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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 98 du 28 novembre 2022

N° 797 28/11/2022 Sanofi. Mercredi 23 novembre, la police a réprimé les grévistes de chez Sanofi à coup de matraques et de lacrymogènes. 

 

Gazage Sanofi

Depuis lundi, les travailleurs de chez Sanofi sont en grève pour demander des augmentations de salaires face à l’inflation et des embauches en CDI contre le développement des contrats précaires. A l’occasion de la réunion de fermeture des NAO (Négociations annuelles obligatoires), ce mercredi, la CGT avait appelé à un rassemblement devant le siège de Sanofi à Paris. Au bout de plusieurs heures, les grévistes ont tenté d’envahir les locaux, protégés par des cordons de CRS qui n’ont pas tardé à réprimer les travailleurs à coup de gazeuses et de matraques. Plusieurs grévistes ont notamment été touchés au visage. Les grévistes de chez Sanofi avaient déjà eu affaire à la gendarmerie la veille, à Sanofi le Trait (Seine-Maritime). Alors que 300 salariés étaient mobilisés pour bloquer le site, celle-ci intervenait pour forcer la sortie des camions. De quoi nous rappeler quel est le véritable rôle des « forces de l’ordre » et de la répression policière : protéger le capital et ses intérêts. Et à Sanofi, la situation ne déroge pas à la règle. Le 28 octobre, le groupe déclarait que le bénéfice par action ajusté pour 2022 avait augmenté d’environ 16 % et son bénéfice d’exploitation de 26,5 % au troisième trimestre, de quoi atteindre 4,5 milliards d’euros au total. Des chiffres exceptionnels réalisés grâce au travail des salariés qui subissent aujourd’hui l’explosion des prix. Face à l’inflation à laquelle les travailleurs sont confrontés, au mépris de la direction et à la répression policière, notre parti révolutionnaire Communistes apporte tout son soutien et toute sa solidarité aux grévistes.

Goodyear-Amiens. Après sa subvention, l’État accorde un prêt de 85 millions d’euros pour moderniser l’usine Goodyear (Dunlop) !!! Ce prêt vient s’ajouter à une subvention de 44,6 millions d’euros accordée en mars dernier par l’État à l’usine de pneus pour moderniser et agrandir son site d’Amiens Sud. Le principe avait été acté en mars dernier lors de la venue de l'ancien premier ministre Jean Castex à l’usine Goodyear Amiens Sud. Dans un décret paru ce samedi 26 novembre au Journal Officiel, l’État vient de valider un prêt de 85 millions d’euros accordé au géant américain du pneu qui emploie 800 salariés sur le site amiénois. Ce prêt s’inscrit dans le cadre d’un plan d’investissement massif de 150 millions d’euros destiné à agrandir de près de 10 000 m² l’usine et à moderniser l’outil de production «  de manière à répondre aux nouvelles exigences des clients de la filière automobile  » ! Une énorme bouffée d’air !!! Lors de sa visite, le Premier ministre avait aussi acté le versement par l’État d’une subvention de 44,6 millions d’euros à l’usine dans le cadre du plan France Relance destiné à réindustrialiser le territoire et à favoriser l’innovation (100 milliards d’euros dont 35 pour le seul secteur de l’industrie). En échange, Goodyear s’était engagé à investir 100 millions d’euros pour moderniser l’outil et produire des pneus à plus haute valeur ajoutée. «  On commençait à être inquiets. Si cet investissement ne se faisait pas, cela voulait dire la fermeture de l’usine dans quatre ou cinq ans  », craignait à l’époque le président d’Amiens Métropole Alain Gest (LR). Aucun mot sur les 1143 licenciements effectués en janvier 2014 lors de la fermeture après plus de 8 ans de combats de l'usine historique Goodyear situé de l'autre côté de la route, aucune pensée pour les familles détruites, les vies gâchées, les maladies professionnelles dues à la poussière de caoutchouc et à l'amiante, les nombreux suicides. Seul compte l'argent public distribué aux actionnaires américains qui à terme, les millions d'euros encaissés et un nouveau chantage à l'emploi, fermeront le site, comme chez Continental, Bridgestone, Michelin, etc … Goodyear compte 73 000 salarié-es travaillant sur 57 sites dans 23 pays à travers le monde et produit plus de 20 % de la production mondiale de pneumatiques.

