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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 45 du 23 novembre 2021

744-23/11/2021 Bergams (Essonne) : Liquidation : la douche froide pour les 280 salariés du fabriquant de sandwiches, premier employeur privé de la ville de Grigny.

bergams greve


Le tribunal de commerce d’Évry a rendu sa décision concernant l'avenir du site, dont la liquidation était demandée par l'employeur, Bergams-Norac.
Verdict : liquidation sèche, autrement dit : fin de l'activité, sans délai, pour les 280 salariés (dont une majorité de femmes).
Pour les grévistes en lutte depuis la mi-septembre, c'est un « véritable coup de massue ». Bergams est le premier employeur sur ce territoire pauvre... C'est choquant, les dégâts humains sont considérables. L'intersyndicale rappelle que le groupe Norac a bénéficié de 12 millions d'euros sous forme de prêt garanti par l'état, et de plus d'1,5 million d'aides au chômage partiel. Après 2 mois de grève « contre un accord de performance collective », cette décision du tribunal de commerce constitue « une mesure de répression envers ceux qui légitimement ont revendiqué une juste rémunération et leur dignité », considèrent les organisations syndicales.
Pour l'heure, aucune perspective de repreneur n'est en vue. Les salariés et les organisations syndicales discutent avec leur avocat pour étudier les voies de recours juridiques. « On reste sur le piquet de grève, la lutte continue, malgré les lettres de licenciement qui vont arriver » déclarent les grévistes.

MBF Aluminium : SCOP, projet de reprise des salariés. État et région se disent prêts à soutenir, mais l'engagement des constructeurs automobiles n'est pas acquis !!!
5 mois après la liquidation judiciaire du tribunal de commerce de Dijon, les 272 salariés de BMF à Saint-Claude (Jura) sont toujours dans l'expectative. Les salariés veulent toujours y croire et tentent de relancer la fonderie d'aluminium sous forme de SCOP.
Le projet est modeste et incertain mais il a le mérite de faire perdurer le savoir-faire local et de conserver 50 à 100 emplois. L'orientation esquissée début juin, (alors qu'aucun repreneur ne se déclarait), dispose de moins d'1 mois pour être bouclée.
La cour d'appel de Dijon a reporté au 16 décembre sa décision de la procédure d'appel de la liquidation lancée par le CSE au 1er juillet.
Qu'elle que soit l'issue, ce délai repousse la vente des actifs par le liquidateur et permet aux salariés de porter leur projet de SCOP. Les travailleurs se relaient toujours à l'usine pour veiller sur l'outil de production.
Le projet est finalisé et a été présenté à Renault, Stellantis, la région Franche-Comté et l'état. Après la liquidation, les 2 constructeurs automobiles avaient donné un accord de principe pour accompagner un projet industriel viable. Le 8 octobre, Stellantis proposait aux salariés d'engager un volume de 30 % de celui confié avant la liquidation !!!
Dans une première hypothèse d'une charge répartie à 70 % pour Stellantis, 20 % pour Renault et
10 % pour d'autres clients et secteurs, il était prévue que la SCOP démarre avec 120 salariés, dans un objectif de CA de 20 millions d'euros, et une montée en puissance de la diversification d'ici 2025.
La balle est dans le camp de l'état et de la région qui peuvent intervenir auprès de Renault et Stellantis en les obligeant à fournir des commandes à la MBF, au lieu de délocaliser les productions d'aluminium dans les pays à moindres coûts, où l'exploitation des salariés est au maximum, que ce soit pour les salaires ou les conditions de travail d'un autre âge.

La Poste à Goussainville : Plusieurs agents de la Poste manifestent et ont lancé un mouvement de grève.
Une vingtaine de postières et postiers ont manifesté pour protester contre un plan de réorganisation interne. La direction le justifie par la baisse du nombre de plis distribués par cette agence.
« On nous en demande de plus en plus, sans augmentation de salaire. On subit une telle pression , à tel point que le matin, j'ai une boule au ventre avant d'aller travailler souligne une postière ».
Les salariés de la Poste se battent contre la dégradation de leurs conditions de travail, suppression des tickets-restaurants, manque de considération.
L'agence de Goussainville compte dans l'effectif global, une trentaine d'agents en CDD et les manifestants précisent que les cadences deviennent « infernales », faute d'effectifs suffisants. La direction supprime des tournées, ce qui implique un rajout de morceau de tournée à chaque facteur. Cela rallonge les journées de travail.
La direction ne prend que des CDD en remplacement, les grévistes réclament des embauches en CDI. Parmi les nouvelles évolutions, les facteurs distribuent depuis peu des imprimés publicitaires en plus du courrier, ce qui augmente encore la charge de travail.
Du côté de la Poste, c'est un autre son de cloche : selon elle, le développement de cette activité a permis des recrutements !!!
Pas de quoi apaiser la colère des postiers en lutte, qui en attendant « d'être entendus », continuent le mouvement.

