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Pour développer l’industrie : s’approprier les moyens de production

Les spécialistes en économie capitaliste s’accordent à souligner le déclin de l’industrie française et justifient ce déclin par un manque de «compétitivité» de «rentabilité», de «coût du travail » trop lourd, de « charges » trop importantes, brefs tous les motifs possibles pour justifier les délocalisations, transférer les productions, fermer des usines avec les conséquences que nous connaissons tous.

Les derniers exemples en date, l’aciérie Ascoval et l’usine de fabrication de boites de vitesse Ford à Blanquefort (Bordeaux) en sont l’illustration.
Vallourec, à la suite d’opérations financières juteuses mais insuffisantes aux yeux les actionnaires, restructure ses activités en France et en Europe en fermant des usines ou en délocalisant ses multiples activités.
Vallourec, propriétaire de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (280 salariés–1000 emplois induits) était prévue à la fermeture. Les travailleurs de l’entreprise se sont massivement mis en grève, ont bloqué les accès du site, le soutien de la population a été massif et constant. Un plan de reprise des activités de l’aciérie par le groupe Altifort, spécialiste de rachats d’entreprises (quatre en France) fermées par des multinationales de l’acier, vient d’être accepté. L’État, actionnaire de Vallourec (16 %), comme à son habitude se précipite et apporte 47 millions de fonds publics au nouveau propriétaire.
L’histoire se répète sans cesse, Altifort n’achète pas l’entreprise pour sauver les emplois comme tous les médias capitalistes veulent le faire croire, mais pour faire du profit avec l’aide de l’État. Renault, Alstom, Peugeot, Air France, et beaucoup d’autres grands groupes l’ont démontré. À chaque fois, ce sont les travailleurs qui en font les frais : salaires bloqués, temps de travail, emploi, conditions de travail…
L’usine de boîte de vitesse de Ford à Blanquefort fait également l’actualité (850 emplois–2000 emplois induits) pour les mêmes raisons. Ford se restructure, ferme des usines pour satisfaire ses actionnaires en recherche de profits plus conséquents.
L’illusion d’un repreneur a fait long feu malgré les « sacrifices » consentis par toutes les organisations syndicales d’accord pour supprimer 400 emplois, geler les salaires pendant trois ans, tout en acceptant la modulation du temps de travail et la perte de trois jours de RTT. Drôle de conception du syndicalisme!! Cette unité syndicale contre les intérêts des travailleurs est accompagnée d’une unité politique entre le NPA de Philippe Poutou qui s’est réjoui du soutien de B. Le Maire et d’Alain Juppé, grands défenseurs c’est bien connu des intérêts des travailleurs… le parti de Poutou qui se dit «anti capitaliste» lève le voile sur ses réelles intentions. Malgré ces «belles» unités syndicales et politiques, malgré 25 millions de fonds publics déjà perçus par Ford et 15 millions promis à la reprise, malgré la comédie jouée à l’Assemblée nationale par B. Lemaire, Ford maintient la fermeture du site. Faire confiance aux politiques en place qui servent les objectifs du capitalisme, se révèle être un piège face à une multinationale qui tient pour des raisons financières à rappeler que c’est elle qui commande. Les protestations sont vaines, sauf à organiser la lutte des travailleurs à l’entreprise, ils n’ont que cette solution pour parvenir à faire plier Ford, sauver le site et les emplois.
Le reste n’est que manipulation et impasse.
L’industrie française est totalement sous la domination des grands groupes capitalistes qui utilisent tous les moyens pour développer le profit en fermant des usines, en délocalisant, en cassant le droit du travail, en baissant les salaires. Ils en veulent toujours plus, le gouvernement actuel comme ses prédécesseurs est à leur service. Il applique leurs décisions.
La question de la maîtrise des moyens de production et donc centrale, rien ne sera jamais réglé tant que le capital aura la main sur l’industrie. Que ce soit Ascoval, Blanquefort ou partout ailleurs, il faut mener la lutte tous ensemble avec persévérance pour arracher les moyens de production, les moyens financiers, le pouvoir politique au capitalisme, le chasser de l’entreprise, en confier la gestion aux travailleurs.
En dehors de cela rien ne se passera, les solutions capitalistes ne visent qu’à faire du profit, de plus en plus est de plus en plus vite.

Bimestriel N°131

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