Soutien aux grévistes de Domidom (Calvados) . Nous sommes en grève depuis le mardi 18 octobre 2022. Pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois que nous dénonçons nos conditions de travail. Chez Domidom, filiale du Groupe Orpéa, les salarié-es sont sous-payé-es. Nous sommes augmenté-es de seulement 5 cts par mois au bout de 2 ans d’ancienneté. Les salaires plafonnent à 1 300 euros net. Nous utilisons nos véhicules personnels pour assurer les prestations chez les bénéficiaires et nous sommes indemnisé-es de seulement 31 centimes du kilomètre (à savoir : la location d’un véhicule dans un supermarché coûte 25 centimes du kilomètre + le prix de la location journalière sans compter le plein de carburant). Nous n’avons pas de prévoyance collective, sachant qu’il est plus dangereux de travailler dans l’aide à domicile que dans certains domaines comme le BTP ! Les heures supplémentaires sont rémunérées seulement à 10 % de plus … quand l’employeur nous les paye ! Car pour être payées des heures supplémentaires, nous devons attendre la fin de l’année en cours et on nous impose des congés ou des journées à deux heures de travail pour vider nos compteurs d’heures supplémentaires. Nous sommes toujours dans l’attente de la prime Covid … Pour la pause méridienne, nous mangeons dans nos véhicules ou en attendant les transports. Aucune prime d’indemnité de repas, aucun ticket restaurant n’est donné par notre employeur. Aux fêtes de fin d’année, notre employeur nous verse un chèque cadeau de 30 €. Nous préférerions un 13ème mois en reconnaissance de notre professionnalisme, de notre engagement dans notre métier.

Nos revendications :

  • • Augmentation du salaire mensuel de 20 %
  • • Revalorisation des indemnités (frais kilométriques)
  • • Prime de panier ou ticket restaurant
  • • Paiement des heures supplémentaires à la fin de chaque mois
  • • Prime de 13ème mois.

    

Hommage à Lucien Le 26 novembre 1987, à Amiens (Somme), notre camarade Lucien Barbier âgé de 61 ans, décédait des suites des multiples coups portés par les forces de l’ordre lors d’une manifestation pacifiste dénonçant la désindustrialisation de notre pays et pour le passage du TGV par Amiens. 35 ans après, des événements tragiques du même ordre continuent : la répression syndicale est de plus en plus forte. Arrestations arbitraires, violences policières contre les salarié-es en lutte et les militants syndicaux, utilisation des services secrets anti terroristes contre des grévistes, garde à vue menant au suicide d’un syndicaliste à EDF etc… L'instruction pénale visant à la recherche du meurtrier de Lucien n'a jamais abouti (simple mutation d'un gardien des forces de l'ordre) !!! Le tribunal administratif a toutefois condamné l'Etat et ses représentants locaux à verser 1 euro symbolique à sa famille !!! Pour la CGT, il faut poursuivre le combat de Lucien et dénoncer le traitement policier injuste réservé aux syndicalistes avec l’appui du gouvernement. Une force collective existe, elle est composée de ses camarades qui continuent le combat. Cette force a la volonté d’aboutir vers plus de progrès social pour tous, vers la satisfaction des revendications de la population laborieuse. Ce combat est en cours depuis des dizaines d’années Lucien Barbier y participa activement, aussi.

