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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 106 du 23 janvier 2023

N° 805 23/01/2023 RETRAITES : La grève reconductible se prépare dans l’énergie, l’éducation, le rail et les raffineries !
Après la chimie, la fédération CGT de l’énergie propose elle aussi un plan de bataille.

Avec un appel à la grève reconductible dès le 19 janvier. Une volonté de se positionner comme un secteur moteur dans le conflit à venir.
Un « plan de bataille », voilà ce qui est proposé par la Fédération nationale des Mines et Énergie (FNME) de la CGT. Ce dernier se décline en plusieurs points… et le premier donne le ton : la grève reconductible dès le 19 janvier et jusqu’au retrait de la réforme des retraites.
« Dès le premier jour de grève interprofessionnelle, les salariés vont monter des piquets dans les entreprises de l’énergie et poser la question de la grève reconductible », détaille le secrétaire fédéral de la FNME. Pour illustrer la fermeté de son appel, la puissante fédération CGT ajoute à son plan la rupture du dialogue avec l’employeur, le filtrage des piquets, la reprise en main de l’outil de travail ou encore la participation aux « actions citoyennes », qui pourraient avoir lieu dans la période.
Les longues grèves dans l’énergie qui ont eu en 2022 peuvent-elles nuire à la mobilisation ? « Quand on fait grève pendant longtemps et qu’on perd, oui, c’est difficile de repartir. Mais quand on gagne 200 € d’augmentation, comme ça a été le cas cette année, cela donne au contraire confiance ».
Les secteurs moteurs de la grève entrent en scène :
Quelques jours plus tôt, les syndicats CGT du pétrole (dont ceux des raffineries) avaient déjà présenté leur plan de bataille, appelant à augmenter progressivement la durée de la grève avec 48 h de grève le 26 janvier et 72 h le 6 février, assortis d’une proposition d’entrée en grève reconductible. L’appel de la FNME est à replacer dans ce cadre. « Nous nous réunissons actuellement avec les fédérations CGT des Ports et docks, de la chimie à la RATP, avec les cheminots, pour voir quel plan de bataille nous pouvons mettre en place. Les dates proposées par les syndicats du pétrole pourraient être des dates fortes ».
La CGT Éduc’action dépose des préavis de grève pour chaque semaine et appelle à une semaine d’actions dès le 23 janvier dans l’Éducation et en interprofessionnelle. Elle appelle les personnels à se réunir en assemblées générales et à impulser les suites de la mobilisation en tournant dans les établissements, écoles et services. Elle soutient toutes les grèves et mobilisations locales décidées par les intersyndicales et les assemblées générales.
Enfin la CGT Éduc’action appelle à amplifier la grève et les manifestations le 31 janvier et à construire la reconduction dès le 31, si le gouvernement ne retire pas son projet de loi

