Gantry 5

 

Édito
Ah, que ce fut un beau 14 juillet... sur les Champs Élysées, la France impérialiste a étalé sa force et ses alliances. Et cela quelques jours après le sommet de l'OTAN à Ankara, où elle a soutenu et avalisé les trompettes guerrières du bloc impérialisme dominé par les États-Unis : le corollaire étant une hausse majeure des crédits militaires. Tout cela pour s'inscrire dans la compétition guerrière au sein du système impérialiste et offrir une part du gâteau aux monopoles capitalistes. Tout autre a été le 14 juillet de ceux, travailleurs, produisant les richesses et se voyant infliger une politique d'austérité XXL afin d'entretenir et préparer des guerres qui ne sont pas les leurs et renflouer les profits capitalistes. Pendant ce temps les candidats, déclarés ou futurs à l'élection présidentielle essaient de nous persuader qu'ils ont la formule magique pour sauver...le capitalisme. Tous entretiennent l'illusion comme quoi il serait possible de s'en sortir sans abattre ce système d'exploitation à la source des difficultés et des affrontements que nous connaissons. Disons le franchement, sans s'attaquer et détruire ce système prédateur de l'Homme et de la nature, il n'existe que des solutions conduisant au pire. Au fond si nous voulons en sortir, la seule voie c'est celle du changement révolutionnaire de la société, tout le reste n'est qu'illusion et nous le savons par expérience  cela coûte cher à notre classe !
Sommaire :
Luttes
*Contre le projet de délocalisation, Les salariés de Daher en grève
*Canicule : les travailleurs de Truffaut Cabriès en grève
*Revalorisation du revenu minimal des livreurs à vélo
*Festival d'Avignon, Les travailleurs de la culture interpellent Macron
*La Fédération Syndicale Étudiante commémore le 100e anniversaire de l'Union Fédérale Étudiante
*Le gouvernement attaque les droits des électriciens et gaziers, conquêtes des droits sociaux et de la loi de nationalisation
*Fibre Exellence : imposer la nationalisation de l’entreprise, sans indemnité ni rachat, sous contrôle des travailleurs
*Fermeture estivale des urgences de l’hôpital de Mamers (Sarthe/Orne)
*Les salariés de la marque de prêt-à-porter Uniqlo appelés à faire grève
*Les salariés de l’EHPAD "Château de Vernange" (Ain) en grève
 
Dossiers ; Économie
*Renault supprime 650 postes au Technocentre de Guyancourt
*Thermo-sur-Seine : le retour de la production d'énergie aux Ardoines se dessine
*Polytechnique : Bernard Arnault, un geste patriotique ?
*La France riche en pauvreté
*Défaillances d'entreprises
*Le capitalisme casino se porte bien aussi
*OTAN et industrie d'armement
*Hôpital public : l'austérité et ses conséquences économiques
*France : 6 milliards d’économies, les coups portés sont concrets
*La DGFiP restructure son réseau territorial
*Les CFA menacés par les coupes en milieu d’année
*Les agents des routes dénoncent une sécurité au rabais
*Défaillances d'entreprises : la crise s'enracine
 
International ; Solidarité internationaliste
*Airbus Espagne : les salariés en grève depuis le 1er juillet
*En grève de la faim, le militant sahraoui Naâma Asfari, incarcéré depuis 2010 au Maroc, dénonce une détention arbitraire
*Les employés de First Battery en Afrique du Sud se sont mis en grève le 6 juillet suite à la décision de l'entreprise de licencier 165 personnes
*Maroc : manifestations contre le gel des salaires et des pensions
*Pakistan : succès des postiers
*Boston (USA) : lock-out pour les infirmières
*Les employés syndiqués des divisions grand public de Samsung Electronics manifestent le 16 juillet
*Roumanie : grève dans le secteur de la santé
*Île Maurice : des milliers de manifestants dans les rues de Port-Louis contre la réforme des retraites
*La Réunion : Grève chez Derichebourg-OI
*Le soutien de la Fédération Syndicale Mondiale à Cuba
 
Luttes
Contre le projet de délocalisation, Les salariés de Daher en grève
Le jeudi 10 juillet les salariés de Daher à Louey (Hautes-Pyrénées), se sont réunis devant l’usine. Ils étaient là à l'appel de la CGT pour défendre leurs revendications, centrées sur les salaires, les conditions de travail et surtout l’avenir industriel du site. Les salariés réclament des augmentations jugées indispensables ainsi qu’une meilleure reconnaissance de certains métiers, les classifications actuelles, estiment ils, ne reflètent plus la réalité de leurs tâches. La perspective d’un transfert de plusieurs lignes de production vers le Maroc cristallise les inquiétudes. Les salariés disent manquer cruellement d’informations sur les postes concernés, les possibilités de reclassement ou les conséquences à long terme pour l’emploi local. Concernant les représentants syndicaux, l’enjeu dépasse largement les murs de l’usine : une réduction d’activité toucherait de nombreux foyers et fragiliserait l’économie du territoire, tant l’entreprise occupe une place centrale dans le bassin de vie de Louey et de ses environs.
 
Canicule : les travailleurs de Truffaut Cabriès en grève
Communication de la fédération CGT commerce et services :
A l’appel de la CGT, les travailleurs du magasin Truffaut de Cabriès se sont mobilisés dénonçant des conditions de travail devenues inacceptables en raison des fortes chaleurs qui règnent dans l’établissement.
Depuis plusieurs mois, les représentants CGT du magasin alertent la direction sur l’état des systèmes de refroidissement, devenus obsolètes et régulièrement en panne. Malgré ces alertes répétées, aucune réponse satisfaisante n’a été apportée afin de garantir des conditions de travail conformes aux obligations de l’employeur en
matière de santé et de sécurité. Le samedi 4 juillet, à l’initiative de la CGT, près de 50 % des travailleurs présents ont participé au mouvement de grève. A ce jour, la direction n’a présenté ni solution concrète ni calendrier d’intervention pour remédier durablement à la situation. Malheureusement, ce que vivent aujourd’hui les travailleurs de Truffaut Cabriès est loin d’être un cas isolé. Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et les remontées de terrain se font de plus en plus nombreuses dans les entreprises du commerce et des services. Pourtant, les mesures de prévention restent trop souvent insuffisantes. La Fédération CGT Commerce et Services rappelle l’urgence d’adapter les conditions de travail aux conséquences du changement climatique. Travailler dans des locaux pouvant atteindre 35 ou 40 °C ne doit jamais devenir la norme. Les employeurs ont l’obligation de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs. Ces situations se multiplient dans les entreprises du commerce et des services, c'est pourquoi la Fédération appelle l’ensemble des travailleurs à poursuivre et amplifier la mobilisation partout où leurs conditions de travail mettent en danger leur santé et leur sécurité. Par l’action collective  nous imposerons le respect de nos droits et l’adaptation du travail aux conséquences du changement climatique. La santé des travailleurs n’est pas négociable.
 
