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Déficit du commerce extérieur : les vraies raisons

Le déficit du premier semestre 2018 bat un record : 33,5 milliards. Experts et gouvernement nous en expliquent les causes.
Pour eux, la première raison en est le prix plus élevé du pétrole. Viennent ensuite le coût trop élevé des salaires, la faible productivité des investissements réalisés, la faible qualité des productions, le peu d’empressement des entreprises vers l’exportation.

Dans leur démonstration ils oublient volontairement une chose. Qui dirige possède les moyens de production, les moyens financiers, qui dirige l’économie en France et dans quel but ?
En France comme dans le monde entier, c’est le capitalisme avec les gouvernements successifs, aujourd’hui Macron, à son service. Son but c’est le profit immédiat, le versement massif de dividendes aux actionnaires. 47 milliards en 2017, l’année 2018 s’annonce aussi juteuse au vu des résultats du premier semestre qui viennent d’être publiés.

Une désindustrialisation planifiée, organisée.

Depuis les années 1975 la casse de l’industrie a été systématique. Les mines, la sidérurgie, le textile, la mécanique, l’automobile, la navale, tout ce qui est au cœur de la production de biens matériels a été liquidé en France, pour être fabriqué dans les pays à bas coût et réimporté en France.
La France a de moins en moins à exporter. Un peu de chimie, une production agricole soumise à une rude concurrence internationale, un paquebot de temps en temps, quelques avions par mois.

Deux exemples.

*L’automobile. Exportatrice il y a encore quelques années, contribuait de manière positive à la balance commerciale, à l’inverse, elle est aujourd’hui importatrice. Les Renault, Peugeot vendue en France viennent d’Espagne, du Portugal, de Roumanie, de Slovaquie, de Slovénie, de République Tchèque, du Maroc. Ces délocalisations ont eu pour conséquences les fermetures d’usines, des centaines de milliers de suppressions d’emplois chez les constructeurs et leurs sous-traitants, le déficit des compte sociaux et de la balance du commerce extérieur d’un côté et de l’autre des profits fabuleux pour les actionnaires, y compris l’Etat.

*Le ferroviaire. Les difficultés d’Alstom font régulièrement la une de l’actualité. Une des usines subit actuellement le chômage partiel. Pourtant Alstom a gagné trois gros contrats. Des rames TGV pour équiper une ligne aux Etats-Unis, le renouvellement des trains de banlieue du Cap (Afrique du Sud), 800 locomotives de fret pour l’Inde. Aucune de ces fabrications n’aura lieu en France, pas même en partie. La direction d’Alstom n’a vu que l’intérêt des actionnaires et pour mieux se vendre à Siemens.

Ils ne se contentent pas de délocaliser. Selon l’INSEE, les grands groupes capitalistes qui ont supprimé 60.000 emplois entre 2.000 et 2015, augmentent leur rentabilité en développant la spéculation financière au détriment de l’investissement. Selon une étude publiée par Euronex, fin 2016, ils possédaient 350 milliards dans 15.000 fonds spéculatifs.

Arrêter le massacre.

« La France est le seul grand pays développé qui continue à se désindustrialiser » observe avec raison P. Artus, directeur de recherche à la banque Natixis dans « les Echos » (8 août).
Pour changer cette politique, il faut poser la question de la propriété des moyens de production, des moyens financiers, du pouvoir politique
Pour développer une industrie répondant aux besoins du peuple, une production dans l’intérêt de la nation, il faut arracher aux multinationales capitalistes les moyens de production les moyens économiques, financiers, le pouvoir de décisions politiques, les confier au peuple et à ses représentants.

C’est le programme de notre Parti. Il faut l’imposer par la lutte. Venez le mener avec nous

Bimestriel N°131

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