Sogal-Fabrication (Gérardmer). Licenciement d'un délégué syndical, la CGT dénonce une procédure abusive ! Lors d’une conférence de presse, l’union départementale de la CGT a dénoncé un licenciement abusif d’un de ses délégués. Ce dernier travaillait dans une société gérômoise. Fait hallucinant pour le syndicat : le ministère a validé ce licenciement, désavouant ainsi l’inspection du travail qui n’avait pas autorisé la procédure de l’employeur. L’incompréhension et la perplexité régnaient ce lundi matin dans les locaux spinaliens de l’union départementale de la CGT. Autour de leur secrétaire générale, plusieurs responsables syndicaux étaient réunis pour parler publiquement du sort réservé à l’un de leurs camarades: Hervé Colin cariste au sein de la société Sogal-Fabrication, ce délégué syndical CGT vient en effet d’être licencié. D’où la surprise des membres de la CGT, d’autant que les raisons de ce licenciement sont à leurs yeux très sombres. « On a reproché à Hervé Colin le fait de mettre trop de pression sur son chef direct, ce qui l’aurait conduit à se mettre en arrêt maladie » ! Dans le courrier de licenciement, l’employeur l’accuserait aussi d’avoir proféré des insultes à l’encontre de ce supérieur. Sauf que de nombreux salariés de cette société de 49 employés ont produit des attestations soutenant le cariste. « Mon supérieur a fourni une quinzaine d’attestations contre moi », tient à préciser Hervé Colin, embrayant sur le sujet qui, d’après lui, pourrait être à l’origine de son éviction de l’entreprise : le fait qu’il soit, en tant que seul et unique délégué syndical du site gérômois, en désaccord avec la direction. « Les salariés ont lancé des revendications, via le délégué syndical, concernant les primes de vacances et les modalités d’aménagement du temps de travail. Il y a eu des échanges avec la direction, et, pour le coup, des divergences qui ont fait l’objet d’un fichage de notre syndicat dans l’entreprise », sachant qu’Hervé Colin avait également refusé de signer plusieurs accords d’entreprise. L’inspection du travail désavouée par le ministère du travail ! Pour la CGT, le différend entre leur camarade et son supérieur ne peut donc pas expliquer à lui seul ce licenciement, d’autant que l’inspection du travail et la Direction régionale de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) se sont opposés à ce licenciement. Face à cette fin de non-recevoir, l’entreprise a donc formé un recours devant le ministère du Travail qui a finalement abondé dans le sens de l’employeur… mais sept mois plus tard. Un délai qui fait tousser la CGT, d’autant que la décision vient infirmer celle de ses organismes régionaux. « À nos yeux, la réponse du ministère n’est pas motivée », face à ce revirement de situation en haut lieu. Estimant ce licenciement comme injuste, la CGT a donc décidé de lancer une procédure devant le tribunal administratif pour qu’Hervé Colin puisse être réintégré dans les effectifs de la société. « La procédure pourrait prendre de deux à trois ans », soupire Hervé Colin. « En attendant, il n’y a plus aucun délégué syndical dans cette entreprise. Et vu ce qu’il vient de se produire, il n’est pas près d’y en avoir un… », concluent les membres de la CGT.

On ne doit pas mourir au travail. L’ouvrier tué dans un accident à Abbeville (Somme) n’avait pas de casque et n’était pas déclaré ! Un an de prison avec sursis a été requis jeudi 17 novembre contre deux dirigeants de la société de BTP après un accident mortel du travail survenu en novembre 2021.

Du jamais-vu depuis 15 ans 7,9 millions d'euros, la rémunération annuelle moyenne des patrons du CAC 40 !!! La rémunération totale moyenne des patrons de l'indice CAC 40 a atteint un plus haut depuis 15 ans. À 7,9 millions d'euros, c'est 52% de plus qu'en 2019 et plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés. Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, est en haut du podium avec une rémunération record de 66,7 millions d'euros. Cela faisait plus de 15 ans qu'une société n'avait pas dépassé les 50 millions d'euros. C'est « la première fois en 8 ans que la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 représente plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés », soit 369 fois le SMIC en base 39 heures, selon le rapport.