Revalorisation du revenu minimal des livreurs à vélo
Entre les 8 et 10 juillet, Uber Eats et Deliveroo ont annoncé l’arrêt des livraisons pendant les heures les plus chaudes de la journée, puis une hausse du revenu minimal des livreurs. Uber Eats et Deliveroo ont accepté une revalorisation importante du revenu minimum garanti des livreurs à la suite des négociations avec les syndicats de livreurs de repas, Union-Indépendants et la FNAE. A partir de septembre, celui-ci passera donc de 11,75 euros à 19 euros brut par heure d’activité, soit une hausse de 7,25 euros, représentant près de 62 % d'augmentation. Selon la CGT : " Cette hausse mérite toutefois d’être nuancée. Il ne s’agit pas d’un salaire horaire au sens classique du terme. Le revenu minimum est calculé uniquement sur le temps d’activité, c’est-à-dire entre l’acceptation d’une commande et sa remise au client. Les périodes d’attente entre deux courses, parfois très longues, ne sont ainsi pas prises en compte." Elle estime dans un communiqué: " ce revenu ne prend pas en compte les temps d’attente " et y voit " un tour de passe-passe financier ". De plus cette hausse ne compense pas la perte de pouvoir d'achat. Les revenus des livreurs se sont dégradés ces dernières années. Entre 2021 et 2025, une fois l’inflation prise en compte, le pouvoir d’achat horaire a diminué de 31,7 % chez Uber Eats et de 25,2 % chez Deliveroo. De plus il existe une augmentation des temps d’attente entre deux commandes, réduisant encore les revenus réellement perçus par les travailleurs. Fondamentalement, les mesurent annoncées ne répondent pas à la principale revendication des syndicats : garantir une véritable protection sociale à des travailleurs dont les revenus restent précaires et fortement dépendants des conditions d’activité.
 
Festival d'Avignon, Les travailleurs de la culture interpellent Macron
Au festival d'Avignon, avant la dernière représentation de Maldoror, les metteurs en scène Julien Gosselin, Julie Deliquet, Rébecca Chaillon, Abdelwaheb Sefsaf, Baptiste Amann, Elise Chatauret et Céline Champinot, ainsi que les chorégraphes Bouba Landrille Tchouda et Madeleine Fournier, se sont directement adressés à Emmanuel Macron, accompagnés sur le grand plateau par une foule d’artistes, d’équipes et de syndicats, dont la CGT et le Syndeac : "Nous, artistes réunis à Avignon, vous interpellons aujourd’hui pour le théâtre, la danse, le cirque, la musique, la marionnette, la performance, qui subissent depuis plusieurs mois des attaques d’une brutalité inédite", a entamé Julien Gosselin, le metteur en scène de Maldoror, devant les gradins occupés de plus de 2.000 spectateurs. " Une politique culturelle ne peut être réduite à des arbitrages comptables. Un budget est un moyen, il ne saurait tenir lieu de projet politique ", a poursuivi le metteur en scène Baptiste Amann. Les revendications des travailleurs de la culture portent sur l'annulation immédiate des coupes budgétaires, l'ouverture d’un débat national sur l’avenir du service public de l’art et de la culture et l'engagement " à porter progressivement à au moins 1 % du budget de l’État ".
 
La Fédération Syndicale Étudiante commémore le 100e anniversaire de l'Union Fédérale Étudiante
L'Union Fédérale Étudiante (UFE) a été créée le 14 juillet 1926. La Fédération Syndicale Étudiante (FSE) rappelle l'anniversaire de cette formation étudiante et le rôle qu'elle a joué tout au long de son existence1 : "Le 14 juillet 2026, nous célébrons les 100 ans de la création de l’Union Fédérale des Étudiants (UFE), une organisation pré-syndicale qui lie le destin des étudiants à celui de l’ensemble de notre classe, objectif que nous partageons et revendiquons. L’UFE naît en 1926, à la veille d’une crise économique d’ampleur mondiale et pendant l’entre-deux-guerres, dans un contexte où l’université reste verrouillée aux enfants du prolétariat. Elle se développe ensuite dans un climat de réactionnarisation croissante, formant des cadres qui deviendront des acteurs majeurs de la résistance antifasciste." Dans son document consacré à l'UFE, la FSE rappelle le rôle éminent des militants de l'UFE, tout particulièrement dans la lutte anti-fascite et tout particulièrement de Danielle Casanova, responsable d’une des sections de l’UFE et fondatrice de l’Union des jeunes filles de France. D. Casanova est une figure majeure de la résistance et de la lutte antifasciste, où elle n’hésite pas à prendre les armes ; De Max Barel, l’un des premiers à refuser de prêter serment à Pétain, et mit ses connaissances en armement au service de la lutte : fabrication de matériel de sabotage et organisation de sabotages industriels. Commandant des FTP, il meurt sous la torture, infligée par Klaus Barbie, en 1944 ; de Joseph Epstein, dit " Colonel Gilles ", jeune communiste juif polonais contraint de fuir son pays pour son engagement. Il trouva refuge en France rejoignant l’UFE. Il combat en Espagne, puis dirige les FTP-MOI d’Île-de-France et le groupe Manouchian.
 
Le gouvernement attaque les droits des électriciens et gaziers, conquêtes des droits sociaux et de la loi de nationalisation
A l'heure de la préparation des budgets 2027, de l'Etat et de la Sécurité sociale, les mauvais coups se succèdent. Les trois ministères (Energie, Travail et Solidarités, Action et Comptes publics) ont annoncé à l’intersyndicale qu’ils entendent se cacher derrière les préconisations de la Cour des comptes (Rapport sur EDF publié le 17 juillet) pour s’en prendre au contrat social des agents des IEG (industries électriques et gazières)
Après le régime spécial de retraite, la grille de rémunération des IEG, les activités sociales, la CNIEG …  Le « tarif particulier » des agents  est  désormais ciblé. 
Pour la FNME-CGT, c’est inacceptable. Au comble du cynisme, le Gouvernement poursuit ses attaques contre les droits des électriciens et gaziers.
Quel que soit l’artifice ou les raisons, ces annonces, une main sur le cœur et l’autre sur le budget de l’Etat, seulement l’ambition de détruire le modèle social et le Statut des IEG.
Alors que la FNME-CGT salue le dévouement, l'engagement et le sens du service public des électriciennes, des électriciens, des gazières et des gaziers, assurant chaque jour l'alimentation en énergie du pays, souvent dans des conditions difficiles et parfois au péril de leur vie, le Gouvernement choisit de les remercier en s'attaquant une nouvelle fois à leurs droits et à leurs conquis.
Quelle est l’urgence politique ?
S’attaquer aux salariés qui font tenir le système énergétique du pays. En pleine période de canicule, au moment où les réseaux sont soumis à de fortes contraintes et les agents assurent la continuité du service public, le pouvoir préfère organiser une nouvelle offensive idéologique contre les personnels des industries électrique et gazière au lieu de répondre aux véritables enjeux du secteur.
Le « tarif particulier » représente environ 1 % de ce que paient les Français. Il n'est responsable ni de l’augmentation des factures ni de la dégradation du système car les vraies causes sont ailleurs et la FNME CGT le démontrera. Son éventuelle remise en cause ne baissera pas la facture des usagers.
En revanche, elle constituerait une nouvelle attaque idéologique, celle-ci permettrait au Gouvernement de poursuivre son objectif : remettre en cause, un à un, tous les conquis sociaux.
Les Électriciens et Gaziers, actifs & retraités, ne sont pas des privilégiés. Elles et ils font le Service Public de l’énergie 24H/24, 7 jours sur 7 Pour la FNME-CGT, défendre le service public de l'énergie, c'est investir dans les outils industriels, renforcer la maîtrise publique, garantir et améliorer les droits du personnel. C’est reconnaître concrètement celles et ceux produisant, transportant, distribuant et assurant chaque jour la continuité de ce service essentiel.
Au contraire, la stratégie du Gouvernement est celle du pourrissement : diviser les salariés, opposer les usagers aux agents et masquer les véritables responsables de l’explosion des factures, à savoir la dérégulation du secteur de l’énergie, les logiques de marché et les choix politiques de libéralisation.
La FNME-CGT ne laissera pas faire. Elle défendra le « tarif particulier » comme elle défend le Statut national des IEG, le Régime Spécial de Retraite, la grille de rémunération, les activités sociales, la CNIEG et, plus largement, l’ensemble des droits qui permettent de garantir un service public de l’énergie performant, sûr, au service de l’intérêt général et au juste prix pour les usagers.
Le Gouvernement est prévenu ! Face au cynisme, au mépris et aux attaques : celles et ceux faisant vivre chaque jour le service public de l’énergie, seront combatifs et offensifs dès la rentrée. La FNME-CGT, ensemble, avec les électriciens et les gaziers ne se laisseront pas dépouiller sans réagir !
 
