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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 21 du 08 juin 2021

France
Filière automobile : La production de voitures sur le sol français ne cesse de reculer.
Malgré les aides successives accordées au secteur automobile par le gouvernement, les plans de licenciements et les délocalisations se poursuivent.

Le capitalisme 2

Les 8 milliards du dernier plan de soutien sont majoritairement allés aux grandes entreprises. Aucune contrepartie ne leur est demandée en échange. Renault, Stellantis ont choisi d'implanter des usines dans des pays à moindre coût, où des salaires de misère sont pratiqués et les contraintes écologiques inexistantes.
Depuis 2008, l'industrie automobile a vu disparaître 52 000 emplois. Aujourd'hui les fonderies françaises ferment car les donneurs d'ordre baissent le volume des commandes. Renault et Stellantis ne veulent produire en France que des véhicules à forte valeur ajoutée, comme les SUV, véhicules qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses et dont les volumes de ventes sont insuffisants. Il faut produire des voitures en fonction des besoins de la population, au plus près des lieux où elles sont vendues.
Dacia, Clio, 208... Aucune de ces voitures, les plus vendues en France ne sont produites sur le territoire !!!
La France possède actuellement un parc automobile parmi les plus vieillissant d'Europe. Les véhicules de plus de 8 ans sont très polluants. Un meilleur pouvoir d'achat permettrait aux utilisateurs de changer leur voiture. Les syndicats CGT de l'automobile se battent contre la restructuration de la filière et mettent l'accent sur la responsabilité des donneurs d'ordre.
Une autre voie est possible, dans l'intérêt de la population et des salariés du secteur automobile. Seule une convergence des luttes peut contraindre les constructeurs et le gouvernement qui les soutient à changer l'orientation actuelle.
Office-Dépôt : Le tribunal de Lille Métropole a reçu mardi les offres de reprise d'Office Dépôt France, 1593 salariés dans les fournitures de bureaux sont concernés, dont le siège est dans l'Oise, et décidé un délibéré au 3 juin. L'entreprise était saine avant d'être rachetée en 2017 par le fond allemand Aurélius, qui a laissé l'entreprise péricliter depuis son rachat.
Deux repreneurs potentiels restent en lice pour les seuls magasins. Artex reprendrait 628 salariés et Alcor 460, avec des aides pour l'emploi en complément. Les salariés refusent ces propositions, la position des potentiels racheteurs maintiendrait le siège à Senlis et le nombre de salariés dans les Hauts de France passerait de 250 à 20 salariés !!!
Logement : L'angoisse des mals-logés à l'approche de la fin de la trêve hivernale repoussée au mois de juin.
« Il ne peut y avoir d'année blanche en termes d'expulsions, ni de moratoire » a répété la ministre du logement Emmanuelle Wargon. Prolongée de 3 mois, fin mars, en raison de la crise sanitaire, la trêve hivernale va donc prendre fin le 1er juin. « Le gouvernement nie la situation dramatique dans laquelle se trouvent des milliers de locataires sous le coup d'une expulsion imminente ». Au moins 30 000 ménages pourraient se retrouver à la rue, avec ceux de 2020, dont l'expulsion à été suspendue sous le coup d'une procédure de l'année précédente. Les coupures de gaz et d'électricité vont également reprendre pour factures impayées en même temps que les expulsions. A ce nombre effarant, s'ajoute « les 20 000 personnes qui, en France métropolitaine, faute d'alternative, vivent aujourd'hui en bidonville ou en squat, dans la plus grande précarité et qui ne trouvent aucune possibilité de logement ou d'hébergement. Ce secteur est saturé et plusieurs milliers de personnes appellent déjà tous les soirs le 115 sans obtenir de place. Entre hôtels et gymnases, il ne permet pas d'accueillir les personnes dignement et durablement. Suite aux actions engagées par les associations et syndicats, 10 millions d'euros seront versés par le ministère, dès juillet, au fond d'indemnisation des bailleurs, destiné au maintien dans les lieux des ménages en situation d'impayés.
On est loin du compte, sachant que même le député LREM Nicolas Démoulin avait évalué les besoins à 80 millions d'euros. Le Fond de Solidarité pour le Logement, a lui aussi augmenté de 30 millions d'euros. Mais pour être efficace, « il doit faire l'objet d'une large communication auprès des familles, et ses conditions d'obtention doivent être assouplies.
Renault et son usine de Cléon : Condamnés à 300 000 € d'amende pour « homicide involontaire », suite à un accident de travail en 2016, qui avait entraîné le décès d'un technicien.
Le Tribunal Correctionnel de Rouen a condamné le groupe Renault à 200 000 € et son usine de Cléon (Seine-Maritime) à 100 000 € reconnues entièrement responsables des faits qui leur sont reprochés.
A titre de peine complémentaire, le jugement devra être affiché pendant un mois à l'entrée de l'entreprise et sur les panneaux des représentants du personnel.
Renault est responsable de la mort de Jérôme Deschamps et doit accepter le jugement, et en tirer les conséquences pour les salariés qui travaillent encore sur le site. Le technicien était décédé le 17 mars 2016 des suites d'un accident du 10 mars à l'usine de Cléon. Il avait été retrouvé inanimé, écrasé par le caisson d'un compartiment de séchage d'une machine à laver industrielle. La magistrature du parquet a souligné que la victime n'avait pas reçu de « formation spécifique à cette machine » et « une absence d'évaluation préalable des risques ».