Réforme du lycée pro à Strasbourg (Bas-Rhin) « Comme partout en France nos jeunes ne sont pas la chair à canon des patrons » Le gouvernement veut réformer l’enseignement en lycée professionnel, en doublant le temps de stage en entreprise. Une intersyndicale d’enseignants s’est réunie devant le rectorat de l’académie de Strasbourg. L’un des principaux points de tension est la volonté du gouvernement de doubler le temps de stage en entreprise et donc de diminuer d’autant le temps en classe. En tout, les élèves passeraient alors un tiers de leur formation en apprentissage. Un enseignant précise, « Moi je leur apprends quels sont leurs droits, qu’est ce qu’un contrat, qu’est ce que la sécurité au travail… C’est là qu’on leur tient un discours différent de celui qu’ils entendent dans les entreprises. On ne forme pas juste des futurs travailleurs corvéables à merci, mais des citoyens. C’est le rôle de l’école en théorie. D’où la présence de matières générales dans le cursus. On leur apprend à bien s’exprimer, à rédiger des lettres de motivation, des CV, il y a des enseignements culturels, c’est indispensable. » « Notre métier ne s’improvise pas, je le fais depuis 35 ans ». Une dizaine de professeurs du lycée Schweisguth de Sélestat, spécialisé dans le secteur tertiaire, sont présents. Ils ont crée le collectif « Touche pas à mon LEP Lycée d’enseignement professionnel», spécialement pour lutter contre la réforme. Parmi eux, une professeure d’économie, de gestion et de vente, estime «qu’il n’est pas souhaitable que la formation repose plus sur les entreprises : C’est un métier d’être enseignant. Le gouvernement pense que les jeunes doivent apprendre directement sur le tas, dans l’environnement professionnel. C’est complètement déconnecté de la réalité. Nous avons des jeunes qui ont parfois de grosses difficultés, des problèmes de comportement, que des entreprises nous renvoient parce qu’elles n’arrivent pas à les gérer ou parce qu’ils sont largués et ne comprennent pas ce qu’ils doivent faire. Le but de nos enseignements, c’est aussi leur apprendre à être autonomes. Cela ne s’improvise pas, moi je le fais depuis 35 ans. Dans la profession, nous sommes donc massivement opposés à cette réforme. Il faut une part d’immersion dans l’entreprise évidemment, mais elle ne peut pas remplacer les cours. » Le ministère de l’Éducation nationale a créé des groupes de travail avec notamment des syndicats pour orienter la réforme, même si ses grandes lignes sont déjà écrites. Elle devrait être présentée en 2023. « On mobilise très en amont parce que nos métiers, l’idée du lycée professionnel, est en train de mourir », considère le représentant syndical FSU. La représentante de la CGT insiste : « On parle de la jeunesse populaire évidemment. Ce ne sont pas les enfants des politiciens et des patrons qu’on a en lycée professionnel. » Une carte de formation adaptée au bassin d’emploi : Un professeur de Lettres et d’Histoire au lycée de Sélestat dénonce d’autres éléments de la réforme : « Le plan, c’est aussi que la carte des formations soit davantage dessinée par la Région, en fonction du bassin d’emploi. Nous pensons que les jeunes doivent avoir le choix, et ne pas dépendre des industries présentes. On veut également qu’ils aient la possibilité de continuer les études, par exemple en BTS. » « Même pour l’apprentissage des métiers c’est problématique, parce que les professionnels des entreprises ne sont pas habitués à montrer les gestes. Être professeur d’usinage demande des compétences particulières », ajoute un militant. Les syndicats préviennent qu’ils seront mobilisés dans la durée, toute l’année, avec des actions variées dans les lycées et dans la rue.