Fibre Exellence : imposer la nationalisation de l’entreprise, sans indemnités ni rachat, sous contrôle des travailleurs
Comme prévu le tribunal de commerce de Toulouse a reporté la décision concernant la liquidation judiciaire de l’usine Fibre Excellence, à une « dernière audience » le 27 juillet, après une offre de reprise portée par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse. Celui-ci demande à l'État un gros effort financier : revalorisation du prix de l'électricité produite, un meilleur accès au bois et la réintégration des quotas carbone. Le projet comporte aussi des attaques contre les travailleurs.
Fibre Excellence possède les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne, 270 salariés) et Tarascon (Bouches-du-Rhône, 275 salariés), son avenir concerne plusieurs milliers d'emplois indirects, placée en redressement judiciaire fin avril après que son actionnaire Jackson Wijaya ait refusé d'envisager des investissements supplémentaires.
Numéro 1 en France de la production de pâte à papier, Fibre Excellence produit aussi de l'électricité à partir de bois et de copeaux.
Matthieu Pigasse, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, Renaud Muselier, président de Paca, et les numéros un de la CGT Sophie Binet, de la CFDT Marylise Léon, et de FO Frédéric Souillot demandent «un ultime effort de l'État» pour sauver le fabricant de pâte à papier. «Il ne manque plus qu'un ultime effort de l'État pour sécuriser temporairement les premières années d'exploitation», écrivent-ils dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron, au premier ministre, Sébastien Lecornu, et au ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin.   Selon la présidente de la Région Occitanie, cette proposition est « fondée sur un business plan réaliste, une gouvernance solide et une véritable ambition industrielle », la Région  investira jusqu’à 5 M€ indique l’élue, de son côté, la Région Paca apporterait 3 M€. L’État se dit prêt à investir 5 M€.
«C'est une bonne nouvelle. Il (le banquier Pigasse) représente un capitalisme modéré, c'est comme ça qu'on les aime», a commenté le responsable syndical CGT du site. «A mon avis, ce qui l'intéresse, c'est le made in France», a-t-il ajouté. Matthieu Pigasse n'a «pas été difficile à convaincre», selon Sophie Binet, «c'est l'ensemble du projet qui a un sens d'un point de vue industriel et social». Sauf que l’homme d’affaires est connu pour une suite ininterrompue de coups financiers ou de fusions-acquisitions en faveur des multinationales capitalistes, également connu dans les restructurations de dettes pour des pays du tiers-monde en crise comme la Grèce ou récemment au Venezuela. Une gauche pourfendant le capitalisme à longueur de discours, tout en prospérant grâce à lui. Ainsi à la surprise générale, la petite banque d’affaires de Pigasse a été désignée par l’administration Trump afin de restructurer la dette du Venezuela! Le banquier d’affaires touchera une commission comprise entre 10 millions et 20 millions d’euros, une dette d’au moins 170 milliards de dollars, soit 146 milliards d’euros. La restructuration fera de nombreux perdants. De la Grèce au Venezuela, l’appétit de Pigasse est vorace et sans limite, comme l’écrit le Figaro : "L'argent n'a pas d'odeur mais Pigasse sait se boucher le nez".
La lettre d’intention de Mathieu Pigasse ne règle rien : reprend-il tout le groupe ou seulement une partie ? A quelles conditions ? Avec quel investissement ? Combien d’emplois ? Le projet comporte également des attaques contre les travailleurs : Il veut geler les salaires pendant trois ans, une renégociation des conditions des nouveaux contrats. Ces mesures montrent une « victoire » s’obtenant au prix d’une dégradation des conditions actuelles. Les travailleurs de Fibre Excellence doivent continuer de se mobiliser pour qu’il n’y ait aucun licenciement, la sauvegarde d’un emploi avec le maintien intégral des salaires et imposer la nationalisation de l’entreprise, sans indemnités ni rachat, sous contrôle des travailleurs.
 
Fermeture estivale des urgences de l’hôpital de Mamers (Sarthe/Orne)
200 personnes se sont mobilisées protestant contre cette décision : “Non, non à la fermeture des urgences” ou encore “Urgences fermées = Patients en danger”, peut-on lire sur les pancartes des manifestants présents. Les urgences de l’hôpital de Mamers, en Sarthe, vont fermer près d’une quinzaine de jours, cet été du 16 juillet jusqu’au 3 août 2026, le service des urgences souffre d’un manque d’effectif et d’une surcharge d’activité. Le service mamertin assure la couverture médicale d’une zone rurale de près de 37 communes de la Sarthe et 25 municipalités du département de l’Orne. Mettre un terme à cette situation, uniquement la lutte tout de suite réunissant les personnels et les usagers est nécessaire.
 
Les salariés de la marque de prêt-à-porter Uniqlo appelés à faire grève
Cette grève est "un cri d'alerte", "les équipes n'en peuvent plus", alerte une représentante du syndicat CFDT de l’enseigne de la marque japonaise de prêt-à-porter Uniqlo à Paris. La syndicaliste évoque un fort "turn over", du "management toxique" et aussi de "l'ultra polyvalence sur nos fonctions", avec une accumulation de nouvelles tâches, surcharge de travail... Le mouvement touche un quart des magasins en France, à Paris (Rivoli), La Défense, Puteaux, Strasbourg, Lille, Lyon et Toulouse...
 
Les salariés de l’EHPAD "Château de Vernange" (Ain) en grève
Des pancartes, des slogans et un piquet de grève devant la résidence "Château de Vernange" Ehpad privé de Saint-André-de-Corcy (Ain). Le personnel était en grève dénonçant leurs conditions de travail et les conséquences pour les pensionnaires âgés de la structure. Un personnel et des moyens insuffisants, des personnels en burn-out, trop de recours à l’intérim : une situation nuisant au bien-être des résidents selon les grévistes et les familles des résidents. Les grévistes réclament également une prime de 800 euros.
 
