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Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 18.03.2019-22.03.2019

France.
Luttes :
Sans-papiers. (Promen, bâtiment, Versailles). Grève depuis le 13.03 pour la régularisation des sans-papier.
Bateg (filiale de Vinci, Vélizy 78) En grève depuis le 4.03 pour les conditions de travail.
Douaniers. Poursuite de la grève. Devant le refus des propositions du gouvernement pour les salaires -100 euros de plus par mois pour les syndicats, 45 puis 50 pour le gouvernement- menace de sanctions du pouvoir.
Cimetières parisiens. Nouvelle grève le 18.03.
Newlook. (Habillement) Débrayage et manifestation devant le siège contre le plan social et le risque de liquidation judiciaire.
Intermittents, précaires, chômeurs. A Toulouse ils manifestent depuis plusieurs semaines contre l’étatisation de l’assurance-chômage, les sanctions contre les chômeurs. Reçus sans résultat par la direction de Pôle -emploi.
GE. (Ex Alstom, Belfort) Débrayage le 20.03 pour le maintien de l’emploi.
Hôpital. Manifestation lors du CA de l’hôpital de Lens (Nord) qui prévoit 157 emplois en moins en trois ans.
19 mars. La CGT annonce de nombreux débrayages et 375.000 participants aux manifestations. A noter, comme d’habitude, le grand silence des médias avant, pendant et après cette journée.
Retraite. La ministre de la Santé se dit « à titre personnel » prête « à proposer un allongement de la durée du travail » dans le cadre de la « réforme des retraites ». Le patronat s’est dit satisfait de sa « lucidité » et Darmanin lui apporte son soutien. Cette prise de position venant contredire la promesse de campagne de Macron (pas d’augmentation de l’âge du départ à le retraite) la ministre a fait marche arrière. Il ne s’agit que d’une manœuvre, l’allongement de la durée du travail est une obligation avec la diminution des pensions, conséquence de la retraite par points sur le long terme. Delevoye le confirme à sa façon en indiquant qu’il sera possible de travailler après 62 ans pour « améliorer sa pension ». Enfin les 40 annuités nécessaires pour toucher sa retraite à taux plein, mesure prise sous Hollande, amène automatiquement vers un départ bien au – delà de 62 ans. L’âge de départ réel est en moyenne aujourd’hui de 62 ans et 8 mois. Reste la question de la dépendance pour laquelle aucun financement n’est prévu sauf celui – bien insuffisant- d’une nouvelle journée de travail gratuite.
Loi Pacte. Elle vient d’être votée par l’Assemblée. S’il a été beaucoup discuté de la privatisation d’Aéroports de Paris et de la Française des jeux, les autres aspects de la loi ont été passés sous silence. En particulier la modification des seuils sociaux et fiscaux pour les entreprises (10, 50, 250 salariés) réclamés, depuis longtemps par le patronat. La raison sociale de l’entreprise a été aussi modifiée pour donner un visage plus avenant au capitalisme. A la notion de profit pour les actionnaires toujours présente est ajoutée la « vocation sociale ou environnementale ». (Vale, géant brésilien des mines à cette notion dans ses statuts. Il est responsable de deux catastrophes écologiques qui ont fait des centaines de victimes et des dégâts dramatiques sur l’écosystème). Le président de l’organisation patronale « Croissance Plus » se félicite de la loi et déclare : « Cette loi comporte beaucoup de choses positives et nous avons été étroitement associés à son élaboration ».
Loi santé. Elle poursuit son examen à L’Assemblée avec une débauche de propositions d’EM pour tirer vers le bas l’offre de soin sous le prétexte de répondre au manque de médecins et aux besoins de proximité des patients. Ainsi les pharmaciens seraient autorisés à délivrer des médicaments sur prescription sans ordonnance, les opticiens des consultations qui relèvent des ophtalmologues, à élargir la compétence des infirmiers.
Medef. Il s’invite dans le « grand débat » pour rappeler ses revendications et à la main lourde. Au travers de 43 propositions il réclame la diminution de 46 Mds d’impôts et de cotisations, compensées par la baisse des dépenses publiques avec comme référence Thatcher et Reagan, propose un accroissement du rôle des régions en matière économique pour y tirer plus de subventions, proposant à mots couverts la régionalisation de Pôle emploi. Dans le même ordre d’idées, un des idéologues du capitalisme, J.M. Daniel, prenant prétexte du mouvement des « gilets jaunes » propose au nom de la « liberté de choix » l’ouverture à la concurrence des « monopoles bureaucratisés contrôlés par l’Etat comme l’enseignement ou la protection sociale ».
CAC 40. Sur les 40 entreprises du CAC 38 ont fait 88,5 Mds de profits en 2018. S’il baisse de 5,4% par rapport à 2017, baisse qui tient avant tout, selon le cabinet EY, à des « dépréciations d’actifs ou des amortissements d’écarts d’acquisitions ». Elles ont distribué, entre les actions et les rachats d’actions 57,4 Mds de dividendes. A la 1ere place Total avec 9,692 Mds ((+25,9%) suivi par la BNP 7,526 Mds (-3%) et LVMH 6, 354 Mds (+23,9%). 2018 est la deuxième meilleure année depuis dix ans. 2019 devrait être encore plus juteuse.