AVANT LES RETRAITES: Les hôpitaux déjà en grève!
« Aujourd’hui, on compte les morts » : les alertes et les mobilisations des soignants se multiplient en cette rentrée de janvier. La CGT a appelé à la grève à partir du vendredi 13 jusqu’au 19 février. FO a annoncé une grève illimitée depuis mardi. De son côté, le collectif inter-hôpitaux annonce un « printemps de l’hôpital public ». Ces grèves vont s’articuler au calendrier de lutte contre la réforme des retraites.
« C’est du jamais vu », ne cesse de répéter Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (AMUF). « La situation est inédite », abonde à ses côtés Olivier Milleron, cardiologue, l’un des porte-paroles du collectif inter-hôpitaux réuni ce lundi. « Aujourd’hui en France, on compte les morts. Aujourd’hui en France, des enfants en besoin de réanimation ne sont pas pris en charge. Aujourd’hui en France, des personnes âgées stagnent sur les brancards ».
Après des années d’alerte des soignants, cette dégradation de la prise en charge des patients est-elle si « inédite » ?
Le diagnostic de l’hôpital public est largement connu et partagé : fermetures de lits et de services d’urgence, postes vacants, surmenage du personnel… Mais en cette rentrée de janvier, « avec la petite reprise du Covid, mélangé aux grippes et aux bronchiolites aiguës pour les enfants… La situation est au bout du bout. Il y a une convergence des difficultés, et les remontées de terrain sont les mêmes partout », décrit la responsable CGT santé action sociale.
Face à cette situation, les réactions des collectifs et syndicats se font, pour l’heure, en ordre dispersé. FO santé est en grève illimitée depuis ce mardi. De son côté, la CGT avait lancé un appel à la grève du vendredi 13 au 19 janvier. Quant au collectif inter-hôpitaux, il prépare un « printemps de l’hôpital public » à partir du mois de mars, avec une série d’actions et d’initiatives régionales. « C’est le début de beaucoup d’actions en province », promet Arnaud Chiche, médecin anesthésiste, du collectif Santé en danger, né autour du Ségur.
Recul de l’âge de la retraite : « une angoisse qui s’ajoute à l’épuisement » :
Cette série de mobilisations autour de la dégradation des soins et des conditions de travail s’articule avec la séquence de lutte autour des retraites.
Au niveau des branches santé, l’UNSA Santé et Sociaux a pour sa part déposé un préavis de grève du 10 janvier au 1er février « dans le cadre de la réforme des retraites ». Et ce, afin de permettre au personnel de la santé publique et privée de participer ou de se joindre aux mouvements et actions décidés à cette mobilisation, indique leur préavis.
Devoir travailler plus longtemps, « c’est une angoisse qui s’ajoute à l’épuisement des professionnels». Dans sa communication autour de la grève de mi-janvier, la CGT santé mentionne autant la nécessité de stopper l’hémorragie des fermetures de lits et des départs de soignants, que celle d’un « droit de départ à la retraite à 60 ans » avec « augmentation immédiate des retraites de 300 euros ».
Les signaux d’épuisement sont partout. Dans l’hôpital de Metz-Thionville, où exerçait auparavant l’actuel ministre de la Santé François Braun, 90 % des personnels soignants sont en arrêt maladie. Mêmes chiffres à Pontoise, dans le Val-d’Oise, quelques jours après. « On craint l’effet domino ». « Le travail rend malade dans les hôpitaux. Le taux d’incidence est de 40 %… Et on va leur expliquer qu’ils vont travailler plus longtemps ? » La séquence retraites qui s’ouvre est donc « la meilleure des batailles » à mener pour le personnel soignant.
« Une vraie incompréhension avec les pouvoirs publics » !
«Les normes internationales, c’est 8 patients par infirmière. En France, on est au double ». Emmanuel Macron a mentionné l’accélération du recrutement des assistants médicaux pour les médecins. Il faudrait recruter plus de 200.000 agents dans les secteurs sanitaire, social et médico-social.
Le président vise en outre une « remise à plat » de l’« hyper-rigidité » des 35 heures d’ici juin, et le renforcement des « l’autonomie des services ». « Nous souhaitons que ce ne soit pas une remise en cause des RTT des soignants », réagit Jean-François Cibien, président d’Action praticien hôpital. À l’heure actuelle, le temps de travail des agents hospitaliers est lissé sur des cycles de plusieurs semaines (12 au maximum). Il n’est donc pas annualisé, comme c’est le cas par exemple pour les agents territoriaux. Si le gouvernement déstructure le cadre actuel, « on pourra dire à un agent » : cette semaine tu fais 48h, 50h…
L’urgence d’agir pour les hôpitaux publics :
Les annonces gouvernementales ne comprennent aucune mesure concrète pour répondre à l’urgence. « On va mettre une décennie » pour apporter des changements « en profondeur », a admis le chef de l’État.
Or, « arrêter la fuite, c’est là l’urgence », alertent les organisations syndicales.