Dossiers ; Économie
Renault supprime 650 postes au Technocentre de Guyancourt
Renault a annoncé les 24 et 25 juin 2026 la suppression nette de 600 à 650 postes dans son activité ingénierie en France. Le mécanisme prévu : 800 départs volontaires d'ici fin 2027, partiellement compensés par 150 à 200 recrutements ciblés. Selon ICI/Franceinfo et Évasion FM, le Technocentre de Guyancourt est identifié comme le site le plus touché du pays, celui-ci concentre la grande majorité des 5.500 à 5.800 ingénieurs Renault basés en France.
La réorganisation s'inscrit dans la stratégie baptisée "FutuREady", présentée le 10 mars 2026 par le PDG François Provost. Ce dernier a insisté sur la nécessité d'un changement de rythme organisationnel afin de rester compétitif face aux constructeurs asiatiques, dont les parts de marché en Europe ont bondi à 8,8 % en mai 2026, contre moins de 3 % en 2024. Cette stratégie de confier les études à des centres extérieurs jugés moins coûteux et plus rapides a déjà été mise en oeuvre pour la nouvelle Twingo électrique, développée en 21 mois depuis le centre ACDC de Shanghai — là où un véhicule équivalent mobilise 3 à 4 ans de développement en Europe. À l'échelle mondiale, Renault vise une réduction de 15 à 20 % de ses effectifs ingénierie, soit 1.600 à 2.400 postes supprimés.
 
Thermo-sur-Seine : le retour de la production d'énergie aux Ardoines se dessine
Onze ans après l'arrêt de la centrale charbon EDF, la possibilité d'un retour de la production d'énergie sur le site des Ardoines à vitry-sur-Seine se dessine. Selon le SPPTE-RP-CGT2 , il s'agit d'un signal positif pour l'avenir des Ardoines. C'est pourquoi, le SPPTE-RP-CGT accueille favorablement la perspective d'implantation d'une centrale de production de chaleur Thermo-sur-Seine sur le site historique des Ardoines à Vitry-sur-Seine. mais qui doit s'accompagner d'engagements forts en matière d'emplois locaux, de garanties sanitaires et environnementales,  d'une gouvernance donnant toute leur place aux collectivités. Le syndicat rappelle la longue lutte pour les Ardoines : " Dès la fermeture d'Arrighi, en 1985, la CGT élaborait un projet énergétique pour le site : répondre aux besoins des Franciliens, maintenir l'emploi et l'industrie, anticiper les enjeux environnementaux. Depuis l'arrêt de la centrale charbon en 2015, le SPPTE-RP n'a jamais cessé de porter l'exigence du maintien d'une activité énergétique aux Ardoines, contre la fatalité de la désindustrialisation. Thermo-sur-Seine est l'aboutissement de cette bataille de onze ans."
 
Polytechnique : Bernard Arnault, un geste patriotique ?
L'École polytechnique à Palaiseau a annoncé le 26 juin dernier par un communiqué3 ceci: Bernard Arnault, le patron de LVMH, avait fait un don de 50 millions d'euros à l'école pour la création d'un institut de mathématiques, devrait porter son nom. Ce don a suscité l'enthousiasme de la directrice de l'École, affirmant4 ce don était : " très attendu et largement soutenu par [la] communauté académique ". " Il reflète la conviction de nos promotions et de nos professeurs sur l’absolue nécessité pour Polytechnique d’entretenir des liens exigeants et forts avec les acteurs économiques ". Le premier Ministre Lecornu allant jusqu'à qualifier le geste de "patriotique". Il est vrai qu'à l'approche du 14 juillet l'outrance patriotique était de mise ! Ce don pose au moins deux questions : d'où vient la fortune de ce patriote et la recherche doit-elle vivre de dons ou de moyens accordés par la collectivité.
Concernant la première question, des élèves de Polytechnique ont tenu à faire part de leur désaccord. Ainsi, le 12 juin, lors de la remise de diplômes à l’X, la cérémonie avait été brièvement interrompue par quelques étudiants portant des masques du patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et de Bernard Arnault, dénonçant les partenariats avec les entreprises privées. Ils condamnaient : " [une] instrumentalisation de “la science” et d’une école d’État au service des intérêts d’un milliardaire qui accumule sa fortune par l’exploitation, la délocalisation, l’optimisation fiscale et les aides publiques ". Ce n'est rien de le dire! En effet le patriote Arnault pèse en 2026, selon Forbes5, 147,7 milliards de dollars et se place dans le top 10 des plus grandes fortunes mondiales. Parmi ses nombreux biens immobiliers se trouvent deux résidences à Paris dont les prix d'achats ont été estimés respectivement à 25 et 55 milliards. Quant à son patriotisme, il n'a pas résisté à l'élection présidentielle de 1981 et à la crainte (supposée) de se voir dépossédé en prenant le chemin de l'exil aux USA où il a fondé l'entreprise Férinel Inc. et fréquenté le promoteur immobilier D. Trump. Toute cette fortune dont les paradis fiscaux alimentés par les capitalistes font leur miel6, n'est que le fruit de l'extorsion de la sur-valeur créée par les salariés et qui leur a été enlevée dans le processus d'exploitation capitaliste. C'est ici une belle illustration de ce processus magistralement montré par K. Marx dans le Capital7. Le slogan : " tout est à nous, rien n'est à eux " est donc plus juste que jamais ! Mais si tout est à nous, c'est à dire à la classe produisant les richesses, à nous revient le droit de décider de ce que l'on fait de la richesse produite et comment on la produit. De ce point de vue, nous ne voulons plus donner un sou pour les guerres impérialistes nourrissant Arnault et sa classe de parasites. Nous voulons que la richesse améliore la vie des travailleurs, donne des moyens aux services publics et bien sûr à l'enseignement et à la recherche. Tout le démontre jour après jour, pour la justice le droit et la paix il existe une seule voie, celle de la transformation révolutionnaire de la société afin d'en finir avec le capitalisme et construire une société de coopération des producteurs et d'amitié entre les peuples.
 