FPT à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire). Aucun accord trouvé sur les salaires, les débrayages se poursuivent ! Depuis lundi 14 novembre, les syndicats CGT et Sud ont déclenché un mouvement de grève chez Fiat Powertrain Technologies à Bourbon-Lancy. Faute d'accord, le mouvement a continué lundi 21 novembre. En entreprise, les Négociations annuelles obligatoires (NAO) permettent d’aborder certains sujets sensibles entre représentants du personnel et direction, comme la politique de rémunération, la pénibilité au travail, ou encore la parité entre les équipes de l’entreprise. À l’usine Fiat Powertrain Technologies (FPT) de Bourbon-Lancy, ces négociations ont débouché sur un mouvement de grève, lancé lundi 14 novembre par la CGT et Sud et rejoint, depuis, par FO. Comme en mars dernier, ces trois syndicats ont refusé les propositions d’avancées salariales provenant de la Direction des relations humaines du groupe FPT-IVECO. Pourtant, l’avancée de pratiquement quatre mois de la mise en place des NAO pouvait sonner comme une bonne nouvelle pour les salariés. Mais les syndicats ne le voient pas de cet œil.  « Il faut savoir que ces NAO se sont faites à la demande des syndicats pour anticiper sur la perte de pouvoir d’achat », expliquent les représentants, qui évoquent « l’inflation galopante qui devrait passer à deux chiffres dès janvier. Et la direction nous propose seulement 120 € bruts jusqu’au coefficient 305, et 100 € à partir du coefficient 335 et cadres. Ce n’est pas suffisant pour les ouvriers! » Il ne faut pas oublier que celui qui crée la richesse, c’est l’ouvrier : FO demande 150 € au 1er janvier, tandis que la CGT et Sud souhaitent 250 €. « De même, le différentiel entre les salaires des ouvriers et des cadres est trop important. Il ne faut pas oublier que celui qui crée la richesse, c’est l’ouvrier », soulignent les syndicalistes. La direction espérait une « signature au plus tard à 12 h » vendredi 18 novembre, mais aucun accord n'a été trouvé. Ses dernières propositions sont : une augmentation générale au 1er janvier 2023 de 120 €, ainsi qu’une prime énergie de 100 € nets pour les salaires jusqu’à 3,5 SMIC au 1er janvier. Puis un budget d’augmentation individuelle de 0,4 % en avril, la prise en charge de la mutuelle de 10€ bruts par mois, l’extension de la prime Leaders au Teams Experts, ainsi qu’un budget promo développement de 0,2 % géré par les RH sur toute l’année. La direction propose « l’augmentation des primes spécifiques de 7 %, un bonus de 100 € pour cinquante heures supplémentaires effectuées et la revalorisation de la grille interne des salaires de 4,5 % en janvier ». Tout en précisant que des réunions sur cet accord NAO pourraient être mises en place en avril et juillet, pour s’adapter à la situation. Le mouvement à continuer lundi 21 novembre : La dernière réunion du vendredi 18 novembre au matin avec la direction des relations humaines de FPT, groupe IVECO et les syndicats FO, CGT avait pour seul objet la signature des NAO face aux ultimes propositions de la direction RH du groupe Iveco, qualifiées de « justes et équitables ». Alors que le SNI est signataire, les syndicats FO et CGT ne sont toujours pas d’accord. Aussi ont-ils décrété de poursuivre leur mouvement, après consultation des salariés grévistes. Ils appellent donc à poursuivre la semaine du lundi 21 novembre, le mouvement et les débrayages de deux heures par poste devant la cheminée. Pour le poste du matin, de 8 h à 10 h, le poste du soir, de 16 h à 18 h, le poste de nuit et VSD de nuit de 23 h à 1 h. La normale et le SD de jour, 2 h sur les horaires définis pour les postes du matin et du soir. « Le procès-verbal est en cours de rédaction. Sous deux mois (délai légal), sans signature, l’augmentation générale sera de 3 % jusqu’au coefficient 305, de 2 % au-delà de 305 et cadres. L’augmentation individuelle de 1 % et de 2 % au-delà de 305 et cadres. Telle est la fin des négociations pour la direction », précisent les syndicalistes CGT.

Salarié-es des Domaines Skiables : Une première victoire ! Avec leur syndicat CGT ils ont en effet obtenu lundi 21 novembre « une augmentation historique de 7,1% de la grille conventionnelle des salaires ». Les délégués CGT s’étaient rassemblés ce matin devant le siège de Domaine Skiable de France à Françin (Savoie) en vue d’une négociation de salaires et de la durée de la saison. Si le syndicat salue cette avancée, il estime que « la situation des salariés est loin d’être réglée », en particulier au sujet de la diminution de la durée de la saison, l’inflation et les réformes du chômage et des retraites. 

Amazon. Pourquoi le géant se prépare au plus grand plan de licenciement de son histoire ? Comme de nombreux géants de la tech, la plate-forme de vente en ligne, qui avait massivement embauché pendant la crise sanitaire, prévoit de licencier 10 000 employés pour faire face à la crise économique !!! Après Méta et Twitter, c'est au tour d'Amazon de renvoyer une partie de ses salariés. La plate-forme de vente en ligne prévoit en effet de licencier 10 000 employés pour répondre à la crise économique. Cela représenterait un peu moins de 1% de la masse salariale actuelle du groupe, qui comptait 1,54 million d'employés dans le monde fin septembre, sans compter les travailleurs saisonniers, recrutés en période d'activité accrue, notamment pour les fêtes de fin d'année. Les postes visés par les réductions d'effectifs seront situés dans le département Amazon Devices (les appareils électroniques équipés de l'assistant vocal Alexa ou encore les liseuses Kindle), dans la division de vente au détail ainsi que dans les ressources humaines. La répartition par pays n'est en revanche pas précisée. S'il est confirmé, il s'agirait du plan social le plus important de l'histoire de l'entreprise.  Baisse de son bénéfice net de 9% sur un an ! Il y a deux semaines, la société avait annoncé un gel des embauches dans ses bureaux. Et ses effectifs ont déjà diminué par rapport au début de l'année, quand elle employait 1,62 million de personnes à temps plein ou à temps partiel. Entre début 2020 et début 2022, Amazon avait doublé son personnel mondial face à l'explosion de la demande dans ce qui reste à ce jour la période la plus rentable jamais enregistrée par l'entreprise. Mais le géant américain de la distribution a vu son bénéfice net baisser de 9% sur un an au troisième trimestre. Pour le trimestre en cours, la période cruciale des fêtes de fin d'année, l'entreprise Amazon anticipe ainsi une croissance anémique au regard de ses standards, comprise entre 2% et 8% sur un an, et un bénéfice opérationnel compris entre 0 et 4 milliards de dollars, contre 3,5 pour la même période de 2021.