AIRBUS ATLANTIQUE à Saint-Nazaire : La grève s’installe dans la durée !
Des salariés d’Airbus Atlantique de Saint-Nazaire (ex-Stelia) sont en grève depuis début décembre à l’appel de la CFDT et de la CGT. Un débrayage a lieu chaque jeudi midi pour s’opposer à la remise en cause d’un accord d’entreprise nommé Reload. Entre 100 et 200 salariés cessent le travail.
« La direction souhaite faire reculer petit à petit nos acquis sociaux, en voulant, par exemple, annualiser le temps de travail », dénonce la CFDT.
De son côté, la CGT invite à des journées usine morte chaque vendredi. FO ne participe pas. Un nouvel appel est lancé, et la crise semble s’étendre. Les syndicats annoncent que les autres sites Airbus Atlantique (qui est une filiale d’Airbus depuis un an) de Montoir, Rochefort (Charente-Maritime) et Méaulte (Somme) rejoindront le mouvement ce jeudi.

GO SPORT : Placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble !
Le distributeur d'articles sportifs Groupe Go Sport a été déclaré jeudi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble, qui a constaté "son état de cessation de paiements". "Par un jugement solidement motivé, le tribunal a constaté l'état de cessation des paiements de la société Groupe Go Sport et a ouvert une procédure en redressement judiciaire", a annoncé le parquet de Grenoble dans un communiqué. "La société Go Sport France n'est pas déclarée en cessation de paiements, mais sa situation sera impactée par celle de sa société mère", précise la même source, alors que Go Sport Groupe fait par ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire pour "abus de bien social".
Go Sport emploie 2160 salariés !!!
Les 2160 salariés en France de Go Sports attendaient anxieusement la décision quelques semaines après la liquidation de la chaîne de prêt à porter Camaïeu, qui appartenait au même groupe (Hermione, People & Brands), branche distribution de la Financière immobilière bordelaise (FIB), un fonds d'investissement de l'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon.
Un membre du CSE central, craint que "le redressement judiciaire de Groupe Go Sport n'entraîne le redressement judiciaire de Go Sport France". Un représentant du syndicat majoritaire, la CGT, s'est lui inquiété du fait que "les magasins du réseau intégré vendent les produits issus de la centrale d'achat au siège du groupe". "Si ce dernier n'est plus en mesure de payer les fournisseurs, comment les magasins seront-ils approvisionnés ?", s'interroge-t-il.
Des "faits délictueux" !
Les représentants syndicaux et le comité social et économique central (CSEC) avaient questionné la santé financière du groupe, s'alarmant notamment sur une remontée de 36 millions d'euros de trésorerie de Go Sport vers sa maison-mère, le groupe HPB. Le parquet a décidé de lancer une enquête après que "les commissaires aux comptes ont transmis plusieurs révélations de faits délictueux". Cette enquête pourrait sans doute prouver que les salariés de l'entreprise Go sport, comme avant leurs collègues de Camaïeu, et peut-être demain Gap, ne pourraient être que les victimes de la gestion incompétente et malveillante de sa holding HPB. Aujourd'hui, c'est une première victoire car la justice pénale avance, ont déclaré les représentants du personnel dans un communiqué.
HPB a pour sa part affirmé que Go Sport n'est "pas en état de cessation de paiements" et devrait même renouer avec les bénéfices cette année après 17 ans de pertes. Dans sa décision, le tribunal de commerce de Grenoble a constaté que Groupe Go Sport se trouvait en cessation des paiements, citant le rapport du cabinet Eight Advisory & Associés établissant au 5 janvier un passif s'élevant à plus de 14 millions d'euros.
Une enseigne créée en 1978 :
Go Sport, fondé en 1978 et basé à Sassenage en banlieue de Grenoble, avait été repris par HPB fin 2021 pour un euro symbolique auprès de la maison-mère du groupe de distribution alimentaire Casino, la société Rallye, elle-même lourdement endettée. La chaîne de magasins de sport a bénéficié de deux prêts garantis par l'Etat, d'un montant de 55 millions d'euros, pour l'aider à surmonter ses difficultés au moment de la crise sanitaire.
L'enquête préliminaire en cours s'intéresse à deux "ponctions" suspectes : 18 millions d'euros, pour les salaires de Camaïeu, 36 millions d'euros pour financer l'achat du réseau de 21 magasins de vêtements Gap, racheté pour un euro par HPB, pour les intégrer à Go Sport. HPB a annoncé le 12 janvier l'acquisition de GAP France par Go Sport pour un montant de 38 millions.
Dans le Sud-Ouest, Go Sport est implanté à Toulouse Gramont, Roques-sur-Garonne, Agen, Albi ou Rodez.