La France riche en pauvreté
L’Insee vient de faire paraître au sujet de la pauvreté8 qui se stabilise, certes, mais à un haut niveau (15,4% de la population hors DOM et personnes pauvres vivant en communauté). Manifestement, la théorie du ruissellement est infirmée, si besoin était par, ces tristes résultats, signes d’une paupérisation persistante d’une large couche de la population. L’indicateur de l’Insee, il convient aussi de le noter est déjà bien peu reluisant, ne prend pas en compte les populations extra-marines, particulièrement touchées par la pauvreté (un tiers de la population aux Antilles, plus de la moitié en Guyane, plus d’un tiers à la Réunion et 77% à Mayotte).
Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60% du revenu médian de la population (le revenu médian est le niveau de revenu coupant en deux la population, la moitié a moins, l’autre moitié davantage). Ainsi pour fixer les idées, le seuil de pauvreté pour une personne seule s’élève à 1.337 €/mois de revenu disponible et 2.087 €/mois pour couple avec 2 enfants de moins de 14 ans. Enfin, l’intensité de la pauvreté mesure l’écart relatif entre le revenu médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté (19,7% en 2024).
La définition de ce niveau de pauvreté reste certes contestable (pourquoi 60% ? pourquoi la référence à un salaire médian et non l’accessibilité à un panier de biens de première nécessité ? etc.), pour autant la permanence de cette définition permet des comparaisons temporelles et internationales. De cette manière, sous réserve de l’exclusion des DOM des statistiques, la France est dans la moyenne de l’Union européenne (mieux classée, la République tchèque avec moins de 10%, dernière, la Lituanie, 23%).
Le taux de pauvreté a connu le plus bas niveau en 2004 (12,4%) avant d’entamer une lente progression avec quelques embellies de courte durée pour aujourd’hui se fixer à 15%. A titre d’information, le taux de pauvreté s’élevait à 18% en 1970.
Sans surprise, la pauvreté frappe les chômeurs (taux de pauvreté = 36%) et les immigrés (33%) en particulier ceux issus de l’Afrique (40%). Les familles monoparentales (82% de femmes cheffe de famille) sont pour un tiers sous le seuil de pauvreté.
Enfin, parmi les actifs, si le taux de pauvreté des salariés est de 7%, il grimpe à 18,4% chez les indépendants, parmi lesquels bon nombre de travailleurs « ubérisés » (environ 600.000). Chez les « inactifs », 10% des retraités sont pauvres (apparemment, cela semble trop peu pour les gouvernements successifs, puisque c’est bien connu, les retraités sont plus riches que les salariés…). Mention doit être faite pour les autres « inactifs », dont les étudiants, d’un taux de pauvreté de près de 38%. La précarisation, tant dénoncée de la population étudiante, est une dure réalité.
Finalement, 10 millions de personnes vivent dans notre pays (hors DOM) sous le seuil de pauvreté, nombre considérable, jamais atteint depuis le milieu des années 90. Il faut rapprocher cette situation dégradée du débat budgétaire durant lequel nous avons vu les patrons exiger le maintien des exonérations de toutes sortes, les grandes fortunes menacer de se fixer ailleurs et les commentateurs se peiner des lourdes taxes pesant sur les « classes moyennes » (en fait les catégories socio-professionnelles supérieures).
La tendance au maintien d'une fraction importante de la population est souvent classée sous le registre des inégalités. Ce terme est cependant insuffisant. Il laisse à penser que la richesse de la société a d'abord été créée quelque part, puis distribuée inégalement par hasard. Nous partons d'une autre analyse: comment la richesse est-elle produite et qui a le pouvoir de se l'approprier ? Rappel : la classe ouvrière produit les biens et services de la société. Elle gère les usines, les transports, la santé, le commerce, la technologie et l'administration. Mais les moyens de production quant à eux appartiennent à la classe capitaliste qui, par cette propriété, s'approprie le fruit du travail des salariés. La concentration croissante des richesses n'est donc pas un accident survenu après la production. Elle découle des rapports capitalistes eux-mêmes. Par conséquent, la concentration des richesses ne peut être résolue simplement en demandant aux plus riches d'être plus généreux. La classe ouvrière doit s'attaquer aux rapports de propriété eux-mêmes. Tant qu'une minorité possédera les moyens de production, la richesse continuera de s'accumuler entre les mains d'une seule classe.
 
Défaillances d'entreprises
Selon les données collectées par le Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ), rapporté par le Journal Les Echos du 10 juillet, 36.636 procédures collectives (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires) ont été enregistrées au premier semestre, soit une hausse de 4,1 % par rapport aux six premiers mois de l'année dernière (35.195). L'accélération se poursuit, après la hausse de 3,8 % des défaillances enregistrée entre les premiers semestres 2024 et 2025. Plus de 106.000 emplois sont aujourd'hui menacés.
Tous les secteurs d’activités sont concernés.
 
Le capitalisme casino se porte bien aussi
Le classement des grandes places financières fait paraître l’écart colossal entre les bourses états-uniennes et celles du reste du monde. C’est bien simple : en termes de capitalisation boursière (nombres d’action x cours de bourse), le New York Stock Exchange et le National Association of Securities Dealers Automated Quotations (Nasdaq – cotations automatisées) concentrent plus de la moitié du total mondial (60 000 milliards de $ - seulement 11 000 milliards de $ sur les bourses chinoises).
Certains pourraient en déduire que la puissance des États-Unis demeure. De fait, avec le quasi-monopole mondial du secteur numérique et les nouvelles perspectives « fabuleuses » de l’Intelligence Artificielle, les États-Unis restent une super-puissance, au moins financière, avec un magnétisme tout particulier pour drainer l’épargne mondiale.
Mais dans la finance, la valeur est une affaire de croyance partagée. D’évidence, la montée des cours des entreprises desdites nouvelles technologies participent à ce gonflement des valeurs traitées aux États-Unis car beaucoup croient à la capacité de ces secteurs de produire de la plus-value. Et la plupart du temps, le cours de l’action monte fortement avant même la réalisation de ce vœu, mais c’est déjà une bonne affaire pour ceux qui ont acheté bas, il suffit qu’ils revendent au moment où le rêve se fait moins rose. Bref, avec ou sans haute technologie, le bon vieux boursicotage  se pratiquait déjà au XVIIéme siècle pour les tulipes des Pays-Bas.
Ensuite, les fonds internationaux préfèrent aussi les États-Unis car ce pays a développé (ou même sur-développé) une industrie financière absolument ahurissante (le PIB des États-Unis fondrait sans cette industrie) comme l’attestent en creux les crises générées par les génies de ce secteur, inventeurs de tout un tas de produits financiers dérivés.
La prépondérance des places financières états-uniennes ne repose certes pas seulement sur du vent. Mais en partie quand même. Le grand rêve américain, le cauchemar du reste du monde  voit des parts non négligeables de ses créations de valeur d’échange se fondre dans ce grand magma boursier nord-américain. Décidément, le capital n’a pas de patrie.
 
OTAN et industrie d'armement
L'otan garantit à ses États membres une aide afin d'acquérir l'armement dont ils ont besoin. Jusqu' ici beaucoup de contrats d'armement étaient détenus par des entreprises américaines. Mais les USA ne montrant plus  le même engagement qu'avant et destinant leur industrie à regarnir leur propre stock, l'Europe doit trouver de nouveaux fournisseurs et augmenter ses investissements dans le secteur.  
Lors du forum de l'industrie de l'armement tenu juste avant le sommet  de l'OTAN à Ankara, Mark Rutte (secrétaire général de l’alliance) a annoncé plusieurs dizaines de  milliards de dollars d'investissement. Par exemple, dans l’aviation, le suedois Saab et le français Airbus décrochent des contrats qui concernaient Boeing jusque-là. De son côté, la Turquie s’impose comme un partenaire commercial important, fournissant armes, munitions, véhicules blindés et drones à plusieurs pays européens (Pologne, Roumanie, Italie, Portugal...).
Ces nouveaux investissements reposent sur une augmentation de la part du PIB de chaque Etat consacré à l'armement : 2,31 % en 2025, 2,51 % en 2026 (et devrait bientôt frôler les 4 % en incluant les dépenses connexes) pour l'Europe et le Canada.
 
Hôpital public : l'austérité et ses conséquences économiques
Les hôpitaux ne peuvent plus payer leurs fournisseurs privés. Un nombre important d’entreprises se fendent de terme comme « véritable scandale » pour décrire les impayés des hôpitaux publics pouvant atteindre presque deux ans et qui semble s’être multiplié dans les cinq dernières années. Le Medef s’en est plaint dans une lettre au premier ministre en avril et a demandé une enquête à la Cour des Comptes sur les pratiques de paiement des acheteurs publics.
Selon le cabinet Altares9 en mai dans les hôpitaux les retards de paiements étaient de 25 jours au-delà des 50 jours légaux. Ces retards sont liés majoritairement et de l’avis général, à des difficultés financières généralisées, en effet pour les hôpitaux publics en 2025 le déficit total était de 2,7 milliards d’euros. Le gouvernement a fait part de sa prise de conscience du problème, promettant une « action choc » évitant aux fournisseurs de se détourner des hôpitaux. Malgré cette promesse rien n’a encore été fait du côté du gouvernement, Patricia Charrier-Izel à la tête de la Fédération des entreprises de propreté, hygiène et services décrit la situation comme « au point mort ».
Les entreprises privées se plaignent aussi de ce qu’elles considèrent comme une « double peine » : devoir fournir des services et payer des salaires sans savoir si elles vont obtenir un paiement. Récemment les organisations patronales ont donc demandé un « rétablissement de l’équité » celui-ci permettrait aux entreprises de « résilier un marché public en cas d’impayés » ceci pourrait fragiliser d’autant plus les hôpitaux dans la situation présente.
 