Ascoval : Sous la menace d'une délocalisation.
La hausse des prix de l'électricité a rendu l'aciérie de Saint-Saulve, qui fonctionne avec un four électrique « non-compétitive » !!!
L'allemand Saarstahl qui a racheté Ascoval début août, voulait transférer 40 % de son activité dans ses hauts-fourneaux en Allemagne, qui eux tournent au charbon (après la COP 26, de qui se moque-t-on?)
Un tel transfert serait en complète contradiction avec les objectifs de produire « de l'acier plus vert ». Produisant de l'acier à partir de minerai de fer et de charbon, les hauts-fourneaux allemands émettent 2 tonnes de CO 2 par tonne d'acier produite, « pour 0,4 tonne dans les fours électriques ».
La filière électrique se trouverait mise de côté pour une filière beaucoup plus polluante..., une aberration, relève le délégué CGT de l'usine. Les salariés craignent, à juste raison, qu'une délocalisation ne devienne définitive, et ne dure pas seulement les 4 mois envisagés à l'origine...
Des dizaines de millions d'euros de subsides publics ont été investis sur le site d'Ascoval. La moitié des dettes fiscales et sociales, soit 45 millions d'euros ont été abandonnées lors de la reprise allemande.
Saarstahl avait de son côté pris des engagements de volumes apportés au site, ainsi que 40 millions d'euros d'investissements à Saint-Saulve et Hayange.
L'industrie, dans le système capitaliste, démontre depuis des décennies que lorsque des décisions comme celles-ci sont prises, ce n'est jamais du temporaire !!!
Si 40 % de la production étaient délocalisés, il n'y aura pas de retour en arrière, ça sera la mort assurée de la fonderie Ascoval.
Informations du vendredi 19 novembre : Élections présidentielles obligent, sous la pression gouvernementale, le propriétaire allemand renonce à transférer 40 % de la production dans sa fonderie à charbon !!!
Le ministère de l'économie et de l'industrie a intervenu au plus haut niveau des dirigeants allemands. A quelques mois des élections présidentielles, sachant que le gouvernement Macron, a fait de la « ré- industrialisation et la dé-carbonisation » de l'industrie l'une de ses promesses électorales !!!
Les salariés d'Ascoval restent vigilants, l'après-mois d'avril pouvant inverser les décisions d'aujourd'hui prisent entre gouvernements capitalistes européens !!!

Hôtellerie / Restauration : Négociations salariales mal engagées.
Les organisations patronales ont présenté une nouvelle grille salariale avec une moyenne en hausse de 10,5 %. Les organisations syndicales des salariés, qui n'avaient pas de propositions communes, reprochent que les plus bas salaires ne sont pas assez revalorisés. Les syndicats de salariés voulaient aussi parler de l'instauration d'un 13ème mois et de l'amélioration des conditions de travail.
La hausse proposée de 10,5 % en moyenne est très variable d'un niveau salariale à l'autre. Les échelons du 1er niveau, soit le bas de la grille, feraient l'objet d'une augmentation de 3,05 % à 4,77 % , la revalorisation s'accroissant avec les niveaux !!!
Les syndicats des salariés, n'ont pas mis sur la table le même type de propositions, mais ils sont unanimes pour dire que le compte n'y est pas.
« Pour les 1ers échelons du niveau 1, il n'y a pas de rattrapage des 3 années sans hausse de salaires et de l’inflation subie ».
On n'est pas sur la voie d'un accord salarial , le patronat ayant refusé de parler des autres revendications (13ème mois, conditions de travail). « Nous sommes très loin de signer et réfléchissons à une opposition majoritaire ».
Le prochain rendez-vous, fixé au 16 décembre sera décisif. D'autant que l’enjeu est de rendre plus attractif un secteur qui souffre d'une pénurie sans précèdent de main-d’œuvre, suite aux nombreux licenciements des 1ers confinements de la crise sanitaire et des salaires de misère pratiqués dans ces secteurs.
Pour y aboutir, le patronat doit négocier sérieusement, sur des salaires plus élevés, des conditions de travail dignes et l'attribution d'un 13ème mois.