MARELLI ARGENTAN FRANCE (Orne) :
Le Groupe MARELLI et son actionnaire KKR (fonds de pension Américain) ne souhaite pas s’engager sur la pérennité de l’usine MARELLI d’Argentan (Orne). Un ensemble de faits concordants nous ont alertés depuis quelques mois sur une stratégie de délocalisation de l’ensemble des productions de l’usine d’Argentan vers d’autres usines du Groupe, principalement vers le site MARELLI de Kechnec en Slovaquie. Ces faits pourraient entraîner, à très court terme, la fermeture de notre usine. Nous retranscrivons ci-dessous les principaux faits dissimulés aux membres du CSE et aux employés concernant le projet de délocalisation :
• Depuis juin 2022 un marché de pièces de rechanges pour un « prétendu » nouveau client nous a été présenté par la direction : une commande de 228 000 pièces couvrant 70% des références produites par l’usine a été engagée. Il faut noter que ces pièces ont été vendues, étonnamment au prix série et stockées sur une plate-forme par le groupe en Italie.
• L’ensemble des produits du site d’Argentan, et certains de leurs composants ont été référencés sur des plans officiels par nos collègues du Bureau d’Études de Bologne en Italie, permettant de dissimuler l’ensemble des actions en cours.
• Avec ces nouvelles références, des nouveaux outillages et des nouvelles lignes de productions ont été achetés par l’usine slovaque.
• Un agrandissement de 3.000 m2 de l’usine slovaque, destiné à accueillir ces nouvelles lignes de production, a été réalisé en 2022. L’ensemble de ces faits représentent des investissements et des blocages de trésorerie de plusieurs millions d’euros pour le Groupe MARELLI. Les explications données sur les principaux faits dissimulés ont été : Le nouveau marché des pièces de rechange est en fait un stock de sécurité.
- Les nouveaux outillages ont été lancés et investis uniquement pour une étude de faisabilité.
- Les nouvelles lignes de productions rentrent dans le cadre d’une étude de faisabilité mais ces lignes ont la possibilité de produire des produits spécifiques de Marelli Argentan.
- Les nouvelles lignes de productions (en cours de mise au point) seront livrées à notre usine sœur slovaque.
- L’agrandissement de l’usine slovaque est pour faire uniquement face à l’augmentation de volumes de produits spécifiques à cette usine.
Pour conclure, notre PDG ne comprend pas notre inquiétude. Il nous rappelle que notre usine a une charge de travail pour les mois à venir. Il insiste sur le fait qu’il ne puisse pas s’engager plus sur notre avenir à la vue du contexte économique et de la situation du marché automobile. Il souhaite donc que les salariés, malgré leurs inquiétudes sur leur avenir depuis fin novembre, continuent de produire comme nous l’avons fait en 2022. L’ensemble de ces explications n’a ni convaincu, ni rassuré les représentants du personnel. La réponse de la direction a été très claire et sans équivoque : « Je ne peux en aucun cas prendre ce type d’engagement ». Si comme nous le pensons, l’ensemble des faits concordants vise à transférer nos productions vers d’autres usines du Groupe MARELLI, le CSE aurait dû être consulté et informé, cela n’a pas été fait. Les méthodes du Groupe MARELLI et donc de son actionnaire KKR nous apparaissent comme étant répréhensibles devant la Loi. Nous avons donc engagé une action en justice qui sera présentée devant le juge du TGI d’Argentan prochainement. En conséquence, à la fin du CSE extraordinaire du 10/01/2023, il a été décidé d’un «appel à l'arrêt de travail» portant les revendications suivantes :
• Le transfert immédiat des lignes en cours d’industrialisation de MARELLI Kechnec vers MARELLI Argentan (Lignes TMS Mandragon et DBW Nanchino).
• L’engagement du groupe MARELLI sur le maintien des effectifs et la pérennité du site sur 2023/2024.
Cet « arrêt de travail» a été voté par l’ensemble du personnel du site d’Argentan à plus de 90%. De plus, nous profitons de cette communication pour lancer un appel à l’ensemble des Élus et des Représentants de l’État pour mettre tout en œuvre afin d’éviter une énième désindustrialisation sur le bassin d’emploi d’Argentan. Nous nous interrogeons aussi sur le futur des autres sites MARELLI en France. Les objectifs de l’ensemble du personnel, membres du CODIR, cadres, techniciens, ouvriers et les membres des représentations syndicales sont simples :
• Assurer un avenir aux 186 familles et aux emplois indirects de notre site.
• Continuer d’offrir à nos jeunes et au bassin d’emplois d’Argentan des métiers industriels passionnants tournés vers l’export.