France : 6 milliards d’économies, les coups portés sont concrets
Le gouvernement a engagé une réduction des dépenses publiques de 6 milliards d'euros pour l'exercice 2026 avec la compicité du PS et du RN : les administrations et les subventions dans la ligne de mire.
Selon Les Echos, la démarche prévoit un passage au crible systématique de plusieurs familles de dépenses pouvant être réduites, voire supprimées purement et simplement. Non sans rire, le gouvernement dit assurer la préservation de la qualité des services publics malgré la compression des coûts. Le budget militaire, quant à lui est en hausse constante depuis plusieurs années, il sera épargné par les coupes, ce qui concentre logiquement la pression sur les autres ministères. Voici quelques secteurs visés:
 
La DGFiP restructure son réseau territorial
En 2019, le gouvernement avait lancé le projet intitulé “Géographie revisitée”, consistant en une réorganisation du réseau de la DGFiP (direction générale des finances publiques). La moitié des implantations territoriales avaient été supprimées. Une nouvelle carte des implantations territoriales avait alors été dessinée, dans un souci de rationalisation et au nom d’un « renforcement de la proximité des services publics ». En 2026, la direction générale des finances publiques (DGFiP) s'apprête à réorganiser sa présence sur le territoire, à travers un plan “Adaptation du réseau territorial 2027-2030”. Le projet prévoit la fermeture de pas moins de 330 implantations en trois ans, dont plus de 130 dès 2027.
 
Menaces sur les subventions attribuées par l’État aux 28 théâtres, opéras et institutions culturelles
28  établissements culturels français sont menacés par un gel d’une partie des subventions accordées par l’État. Parmi eux, la Comédie de Caen centre national dramatique de Normandie, est touchée et craint une issue dramatique.
La Comédie de Caen bénéficie d’une subvention de près d’1,9 million d’euros de l’État, pour un budget global d’environ 5 millions d’euros. Les 28 théâtres, opéras et institutions culturelles sur l’ensemble du territoire national se trouvent dans une situation d’incertitude sans précédent. A ce jour, les subventions de l’État pour l’année en cours ont été versées partiellement, sans aucune garantie quant au versement du solde. Le gouvernement a décidé de geler 13 % des sommes attendues, ceci représente une somme de près de 250 000 €. Une catastrophe pour les organisateurs, les programmations sont établies, les contrats avec les artistes signés et beaucoup de dépenses déjà engagées. Si cela se confirme, les établissements seront en situation de cessation de paiements à l’automne.
 
Les CFA menacés par les coupes en milieu d’année
La baisse du financement des CFA (Centres de formation d'appentis) annoncée en milieu d’année. « L’enveloppe est passée de 40 à 5 millions d’euros ».
 
Les agents des routes dénoncent une sécurité au rabais
Pour limiter les risques, le Plan de prévention ministérielle renforcée (PPMR) prévoit d’envoyer moins d’agents en action sur la bande d’arrêt d’urgence. En réduisant le nombre d’interventions cela accroît le danger pour les usagers de la route. Mobilisés depuis le 6 juillet, les agents de la Direction interdépartementale des routes Centre-Est (Dirce) ont cessé le travail. Ils s’opposent à cet arrêté ministériel réduisant leurs interventions sur la bande d’arrêt d’urgence et réclament la reconnaissance de la dangerosité de leur profession et plus de personnel. Une réduction des effectifs : « De 40 à 38, alors qu’on était 48 il y a encore peu ». Des revendications restent lettre morte : « Nous ne sommes pas reconnus comme exerçant un métier à risque, pourtant l’on intervient les premiers sur la chaussée ».
 
Défaillances d'entreprises : la crise s'enracine
Les données exclusives du Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ), publiées par Les Échos, confirment l’enracinement de la crise au premier semestre 2026. Durant cette période, 36 636 procédures collectives (sauvegardes, redressements et liquidations) ont été comptabilisées, soit une augmentation de 4,1 % par rapport aux six premiers mois de 2025. Par rapport au premier semestre 2019, l'accélération atteint un bond de 36,8 %, menaçant directement plus de 106 000 emplois.
Fin mai 2026, la Banque de France recensait 70 077 défaillances cumulées sur douze mois. La projection pour l'ensemble de l'année s'établit désormais au voisinage des 70 000 sinistres économiques, ancrant durablement les entreprises françaises au-delà des niveaux records de la récession de 2008-2009. Sur douze mois, 70 010 PME ont fait l'objet d'une défaillance, en hausse de 4,3 % par rapport à mai 2025. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises enregistrent, quant à elles, 67 défaillances, soit une progression de 15,5 % sur un an. a hausse la plus importante concerne l'agriculture, la sylviculture et la pêche (+19,6 % sur un an, à 1 792 défaillances). En avril, ce secteur faisait déjà partie des branches les plus affectées avec une progression de 17,2 % (1740 entreprises).
 
International ; Solidarité internationaliste

Airbus Espagne : les salariés en grève depuis le 1er juillet

La seule langue internationale permettant de lutter contre le capital : la lutte de classe

Les salariés ont entamé des mouvements de grève appelés à durer jusqu’à la fin juillet pour des augmentations de salaire -le pouvoir d’achat à baissé de 12% depuis 7 ans, contre la réduction du télétravail, passant de deux jours par semaine à un ; contre le nouveau système d’attribution des périodes fériées manquant de flexibilité ; les congés sont imposés en août ; la mise en œuvre de l’« Indice de Bradford », méthode permettant d’évaluer les niveaux d’absentéisme au travail ; les conditions de travail : les arrêts maladie ne sont plus intégralement payés, l’accès à la cantine a été interdit aux ouvriers.

Les grèves sont parties à l’initiative des travailleurs. En juin, des salariés du site de Getafe, près de Madrid10, ont créé un groupe Telegram qui en moins d’un mois est passé d’une centaine de membres à plus de 3.000. Telegram a interpelé les syndicats du site et réclamé l’organisation d’une assemblée participative afin de peser sur les négociations salariales. Seul le syndicat SIPA (Syndicat Indépendant des Professionnels de l’Aviation) après avoir consulté ses adhérents a lancé avec les salariés de Getafe un appel à la grève pour le 1er juillet, Les délégués ont rencontré le PDG d’Airbus le 8 juillet sans aucune avancée.

L’appel s’est rapidement étendu à tous les sites du groupe, qui après des assemblées générales ont décidé de rejoindre la grève et de la poursuivre tout le mois de juillet et de la reprendre en septembre si aucune négociation n’aboutit. Ce mouvement de grève illustre le rôle de premier plan acquis par les travailleurs dans l’organisation des grèves et dans la lutte contre le patronat.

L’UGT11, La CGT, CSIF et ATP se sont ralliés aux mouvements. Une manifestation nationale, réunissant tous les sites, est prévue le 27 juillet.