Fonctionnaires. Au Conseil commun de la fonction publique tous les syndicats ont voté contre le texte de la « reforme ». Ce vote est consultatif.
Suppressions d’emplois. SNCF. Dans le cadre des suppressions d’emplois annoncées pour 2019, la SNCF va fermer ses agences de voyages pour les groupes. Cela concerne 266 agents.
Castorama. Brico-dépôt. (Groupe Kingfisher) ferme au total 11 magasins avec 789 emplois pour manque de rentabilité. Il avait supprimé 406 emplois en 2018 en les délocalisant en Pologne.
Armement. Naval Group annonce une commande de 966 millions en partenariat avec le belge ECA pour 887 millions (total 1,746 Mds) pour la fourniture de 12 dragueurs de mines aux marines belge et hollandaise.
Santé. Une étude révèle que trois millions de personnes, y compris des enfants, n’ont pas accès aux produits d’hygiène élémentaires. La France cinquième puissance mondiale ou pays du tiers monde ? Elle montre les ravages des bas salaires, de la précarité engendrés par les politiques au service du capital.
Monde
Chine. L’Assemblée nationale populaire a voté sans surprise la proposition du gouvernement la loi sur l’assouplissement des investissements étrangers ce qui donne satisfaction aux USA et aux autres capitalismes qui visent à s’implanter plus largement sur le marché intérieur chinois, y compris les services publics. Cela doit être vu comme un recul du pouvoir dans le cadre des discussions commerciales Chine-USA.
Toujours pendant la même session le premier ministre a annoncé la volonté de soutenir son économie avec une possible baisse des taux d’intérêt.
Une autre guerre moins spectaculaire que celle du commerce se déroule. Celle de la monnaie chinoise (le renminbi) qui conteste de plus en plus la suprématie politique et économique du dollar et a gagné en influence comme le souligne le FMI. Avec les BRICS, en Asie, Amérique latine, Afrique, Australie qui sont tributaires dans leur commerce des matières premières, avec la Chine. D’autre part la Chine a noué des participations avec 5 banques centrales africaines pour mettre à leur disposition de la monnaie chinoise en échange de leurs devises. Cette offensive monétaire accompagne l’implantation des groupes chinois sur le continent.
Allemagne. Deutsche Bank et Commerzbank viennent d’officialiser leurs discussions en vue de fusionner les deux banques en difficulté. Deutsche Bank a perdu 40% de sa capitalisation boursière et Commerzbank vient d’être retirée de l’indice DAX à la bourse de Francfort. Le gouvernement fédéral soutient cette possible fusion. Une des raisons de ces difficultés est le versement de multiples et importantes amendes pour diverses fraudes qu’elles ont pratiqué. Elles affichent 18 Mds de capitalisation et ont 38 millions de clients et détiennent 20% du marché en Allemagne, emploient 140.000 salariés. Le syndicat des employés craint que la fusion entraine des dizaines de milliers de licenciements (30.000 ?).
Ford. Annonce la suppression de 5.000 emplois dans ses usines allemandes et des réductions d’effectifs en Angleterre.
Belgique. La BNP Fortis (filiale de la BNP) annonce la fermeture en trois ans de 40% de ses agences soit 2200 emplois. Fortis contribue pour 1,9 Mds au résultat de la maison mère qui se monte à 7,53 Mds pour 2018. C’est l’ensemble du secteur bancaire belge qui va subir- comme partout- ces suppressions d’emplois.
Accès à l’eau. Selon un rapport de l’UNESCO 2,1 milliards de personnes (3 habitant sur 10 au niveau mondial) n’ont pas accès à une eau dans des conditions fiables sur le plan sanitaire, 780.000 meurent chaque année pour avoir consommés de l’eau non potable. Ce sont les femmes et les enfants qui en sont les premières victimes, car c’est à eux qu’incombe la corvée d’eau journalière. De même les plus pauvres payent plus cher une eau rare transportée par camions. Pour la possession de la ressource en eau 263 conflits ont été dénombrés entre 2010 et 2018, en augmentation sur les années précédentes. L’objectif de ce droit élémentaire pour un accès universel en 2030 a très peu de chance d’être tenu, au vu des contributions des états. Il faudrait 340 Mds de $ pour cela. Pour rappel le budget militaire des USA est de plus de 700Mds de $ par an, plus de 1800 Mds à l’échelle mondiale.
UE. L’Europe de la défense se met en place. Elle vient d’entrer dans le concret. Un premier budget de 525 millions est confirmé pour 2019-20, avant les 13 Mds pour 2021-27. Pour y avoir droit, au moins quatre pays doivent faire une proposition d’armement commune. 21 appels à propositions sont déposés. La France y participe largement.