EISMANN A ROUEN (Seine-Maritime) : Fermeture après la liquidation de Place du marché (ex-Toupargel) !
Une trentaine d’employés travaillaient sur le site de Saint-Jean-du-Cardonnay, siège social d’Eismann. La société de vente de surgelés va fermer après la liquidation judiciaire de Place du Marché (ex-Toupargel) prononcée vendredi 13 janvier 2023.
Le couperet est tombé un vendredi 13 janvier 2023. Le siège social de Eismann installé à Saint-Jean-du-Cardonnay depuis 2017 qui employait une trentaine de personnes, personnel administratif mais également vendeurs (surgelés), va fermer définitivement après la liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de Lyon de la société de livraison à domicile de produits alimentaires Place du Marché et ses sociétés sœurs Eismann et Touparlog. Entraînant la suppression de 1900 emplois en France, cette liquidation est l’un des plus importants plans sociaux de ces derniers mois.

LE MARCHE AUTOMOBILE EUROPEEN A REPLONGE A SON NIVEAU DE 1993 !
Le marché européen affiche une baisse de 4,6 % sur l'ensemble de l'année 2022. Ce, en dépit d'un rebond en fin d'année.
L'amélioration sensible depuis l'été et notamment le rebond de 12,8 % du mois de décembre n'auront pas suffi à sauver l'année. Sur l'ensemble de 2022, le marché automobile sur le vieux continent s'affiche dans le rouge.
Selon les chiffres publiés par l'association des constructeurs européens (ACEA) dans son ensemble, le marché a reculé de 4,6 %. 9,3 millions de véhicules neufs ont été vendus, soit à peine plus qu'en 1993 (9,2 millions), qui reste dans la mémoire des constructeurs comme une année noire.
En 2022, parmi les grands marchés, seule l'Allemagne sort son épingle du jeu grâce à une envolée de près de 38 % des ventes sur le seul mois de décembre. Sur l'ensemble de l'année, le marché outre-Rhin affiche une hausse limitée de 1,1 %.
Mais c'est l'exception qui confirme la règle. Tous les autres marchés européens sont dans le rouge : la France a reculé sur l'année de 7,8 %, l'Italie de 9,7 %, l'Espagne de 5,4 %, la Pologne de 6 %, les Pays-Bas de 3,2 %, et la Belgique de 4,4 %.
Stellantis à la peine, résistance de Renault :
Par marque, le leader du marché européen, le groupe Volkswagen, s'en sort avec une bonne fin d'année et 2,3 millions de véhicules écoulés en 2022, pour une part de marché stable de 25,1 %. Le groupe a privilégié ses marques premium Audi et Porsche, qui affichent de bonnes ventes, au détriment de ses marques généralistes comme Skoda et Seat.
Après avoir bien résisté en 2021, le numéro deux, Stellantis, accuse un fort recul de 14,1 % et voit sa part de marché baisser pour atteindre 19,7 %.
Jeep, Citroën et Fiat sont parmi les marques ayant connu le plus fort ralentissement. Le groupe Renault, lui, résiste un peu mieux bien et ne recule « que » de 4,3 % et conserve une part de marché de 10,6 %. La contre-performance de la marque Renault est contrebalancée par les bonnes performances de sa marque économique Dacia.
Le groupe coréen Hyundai-Kia, mieux protégé des pénuries, affiche une belle année (+2,6 %), avec une part de marché en hausse à 9,2 %. Toyota bondit pour la deuxième année consécutive (+7,7 %, 6,3 % de part de marché) avec ses voitures hybrides. Enfin, BMW-Mini recule de 5,1 %, tandis que Mercedes est reste stable sur l'année.