Clinique Pauchet à Amiens : La maternité de la clinique Pauchet (secteur privé) est fermée depuis jeudi soir.
La direction estime que la sécurité des patientes n'est plus assurée. Cela veut dire que plus aucune femme ne peut accoucher dans cette clinique privée du sud de la ville. La direction évoque des arrêts maladies et le fait que les sages-femmes de la clinique sont grévistes à 100 % depuis le 22 octobre.
Elles étaient jusque là réquisitionnées, mais ce n'est plus le cas. Les patientes sont donc redirigées vers le CHU d'Amiens. La direction communique « parmi les salariées grévistes, nous avons des personnes qui tombent malades ou ont des enfants malades, donc nous n'arrivons plus à assurer la sécurité des soins » !!!
De leur côté, les sages-femmes dénoncent un « coup de pression » de la direction. Elles regrettent que la maternité soit fermée, mais entendent continuer à se battre pour plus d'effectifs et une hausse des salaires. Nous ne renoncerons pas car notre cause est juste et nous avons le soutien de nos consœurs du CHU, ainsi que celui de nos patientes.
Notre combat est légitime et on continue la lutte explique une gréviste, « nous sommes dans la même situation qu'à Toulouse, Compiegne et Reims pour ne citer qu'eux à travers tout le pays et qui sont également dans une impasse dans les négociations avec leurs directions ».
Une réunion est prévue ce lundi 22 novembre entre la direction et les sages-femmes.

Leroy Merlin à Longueau (Somme) : Débrayage chez les salariés de la plate-forme de bricolage.
Des sifflets pour mettre l'ambiance, des drapeaux syndicaux, les salariés du magasin de bricolage Leroy Merlin (groupe ADEO, détenu à 85 % par la famille Mulliez), se sont signalés sur le parking vendredi 19 novembre. Le mouvement de grève est national, les propositions de la direction lors des NAO (+ 2 % de salaire brut mensuel) ne les satisfont pas !!!
« C'est en dessous du taux de l'inflation » note une militante syndicale. « Aucune des 4 organisations syndicales n'a signé. C'est la 1ère fois qu'il y a une grève dans notre magasin » ajoute un de ses collègues.
Dans les entrepôts, le mouvement a débuté le mercredi 17 novembre. « Le groupe a fait une année record au niveau du CA et des bénéfices. Nous avons fait des efforts pendant la crise sanitaire, on a continué à travailler pendant le 1er confinement, avec la mise en place du drive. »
Les organisations syndicales réclament la réouverture des NAO.
« Moi, avec 20 ans d'ancienneté, je ne gagne que 1300 euros nets par mois », insiste une hôtesse de caisse, le CA de Leroy Merlin étant de l'ordre de 7, 9 milliards d'euros en 2020.
La lutte pour le pouvoir d'achat continue, sachant que les conditions de travail sont aussi dans les revendications portées par les grévistes (ouverture des magasins le dimanche!!!).

Fonderie SAM : (Aveyron).
Le tribunal de commerce de Toulouse a décidé, vendredi 19 novembre, de suspendre l'avenir de la fonderie SAM à la décision de son unique client Renault.
La déléguée syndicale CGT a annoncé sur le perron du tribunal qui devait se prononcer sur l'intention de reprise par l'ancien patron Patrick Bellity, « le tribunal de commerce laisse 3 jours à Renault, jusqu'à mercredi 24 novembre, pour qu'il se positionne ».
« Soit Renault accepte de s'engager et le tribunal donne du temps pour concrétiser l'offre. Soit Renault refuse et le tribunal fixera, vendredi prochain une nouvelle audience pour annoncer la liquidation sèche» !!!
Un délégué du personnel, gagné par la colère s'exprime : « ce n'est plus possible, on veut du concret, sauver nos 340 emplois, les familles et notre territoire. On veut éviter les drames sociaux et on ne lâchera rien » !!!
Les salariés votent à l'unanimité, à main levée, le blocage de l'usine dès ce lundi 22 novembre, à 5 heures du matin.

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