Des licenciements en cascade dans la tech ! Amazon est loin d'être le seul géant américain de la tech à répondre à la crise économique avec un plan social de grande envergure. Mercredi dernier, Méta, la maison mère de Facebook, a annoncé la suppression de 11 000 emplois, soit environ 13% de ses effectifs. Fin août, c'est Snapchat qui a supprimé environ 20% de ses effectifs, soit plus de 1 200 employés, après avoir perdu plus de 60% de sa valeur en bourse en six mois. Twitter, fraîchement racheté par Elon Musk, a pour sa part congédié environ la moitié de ses 7500 salariés. Cette information sur des licenciements massifs de la plate-forme intervient alors que le fondateur d'Amazon et multimilliardaire Jeff Bezos vaut actuellement 124 milliards de dollars, ce qui fait de lui la quatrième personne la plus riche au monde. Le 25 novembre, le collectif « Make Amazon Pay », regroupant des dizaines de collectifs, syndicats, organisations politiques et associatives, appelait à une grève internationale des travailleurs d’Amazon Une grève pour les salaires, les conditions de travail et le climat. Un appel à la grève d’autant plus symbolique puisqu’il concerne le jour du Black Friday, échéance extrêmement lucrative pour les géants commerciaux comme Amazon qui, tout en enregistrant des profits records, continue inlassablement d’amoindrir les conditions d’emploi des travailleurs. La mobilisation a été suivie dans plus de 40 pays.

Airbus Hélicopters : Tous les salariés vont perdre des acquis ! Les salariés d’Airbus Helicopters de plusieurs sites comme celui de Nantes, Saint-Nazaire ou encore Paris-Le-Bourget, se sont mis en grève à l’appel de la CGT. Les grévistes se sont mobilisés pour dénoncer une renégociation des accords d’entreprise qui menace de se transformer en projet de casse sociale. En effet, suite à un nouvel accord de branche dans la métallurgie début 2022, des négociations pour de nouveaux accords d’entreprises ont actuellement lieu dans l’ensemble des filiales du géant Airbus. Un projet d’ampleur nommé « Reload » (« recharger » en français) qui annonce surtout une remise en cause des conditions de travail avec un nivellement par le bas pour les différentes filiales du groupe. Ainsi, avec ce projet, le groupe Airbus compte passer de 56 accords d’entreprises pour ses différentes filiales à 11 d’ici la fin d’année, en alignant à la baisse les conditions de travail. Le délégué syndical CGT du site de Paris–Le-Bourget, alerte sur ce qui menace les salariés : « Il y a un problème sur quatre piliers : la rémunération, les congés, le temps de travail et la classification où la direction cherche à faire des économies sur notre dos ». Comme l’indique l’appel de la CGT à la mobilisation : « tous les salariés vont perdre des acquis, pour les nouveaux embauchés ça serait encore pire » Pour exemple, sur la classification, le syndicat dénonce un « changement profond de logique : ce n’est plus le salarié qui va être classifié, mais l’emploi qu’il occupe. Cela va permettre de déclasser des salariés et d’en finir avec la reconnaissance des diplômes ». De plus, les salariés risquent de perdre 5 jours de congés, mais aussi de perdre en rémunération avec une baisse de la prime d’ancienneté. Une perte de revenu qui passe mal, d’autant plus dans un contexte d’explosion des prix avec une inflation qui dépasse les 6 % sur l’année 2022. En effet, le projet « Reload » intervient dans un contexte d’un climat social tendu chez le géant aéronautique. Avant même l’ouverture des négociations, le problème des salaires était déjà au cœur des préoccupations. Sur le site de Paris-Le-Bourget cela s’est notamment incarné avec « plus de 50 salariés qui avaient demandé des explications sur la question des salaires. On a des anciens qui sont là depuis 10 ans mais qui sont payés 2105 euros, soit 100 euros de plus que les nouveaux arrivants. A la fin ils n’ont même pas été reçus par la RH, la direction a littéralement méprisé leurs demandes » explique le syndicaliste CGT. À l’échelle du groupe Airbus, les derniers mois ont été marqués par différentes grèves inédites sur les salaires. C’était le cas sur la FAL (chaîne d’assemblage) A320 à Toulouse où les salariés revendiquaient 10 % d’augmentation, mais aussi à Airbus Defense and Space ou encore en Espagne avec huit sites Airbus mobilisés simultanément. Face à ces mobilisations inédites, le groupe a tenté de calmer la colère en cédant une maigre prime de 1500 euros. La grève met en avant la casse des conditions de travail, mais il y a un vrai problème sur les salaires. Avec la prime de 1500 euros, la direction a cherché à calmer les mouvements, tout ça dans un contexte où il y avait la grève des raffineurs, avant chez Dassault, puis après la chaîne A320 etc. Mais le problème reste entier, une prime ne suffit pas, ce qu’il faut c’est des augmentations de salaire à minima à hauteur de l’inflation. Pourtant, le groupe Airbus se porte extrêmement bien. Malgré la crise sanitaire, la multinationale aéronautique se retrouve aujourd’hui avec un carnet de commandes rempli sur plus d’une décennie et des bénéfices au zénith avec 667 millions d’euros, en hausse de 65 %, au deuxième trimestre 2022. À l’inverse de la logique du projet « Reload » qui vise à faire des économies sur le dos des travailleurs, il y a clairement l’argent pour niveler vers le haut les conditions de travail et augmenter les salaires. Seulement pour stopper à la casse sociale actuelle et obtenir des avancées, il faudra se mobiliser par la grève, comme ont commencé à le faire les salariés de Airbus Helicopters mais aussi d’autres entités du groupe, et se coordonner entre les différentes filiales Airbus mais aussi avec les différents sous traitants du secteur aéronautique.