SANOFI : Grève en fin d’année, licenciements en janvier !!!
Après un conflit long et inédit portant sur les salaires en novembre et décembre dernier, la direction du groupe pharmaceutique engage des procédures de licenciement contre des syndicalistes. Ainsi, un salarié du site de Montpellier s’est vu signifier son licenciement, explique la CGT Sanofi qui dénonce « une basse vengeance », alors que deux élus CGT au Trait (Seine-Maritime) ont été informés mardi 17 janvier qu’une procédure de licenciement était engagée à leur encontre. Le 24 janvier, un CSE extraordinaire statuera sur leur sort.
En dernier lieu, l’inspection du travail devra se prononcer sur la légalité des licenciements.

DU JAMAIS VU : Grève au quai d'Orsay contre la réforme des retraites !
Grève inédite au Quai d'Orsay le 19 janvier contre la réforme des retraites.
L'intersyndicale du ministère français des Affaires étrangères a annoncé avoir déposé un préavis de grève pour la grande journée de mobilisation voulue par les syndicats le 19 janvier afin de contester le projet de réforme des retraites.
Un préavis de grève a été déposé auprès du ministère des Affaires étrangères pour rejoindre le mouvement national du 19 janvier contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, a annoncé le 12 janvier l'intersyndicale, soulignant qu'il s'agissait d'une «première». «Le préavis a été déposé mercredi 11 janvier. C'est la première fois qu'une très large intersyndicale du Quai rejoint un mot d'ordre national», a-t-elle indiqué.
L'intersyndicale comprend la CGT, la CFTC, la FSU, Solidaires, un syndicat Asam qui est affilié à l'Unsa et le syndicat APMAE, a-t-elle précisé. «La CFDT ne figure pas sur le préavis déposé mais elle devait rallier le mouvement», a indiqué l'intersyndicale. Celle-ci s'attend à une forte mobilisation parmi «les agents les plus modestes et intermédiaires».
Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères redoutent en particulier que le gouvernement ne supprime le système «de bonification de trois ou six mois par année» dont bénéficient les fonctionnaires qui ont été en poste en dehors de l'Europe. «Cette bonification affecterait les agents du MAE mais pas seulement, puisque tous les fonctionnaires, en particulier du ministère de la défense, de l'intérieur, de l'éducation nationale et des finances en bénéficient», a expliqué un diplomate de l'intersyndicale.
Cette bonification permet de compenser le fait que dans de nombreux cas, les conjoints ne peuvent pas travailler dans certains pays où les fonctionnaires sont affectés et voient donc leur propre retraite rabotée ou retardée. «Au-delà de la réforme des retraites, la mobilisation des agents du MAE illustre l'exaspération plus générale de la société française», a également commenté le diplomate.
Les huit principaux syndicats français ont annoncé le 10 janvier une première journée de grève et de manifestation, le 19 janvier, pour protester contre le projet de réforme des retraites prévoyant notamment de reculer l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Cette première journée doit donner «le départ d'une puissante mobilisation sur les retraites dans la durée», avaient expliqué le 10 janvier les syndicats dans un communiqué commun.