Les Comisiones Obreras (CCOO) – le plus grand syndicat parmi les travailleurs d’Airbus Espagne et l’une des parties ayant négocié le cadre des relations de travail actuellement en place – a rejeté les appels à la participation. Elle a suggéré qu’elle pourrait lancer sa propre action pour une durée indéterminée, après le 7 octobre.

Les grèves ont un impact direct sur les objectifs de livraison d’Airbus.

La grève à Getafe qu’Airbus qualifie comme étant le troisième plus grand site au monde et la plus grande usine du groupe. Getafe fabrique des Eurofighters, produisent des satellites, et des composants pour les avions A320 et A350. Pour ce qui est des livraisons à court terme, les travailleurs ont indiqué que l’usine fait également face à des difficultés. Cela signifie que ces grèves peuvent ralentir l’achèvement des travaux liés aux transferts de responsabilités, les inspections d'aéronefs, les contrôles d'ingénierie et d'autres tâches nécessaires aux livraisons ne peuvent pas être effectués normalement. Si les grèves touchent l’ensemble du groupe en Espagne, l’objectif d’Airbus visant la livraison de 870 avions commerciaux en 2026 devient beaucoup plus difficile à atteindre. Comment la CCOO va développer ses arguments afin de convaincre les travailleurs que seul le dialogue social et non la grève répondra aux exigences, aux revendications des travailleurs. En Espagne comme en France les syndicats pro patronaux d’Airbus ont montré leur vrai visage de soutien sans faille aux PDG d’Airbus depuis près de 60 ans. Ça comptera dans les mobilisations.

Les mobilisations à Airbus, en France et en Espagne ont montré que la grève spontanée était possible à Airbus, la lutte de classe a refait surface dans un groupe industriel géant de l’aéronautique. Les sites d’Airbus à l’initiatives des grèves ont une longue traditions de luttes : à Cadix plusieurs générations ont mené des luttes dans le secteur de la métallurgie et ont rappelé qu’à Airbus comme ailleurs, le dialogue social est une illusion, seul le rapport de force pourra faire plier les patrons.

En Espagne ces grèves sont l’occasion d’un rapprochement entre les travailleurs des bureaux, des techniciens, des ouvriers, mais aussi une mobilisation et une action commune avec les sous-traitants des filiales et les intérimaires, les revendications prenant l’intégralité de leurs exigences.

La seule langue internationale qui permet de lutter contre le capital : la lutte de classe

En grève de la faim, le militant sahraoui Naâma Asfari, incarcéré depuis 2010 au Maroc, dénonce une détention arbitraire

La coordination sahraouie des droits de l’homme a lancé une pétition internationale appelant les Nations Unies, les organisations de défense des droits de l’homme et les dirigeants mondiaux à intervenir d’urgence pour sauver la vie du prisonnier politique sahraoui et militant des droits de l’homme Naâma Asfari, en grève de la faim depuis plusieurs mois dans une prison marocaine12.

La pétition demande à la communauté internationale – et notamment aux organes des droits de l’homme de l’ONU et au Secrétaire général des Nations Unies, d'intervenir en toute "urgence" pour sauver la vie du militant sahraoui de 56 ans en état de santé critique en raison de sa grève de la faim illimitée entamée le 8 juin 2026.

Naama Asfari est emprisonné depuis plus de 15 ans pour avoir défendu pacifiquement le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Il croupit dans une cellule individuelle à la prison de Kénitra, loin de sa famille, et privé des soins médicaux urgents dont il a besoin. 

Son épouse, la militante française Claude Mangin, privée de lui rendre visite depuis huit ans.

Le Mécanisme de coordination des droits de l'homme affirme qu'Asfari a été condamné à 30 ans de prison à l'issue d'un procès simulacre, fondé sur des aveux obtenus sous la torture. Les organes des Nations Unies, rappelle-t-il, ont demandé sa libération immédiate et déplore que le Maroc continue d'ignorer ces recommandations.

La pétition demande la libération immédiate et inconditionnelle de Naâma Asfari et de tous les prisonniers politiques sahraouis, ainsi que la mise en œuvre de l'avis n° 23/2023 du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire. 

Elle exhorte également à fournir des soins médicaux d'urgence, à garantir un accès humanitaire immédiat au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la famille d'Asfari, à mettre fin aux représailles contre les proches des prisonniers, à garantir un accès sans restriction du CICR à tous les prisonniers sahraouis, à exiger une visite urgente du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et à garantir un accès sans restriction du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme aux prisonniers politiques sahraouis.

Une copie de cette pétition a été adressée au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, au Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, au Président français, Emmanuel Macron, et à la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. (SPS)

Les employés de First Battery en Afrique du Sud se sont mis en grève le 6 juillet suite à la décision de l'entreprise de licencier 165 personnes

First Battery fabrique des batteries au plomb pour le secteur automobile et appartient au groupe Metair, coté à la Bourse de Johannesburg. Le syndicat NUMSA représente les employés des usines de Benoni, East London, Le Cap et Durban. Selon NUMSA, First Battery a perdu d'importants contrats avec des constructeurs automobiles sud-africains et ne fournit plus, entre autres, BMW, Mercedes-Benz, Ford et Toyota. Le syndicat estime qu'au lieu d'investir dans la production locale et de reconquérir ces marchés, l'entreprise a choisi d'importer des batteries d'Allemagne pour BMW. Ce choix fait peser le coût des erreurs stratégiques de l'entreprise sur les employés, sous forme de licenciements. Ce conflit dépasse donc le cadre d'un simple lieu de travail. Il affecte l'ensemble des relations entre l'industrie automobile sud-africaine, les sous-traitants et l'avenir industriel du pays. Les batteries sont un composant essentiel à la production automobile. Si la production et l'approvisionnement sont remplacés par des importations, la chaîne industrielle locale et la situation des travailleurs s'en trouvent fragilisées. NUMSA établit un lien avec le Plan directeur automobile sud-africain 2035, visant à porter la part de contenu local dans l'industrie automobile à 60 %. Si les sous-traitants ferment leurs portes ou remplacent la production locale par des importations, ces objectifs deviennent vains. First Battery a proposé aux employés licenciés une indemnité de départ de 10 000 rands13, tandis que NUMSA en réclame 200 000. Cet écart illustre la valeur accordée par l’employeurs à la vie des travailleurs après des années de labeur. Pour un travailleur sud-africain, le chômage est très élevé et la perte d'un emploi affecte souvent des familles entières, un licenciement n'est pas un simple événement isolé. Il peut engendrer une pauvreté durable, un endettement et une crise de subsistance pour toute une famille.

Maroc : manifestations contre le gel des salaires et des pensions

des milliers de travailleurs ont participé à des manifestations syndicales au Maroc. La Confédération démocratique du travail (CDT) s'est mobilisée contre la baisse du pouvoir d'achat, le gel des salaires et des pensions, et les restrictions imposées aux droits syndicaux. Une grande marche nationale a eu lieu à Casablanca le 28 juin, faisant suite à des manifestations régionales en mai. Le syndicat a également annoncé une nouvelle manifestation nationale à Casablanca le 12 juillet.

Pakistan : succès des postiers

Les postiers pakistanais ont remporté une victoire majeure après que la direction de Pakistan Post a renoncé à un projet de restructuration prévoyant une réduction de 30 % de ses effectifs. Pour une entreprise d'environ 30 000 employés, cette proposition aurait pu entraîner des milliers de suppressions d'emplois. Cette victoire fait suite à la mobilisation de la Fédération des travailleurs postaux du Pakistan (PPWF), s’opposant aux coupes budgétaires par le biais d'objections formelles, de discussions avec la direction et de manifestations pacifiques devant le siège du directeur général. Sous la pression des travailleurs et après des négociations, la direction a accepté de retirer son projet et d'en suspendre la mise en œuvre.