L'audience s'est déroulée en présence de l'épouse et du frère de la victime, parties civiles, comme le syndicat CGT de l'entreprise.
La CGT groupe et Cléon « ose espérer que Renault ne fera pas appel du jugement, dans le respect du camarade décédé dans cet accident dramatique et de sa famille, Renault est condamnée, qu'elle n'insiste pas ».
Non à la mise à mort de la Fonction Publique : 15 juin, journée de grève et de mobilisation dans toute la Fonction Publique.
La loi dite de transformation de la Fonction Publique prise par le gouvernement, entend bien transformer, c'est à dire changer la nature de la Fonction Publique. Le gouvernement prévoit pour la fin de l'année de faire passer une ordonnance portant « codification » du statut, c'est à dire le passage des droits collectifs attachés à la personne à des pseudos droits « renégociables », attachés à la collectivité ou à l'administration. Cela revient en conclusion à la mise en concurrence entre les salariés, les contractuels, les fonctionnaires.
Les luttes montent en puissance dans tous les secteurs : Oui, les 1ers de cordées sont en colère et le font voir et entendre tous les jours, des éboueurs et égoutiers en envahissant la mairie de Paris, au CTM de Rouen bloqué, des actions sont en cours à Vitry sur Seine, Avignon, Nantes, Saint-Etienne, Villetaneuse, Nanterre, Amiens, Abbeville (service réanimation), etc...
Qu'il s'agisse des assistantes et assistants familiaux, de la petite enfance, des animateurs, des pompiers, des ATSEMS, des bibliothécaires, des postiers, et beaucoup d'autres catégories de personnel qui ne veulent plus subir le système en place.
Les luttes montent en puissance également dans les hôpitaux, dans les services de réanimation, les infirmières et infirmiers, le personnel soignant, les brancardiers, médecins, services administratifs. Partout dans le pays, les salariés de la Fonction Publique sont appelés à faire du 15 juin une journée d'action et de grève pour un vrai service public destiné à la population de notre pays, qui en plus de la crise sanitaire subie la crise du système capitaliste où tout n'est que pour l'augmentation des profits dans les plus courts délais.
Amiens (Somme) : rassemblement à 14 h 30 Maison de la Culture pour les salariés de la santé et de l'action sociale.
Saint-Quentin (Aisne) : les travailleurs de l'Hôpital, les territoriaux, de l'Education, de la Poste seront devant le centre hospitalier à 13 h 00.
La Poste : En recevant les circulaires et les bulletins de vote pour les élections départementales, les électeurs ont eu la mauvaise surprise de voir l'enveloppe envoyée par le ministère de l'intérieur par « Adrexo » du groupe privé « CRIT », leader de la distribution d'imprimés publicitaires et de courrier adressés en France, et non par La Poste.
Le gouvernement et son ministre Darmanin ouvrent une partie du Service Public à un groupe privé, qui lui sert d’argument à la privatisation de La Poste.
L'appel d'offre du ministère de l'intérieur a été alloué au privé pour une période de 4 ans à dater du 1er janvier 2021.
Cerballiance (laboratoire médical):13 secrétaires médicales en grève devant le laboratoire Cerballiance de Beauvais dans l'Oise, pour protester contre la détérioration de leurs conditions de travail et l'annulation du versement d'une prime trimestrielle exceptionnelle en 2021. « ça fait 1 an qu'on est passé du traitement de 800 à 1500 dossiers par jour, c'est devenu de l'abattage et on a aucune reconnaissance déclare une gréviste.
Faréva : A l'appel de la CGT, une journée de grève a eu lieu le 3 juin sur les sites du groupe pharmaceutique Faréva à Amboise, Val de Reuil, Savigny le Temple et Pau.
Le groupe va produire le nouveau vaccin allemand CureVac contre le Covid-19. Les conditions de travail du personnel dans les usines de production sont devenus intenables et dénoncées par la CGT qui a lancé une journée de grève suivi massivement par les salariés.
Les revendications portent : sur le respect, une augmentation de 4 % avec un talon de 100 €, etc...
Le groupe Faréva (avec tous les autres) capte d'énormes bénéfices induits par la crise sanitaire. Pour le capitalisme, tout ce qui compte, c'est le profit : après des NAO à 0 % cette année dans le groupe Faréva, les salariés qui créent la plus-value ont donc décidé de prendre leur destin en main et d'entrer dans la lutte.

Monde
Birmanie (Myanmar) : 4 mois après le coup d'état du 1er février, la junte au pouvoir ne parvient toujours pas à faire taire la contestation du peuple Birman. Des manifestations se déroulent tous les jours dans plusieurs villes du pays et des combats continuent d'opposer l'armée à des milices rebelles dans les régions frontalières.
Pour contourner la répression, qui a coûté la vie à 840 manifestants depuis le coup d'état, les militants démocratiques évitent les grands défilés et organisent désormais des rassemblements éclair.
Les milices alliées au gouvernement parallèle mises en place par l'opposition multiplient les attaques contre les forces militaires de la dictature qui répliquent par des raids aériens et à l'arme lourde.
Article en lien avec notre site :
rapport au Comité national du 5 juin
https://www.sitecommunistes.org/index.php/le-parti/comite-national/1481-rapport-au-comite-national-du-05-juin-2021

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