Gantry 5

 

N° 962 28/01/2026  Les États-Unis et la Chine rivalisent pour développer le plus rapidement possible ladite Intelligence Artificielle (IA) dont les usages multiples tendraient à accroître la puissance économique et militaire pour parler comme dans le poste en franglais le soft power et le hard power.
Il est difficile de distinguer, dans l’ambiance de plus en plus folle et de plus en plus anxiogène autour de l’IA, ce qui relève du bluff de ce qui relève de vraies potentialités. En tout cas, la chose certaine reste que pour développer l’IA, il faut une quantité astronomique de données qu’il faut stocker dans des centres de données (data centers). Et ces centres sont très gourmands en énergie électrique, ce qui fait qu’une simple requête chat-gpt si elle épargne de la matière grise humaine, elle dépense une énergie, sans doute utile à d’autres emplois mais là n’est pas la question.
Ainsi, Nvidia (microprocesseurs) et OpenAI (propriétaire de ChatGPT) ont annoncé des investissements de 100 milliards de $ pour construire des centres de données qui réclameraient une puissance installée de 10 GW (à titre de comparaison, le parc nucléaire français représente 63 GW). Google a annoncé déjà en octobre 2025 un accord avec un électricien pour rouvrir une centrale nucléaire pour alimenter son site de données pour développer son IA (GEMINI). Microsoft envisage de se payer le redémarrage de… Three Mile Island1.
La Virginie accueille un pôle mondial de centres données qui exigent 6,2 GW de puissance pour un total de 29 GW pour l’ensemble de l’État (dont la moitié sont des GW produits avec du gaz). Le président Trump a annoncé 500 milliards de dollars d’investissements privés pour les centres de données.
Il ne pouvait faire moins alors que la Chine, de son côté, a lancé un plan IA+. Une démarche, qui semble un brin plus rationnel2 avec une préoccupation liée aux impacts sur les emplois et une dénonciation de la culture du secret autour des algorithmes et les « hallucinations » des modèles IA. Apparemment après l’arrivée surprise de l’IA chinoise Deepseek (concurrent de ChatGpt), la Chine a pris le temps de prendre un peu de retard, lié en partie aux embûches sur l’accès aux composants électroniques mises en place par les puissances occidentales.
D’une certaine manière, les annonces tonitruantes américaines s’expliquent sans doute aussi par des considérations financières car si les entreprises de l’IA sont valorisées à l’extrême en Bourse, pour l’instant elles rapportent relativement peu. La machine à rêves fonctionne aussi à plein régime.
La bataille est donc bien engagée autour des enjeux de maîtrise des techniques IA entre les deux premières puissances mondiales. Un front parmi tant d’autres si bien qu’il est difficile de décider quelle est la mère des batailles.
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