
Les Philippines (115 millions d’habitants) ont décrété un « état d’urgence énergétique ». Le pays importe plus de 90 % de son pétrole du Golfe, il lui reste 45 jours de réserve, le débarquement d’un pétrolier russe offrira un court répit à l’archipel. L’Inde (300 millions de foyers) très dépendant du gaz de pétrole liquéfié (GPL), importe les deux tiers de ses besoins, en quasi-totalité via le détroit d’Ormuz, ce qui l’expose à une pénurie, car il n’a pas, comme pour le pétrole, de réserves de gaz. En Birmanie, la junte a instauré une circulation alternée aux véhicules. Le Vietnam et la Thaïlande encouragent le télétravail, Myanmar limite la quantité de carburant aux particuliers, le Sri Lanka a mis en place un système de rationnement du carburantCes difficultés d’approvisionnement ont des répercussions indirectes sur l’Europe, en effet les pays d’Asie se tournent désormais vers les États-Unis, fournisseur en gaz de l’Union européenne. Plus d’une dizaine de navires transportant du gaz étasunien à destination de l’Europe ont été redirigés vers l’Asie, offrant un prix plus élevé... pas de petits profits pour les charognards capitalistes étasuniens
Quant aux géants pétroliers eux, ils s’apprêtent à engranger des bénéfices exceptionnels, pas moins de 24 milliards d’euros vers les raffineurs et les distributeurs opérant principalement au sein de l’UE et 45 milliards d’euros pour les producteurs de pétrole brut et les pays producteurs de pétrole selon le magasine Reporterre. Certaines entreprises réalisent des surprofits importants, profitant de leurs positions dominantes afin d’augmenter leurs prix plus que n’ont réellement grimpé leurs coûts.
Au-delà des hydrocarbures (pétrole brut, gaz naturel liquéfié et gaz de pétrole liquéfié), les perturbations se répercutent dans un très grand nombre de secteurs. Gaz industriel, diesel raffiné, métaux (le cuivre en particulier), engrais, lubrifiants… Sans oublier les conséquences brutales de la mise à l’arrêt d’infrastructures critiques, comme la plus grande raffinerie gazière, celle de Ras Laffan, au Qatar. Les prix des produits chimiques explosent : +140 % en Chine concernant le butadiène (gants, tuyaux, semelles de baskets…), +45 % en Allemagne pour le PET (bouteilles, emballages…), alors qu’une pénurie globale de plastique se profile. La fabrication de puces, essentielles pour la tech et l’IA, est menacée par l’absence de 30 à 40 % de la production mondiale d’hélium, gaz indispensable à leur production, dont le Qatar est le premier fournisseur.
Conséquence dramatique pour les peuples: 4 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté, selon une nouvelle évaluation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
En France:
Si les nuages s'accumulent sur l'économie mondiale, pour nos dirigeants, tout va bien comme le nuage radioactif de la catastrophe de Tchernobyl s’étant "arrêté à la frontière" ! Ou les graves manquements du gouvernement français dans sa riposte face à la pandémie covid, en 2020.
Mais les prix de l’essence et du gazole atteignent des sommets à plus de 2 euros le litre l’un et 2,20 pour l’autre. En raison de mécanismes de tarification différents, le gaz augmentera fortement dans deux mois, l’électricité dans six mois et à terme tous les secteurs économiques ayant recours à de l’énergie pour produire. Une hausse importante des prix dans les prochains mois l’Insee l’estimant à 3 % en juin dans la zone euro. Le chômage risque de continuer d’augmenter dans l’Hexagone. Cette hausse touchera les secteurs énergétiques, l’aéronautique, avec la hausse du kérosène. Les plus précaires vont subir une double peine, rappelle l’Insee, en effet  dans une récente analyse des changements de gamme des Français concernant leurs achats alimentaires lors du précédent épisode de flambée des prix, les ménages les moins aisés vont subir une inflation plus élevée que la moyenne, ces ménages achètent déjà les produits les moins chers.
Le gouvernement nous vend une histoire d’inflation augmentant moins rapidement dans l’Hexagone que chez ses principaux voisins européens! Si le conflit se prolonge, l’Insee estime qu’une augmentation de 40 dollars du prix du baril ampute le produit intérieur brut (PIB) de 0,4 point de pourcentage chaque année. Plus le conflit dure, plus il pèsera sur l’économie, en particulier sur les plus vulnérables.
Les tensions ne retombent pas entre les transporteurs routiers et le gouvernement. Après de première journée de mobilisation et des opérations escargot sur les périphériques. Les professionnels du secteur jugent les mesures du gouvernement «pas à la hauteur». Face à la hausse du carburant, pêcheurs1 et agriculteurs jugent les aides insuffisantes, certains pêcheurs font le choix de rester à quai. Même chose pour les agriculteurs : « j'arrête de travailler parce que plus je travaille plus j'ai des pertes»! Ils ne sont pas les seuls professionnels touchés de plein fouet par ce nouveau choc pétrolier, chauffeurs de taxi, ambulanciers, soignants à domicile, auto-écoles…leur véhicule étant leur principal outil de travail. Les salariés voient le coût de leurs déplacements exploser. Tout le monde est touché !
La colère des travailleurs, de la jeunesse par la grève doit résonner dans la rue.
Construire un rapport de force pour nos salaires, nos emplois, en finir avec la précarité.
Non à la marche vers la guerre. Grève générale en faveur: les salaires, la paix, la liberté : « Pas une vie, pas un sou pour leur guerre ».
1Pour cette filière très consommatrice en carburant, le gasoil représente désormais la moitié des coûts. Le litre de gas-oil en quelques semaines a doublé. Il est passé de 60 centimes le litre à plus de 1 euro. Un gros chalutier, qui consomme 10 000 à 15 000 litres de carburant par semaine, cette hausse du carburant représente 4 000 à 6 000 euros de coût supplémentaire chaque semaine !
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