THALES PONT-AUDEMER (Normandie) : La réindustrialisation, une victoire des salariés et de leur syndicat CGT !
Après trois ans de luttes, les salariés de Thales Pont-Audemer ont gagné la pérennisation du site et le maintien a minima de l’effectif par l’annonce d’un plan de réindustrialisation de 30 millions d’euros. Ce plan d’investissement va permettre de convertir le site, actuellement exclusivement consacré à la production de cartes SIM, en site de production de cartes électroniques à forte valeur ajouté permettant ainsi à Thales de renforcer sa chaîne d’approvisionnement et de relocaliser de l’activité. Le site restera aussi partiellement un site de production de carte SIM pour les clients européens.
Après 3 ans de luttes, la victoire est totale pour les salariés et la CGT qui portent ensemble ce projet alternatif industriel depuis le début de l’annonce, par la direction Thales, de la suppression de 150 postes sur les 300 de cette usine.
Cette réindustrialisation apportera de plus une pérennité et un développement de l’emploi industriel dans un territoire qui aurait été sinistré si les salariés avaient laissé faire.
Ce superbe résultat est le fruit de l’investissement collectif des salariés, de la CGT et des élus locaux dans un projet alternatif venant en opposition à la stratégie financière de la direction du Groupe.
Il est la preuve que les meilleurs experts du travail sont les salariés et leurs organisations syndicales et qu’il est primordial, contrairement à ce qui a été fait lors des dernières années, de renforcer leurs pouvoirs d’intervention dans la gestion des entreprises.
En effet, la stratégie des industries, le choix des productions nécessaires pour répondre aux besoins de la population ainsi qu’à l’avenir des territoires sont des choses bien trop importantes pour être laissés aux mains des capitalistes qui pilotent les entreprises uniquement par le prisme de l’optimisation financière !

GOUVERNEMENT ET DIRECTION SNCF : EXÉCUTANTS OU EXÉCUTEURS ?
La réforme pour un nouveau pacte ferroviaire de 2018 continue d’engendrer son lot de conséquences désastreuses pour le système ferroviaire en général, et particulièrement pour le transport de marchandises, avec pour cible, le Fret SNCF dans un premier temps.
Au cours du dernier CSE FRET, la direction SNCF annonce que la commission européenne s’apprête à déclencher une procédure à l’encontre de la France pour « aide illicite » et distorsion aux règles de la concurrence concernant le FRET SNCF.
En 2018, la loi instaure la création de la société anonyme (SAS) FRET SNCF qui devient une filiale du Groupe Public Unifié (GPU). La dette d’État d’un montant de 5,2 milliards d’euros logée chez FRET, est transférée au groupe SNCF dans sa holding (SA SNCF).
C’est ce montage du gouvernement de l’époque et de la Première ministre actuelle qui est visé. La commission européenne estime qu’en désendettant FRET SNCF, une aide anticoncurrentielle lui a été accordée au désavantage des autres opérateurs ferroviaires de marchandises privés. Cette procédure scandaleuse pourrait conduire, à terme, à réattribuer la dette de 5,2 milliards d’euros dans les comptes de FRET SNCF et obliger à céder une partie importante des contrats de fret actuels aux opérateurs privés.
Fret SNCF, devenue une filiale de droit privé, devrait, seule, en assumer les conséquences. Le FRET SNCF pourrait à terme être liquidé avec les conséquences sociales, économiques et environnementales induites. C’est une aubaine pour le gouvernement et la direction qui veulent depuis des années en finir avec l’entreprise publique.
Au-delà des plans de restructurations successifs depuis l’ouverture à la concurrence du FRET en 2006, les récentes ventes d’ERMEWA (wagons de marchandises) et d’AKIEM (locomotives FRET), ont eu pour seul objectif de radier FRET SNCF du transport ferroviaire de marchandises. Si les différents paquets ferroviaires européens et les choix des gouvernements successifs de les appliquer sont une des causes de la situation du FRET aujourd’hui, la direction de la SNCF porte, elle aussi, une lourde responsabilité. Cette nouvelle attaque libérale contre notre entreprise doit conduire à une riposte massive de l’ensemble du corps social cheminot pour regagner une entreprise unique, publique et intégrée.

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