St-microélectronics (Isère). Depuis plusieurs mois, dans un contexte de production à tout prix pour répondre à la forte demande de composants, la CGT note une négligence récurrente sur la sécurité des installations. Après un exposé des membres CGT de la CSSCT au CSE, celui-ci a voté une expertise à l'unanimité, mais qui a été contestée par la Direction de ST (Groupe Franco-Italien). Après plusieurs demandes de report par ST, le jugement aura lieu le 22 décembre. Pour rappel, le site de ST Crolles est un site Seveso seuil haut !!!

Logistique : Les petites mains de la logistique réclament leur dû !!! La Fédération des Transports CGT, dans la continuité de la lutte sur les salaires, a appelé à deux initiatives sur les secteurs de la logistique, les 21 et 25 novembre. Le 21 novembre, une action sur la plate-forme logistique de Châtres (Seine et Marne) à l’appel de la CGT du groupe Kuhne & Nagel pour revendiquer des augmentations générales de salaire. Le 25 novembre, à l’occasion du Black Friday, la CGT s’est inscrit dans le mouvement international contre Amazon « faire payer Amazon ». En France, des actions ont été déclenchées sur les 8 principaux sites avec un ciblage à Brétigny sur Orge afin de revendiquer des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail.

Geodis de Gennevilliers : Victoire des salarié-es en grève depuis le 17 octobre ! Vendredi 18 novembre « un protocole d’accord de fin de conflit et de reprise du travail » a été signé par le syndicat CGT et le comité de grève représentant l’ensemble des salariés grévistes et la direction de la société Geodis Calberson. Les travailleurs de géodis étaient en grève depuis le 17 octobre.

L’accord prévoit :

  • • Une augmentation par anticipation des NAO correspondant à 4% de salaire mensuel brut de base pour l’ensemble des salariés.
  • • Une avance mensuelle de 17,50 euros bruts pour les salariés ayant un salaire de base inférieur ou égal à 1800 euros bruts. Ce second point avait été particulièrement défendu par les représentants des salarié-es qui demandaient une augmentation de 5% pour les bas salaires (inférieurs à 2000 euros bruts). C’est finalement la formule 4% + 17,50 € qui a été retenue.
  • • Deux primes de 300 euros bruts chacune sur la paie du mois de novembre correspondant à une avance de complément d’intéressement et une anticipation du versement de la prime qualité.

La direction s’est engagée à ne pas prendre de sanctions disciplinaires contre les salariés grévistes. Nous nous réjouissons de cette première victoire arrachée après un mois de grève qui permet d’aborder les NAO sur une base salariale en hausse. La lutte paie!

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