Boston : lock-out pour les infirmières

Environ 4 000 infirmières du Brigham and Women’s Hospital de Boston se sont retrouvées bloquées à l’extérieur de leur lieu de travail après une grève de 24 heures. Jeudi matin, elles ont manifesté devant l’entrée de l’hôpital, exigeant de pouvoir reprendre leur poste auprès des patients, mais les portes sont restées closes. Le conflit porte notamment sur les salaires et les conditions de travail. Les infirmières avaient prévu une grève d’une journée. L’employeur, Mass General Brigham, a réagi en embauchant environ 1 300 infirmières remplaçantes pour cinq jours, bloquant ainsi le personnel permanent pendant quatre jours supplémentaires.

Les employés syndiqués des divisions grand public de Samsung Electronics manifestent le 16 juillet

La raison de cette grève ? Des écarts considérables de primes entre les différentes divisions du groupe. Le syndicat représente environ 28 000 travailleurs exerçant notamment dans la fabrication de smartphones, de téléviseurs et d'électronique grand public. Selon certaines sources, les employés hors du secteur des semi-conducteurs peuvent percevoir des primes d'environ six millions de wons, tandis que certains employés de cette division très lucrative ont reçu des rémunérations bien supérieures. Le problème réside dans un système salarial liant le revenu des travailleurs à la division à laquelle ils sont rattachés et au niveau de profit généré par cette division. Les travailleurs sont ainsi mis en concurrence, alors même que la production de l'ensemble de l'entreprise est interconnectée. Samsung n'est pas un ensemble d'entités isolées. La fabrication de smartphones nécessite des semi-conducteurs. La production de puces requiert des machines, de la logistique, de la recherche et des fonctions administratives. La marque, l'organisation commerciale et la position mondiale du groupe ont été bâties par des générations de travailleurs dans de nombreux secteurs d'activité. Pourtant, le collectif de travailleurs est fragmenté par les systèmes de primes. On annonce à un travailleur que sa division est en difficulté et ne pouvant donc pas le payer. L'autre reçoit une prime plus importante, ceci est présenté comme la preuve que le système récompense la performance. De ce fait, les regards se tournent vers les collègues d'autres divisions et non vers la direction et les actionnaires. Le capital a toujours eu intérêt à diviser la classe ouvrière : employés permanents contre intérimaires, diplômés contre moins diplômés, travailleurs autochtones contre travailleurs migrants, et désormais aussi les travailleurs des divisions « performantes » contre ceux des divisions « en difficulté ». La réponse syndicale doit être tout autre : transparence, revendications communes et solidarité entre les différents collectifs de travailleurs du groupe. Ce n'est pas l'ouvrier fabriquant des semi-conducteurs qui est l'ennemi de ceux qui fabriquent des téléphones ou des téléviseurs. Le conflit oppose la classe travaillant à celle décidant de la production et de la distribution des résultats. Le conflit autour des bonus chez Samsung illustre pourquoi les systèmes de rémunération ne sont jamais neutres. Ils peuvent servir à créer un sentiment d'appartenance et une sécurité collective, ou au contraire, à individualiser et à diviser. La force des travailleurs ne réside pas dans le fait d'exiger une baisse des salaires de leurs collègues. Elle réside dans leur capacité à s'organiser collectivement afin que tous ceux contribuant à la richesse de Samsung en reçoivent une part plus importante et aient davantage d'influence sur sa distribution.

Roumanie : grève dans le secteur de la santé

SANITAS, le plus grand syndicat roumain du secteur de la santé et des services sociaux, a annoncé une grève importante fin juillet. Un préavis de deux heures est prévu le 20 juillet, suivi d'un arrêt total du travail dans les hôpitaux et les établissements de santé le 28 juillet. Le syndicat, représentant environ 100 000 professionnels de la santé et du secteur social, précise que seuls les soins d'urgence seront assurés en cas de grève.

Île Maurice : des milliers de manifestants dans les rues de Port-Louis contre la réforme des retraites

Privés, public et retraités ont uni leurs voix pour dénoncer le projet de loi gouvernemental. Des milliers de Mauriciens avaient fait le déplacement. Tous les syndicats fustigent le recul de l'âge de départ à la retraite. La prétendue possibilité d'arrêter à 60 ans est très hypothétique pour les plus pauvres. Le précédent système tenait compte du salaire, des cotisations sociales, de l’âge et ouvrait le droit à une retraite à partir de 60 ans. Aujourd'hui, vous pouvez toujours partir à 60 ans, mais cette pension est dégrevée de -0,5 % par mois jusqu'à vos 65 ans. En clair, si vous travaillez à l'île Maurice et vous souhaitez toucher une pension pleine, vous ne pouvez pas cesser de travailler avant d'avoir 65 ans. 

Les différentes organisations vont se réunir afin de décider des actions futures : "Si nécessaire, nous organiserons une grande mobilisation, voire une grève générale."

La Réunion : Grève chez Derichebourg-OI

Un mouvement de grève perturbe la collecte des déchets sur Saint-Pierre et Petite-Ile. Les salariés de l’entreprise Derichebourg-OI se battent : augmentation de leur salaire, attribution de primes et revendiquent le " respect des travailleurs ". Les spécificités de La Réunion sont à prendre en compte, les négociations ne peuvent pas se faire sur une base nationale, mais bien en tenant compte de la réalité du département, à savoir la vie chère avec un indice des prix très élevés. Tout arrive par bateaux et les prix sont multipliés par 3, par 4.

Le soutien de la Fédération Syndicale Mondiale à Cuba

Touchez pas à Cuba ! Cuba n’est pas seule ! https://www.wftucentral.org/semaine-de-solidarite-de-la-fsm-avec-cuba/?lang=fr

1 https://fse-national.fr/?p=2160
2 SYNDICAT DU PERSONNEL DE LA PRODUCTION ET DU TRANSPORT D'ENERGIE DE LA REGION PARISIENNE, FNME - CGT
3 https://www.polytechnique.edu/presse/communiques-et-dossiers-de-presse/lecole-polytechnique-annonce-la-creation-de-linstitut-de-mathematiques-et-des-sciences-fondamentales
4 https://www.lemonde.fr/education/article/2026/06/26/bernard-arnault-finance-un-nouvel-institut-de-mathematiques-a-polytechnique-avec-un-don-de-50-millions-d-euros_6715503_1473685.html
5 https://www.forbes.com/profile/bernard-arnault/
6 https://www.paradisfj.info/-BERNARD-ARNAULT-.html
7 https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/index.htm
8 https://www.insee.fr/fr/statistiques/5759045
9 https://www.esteval.fr/article.38295.etude-altares-conjoncture-les-retards-de-paiement-au-plus-haut-depuis-la-fin-du-covid
10. Site qui emploie 9.000 des 14.000 salariés d’Airbus Espagne
11. L’un des deux principaux syndicats intersectoriels espagnols à l’échelle nationale.
 
12 https://www.spsrasd.info/fr/2026/07/12/16665.html
13 1 rand = 0,053 euro
 
Brochure : " Réindustrialisation : un combat de classe vital pour le changement de société "
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