Gantry 5

 

Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 22.07.2019-26.07.2019

France.
Luttes. Même si elle fait moins la une de l’actualité la grève aux urgences se poursuit face à l’intransigeance du pouvoir qui refuse toute discussion sur les revendications : 300 euros d’augmentation des salaires, 10.000 embauches pour faire face au nombre de patients. Il est vrai que ces revendications sont en opposition avec la politique du pouvoir. A Decazeville appel CGT à une manifestation de soutien au personnel de l’hôpital en lutte le 25 juillet.
Chômage. Légère baisse en catégorie A de 16.800 inscrits au 2eme trimestre. Avec les catégories B et C il se monte 5.800.000 personnes. Toutes catégories confondues A, B, C, D, E c’est le chiffre de 6,5 millions qui est atteint. Une réalité loin des cocoricos du pouvoir relayés par les médias.
Logement. Pour boucler son budget, l’Etat ponctionne 500 millions sur la trésorerie d’Action logement (ex 1% patronal). Après avoir réduit les loyers des allocataires de l’aide au logement, avec la loi Pacte qui a porté l’exonération du versement du 1% de 20 à 50 salariés c’est un nouveau mauvais coup contre le logement social.
Pour son budget 2020 le gouvernement est à la recherche de 3 Mds d’économies nouvelles. Une réunion est prévue le 27 juillet pour déterminer ou aller les chercher, aucun doute sur qui va payer.
Un accord vient d’être signé entre les buralistes, la Française des jeux et l’Etat. Les buralistes vont pouvoir collecter tous les impôts (jusqu’ici payables dans les centres des impôts) les factures dues aux collectivités locales ou aux hôpitaux. Début de l‘opération dans quelques départements en janvier 2020, sur l’ensemble du territoire au milieu de l’année. Le service public systématiquement détruit.
Fraude sociale. D’après une enquête des Urssaf la fraude est estimée entre 7 et 9 Mds. C’est le patronat avec le travail « au noir » qui porte la responsabilité de cette fraude en premier dans le transport, le bâtiment, la restauration. Cette fraude est aussi valable pour la Mutualité agricole à hauteur de 518 millions. Les Urssaf veulent atteindre 63 millions de redressement par an contre 50 en 2018. Comparé à la fraude une goutte d’eau dans la mer.
Enseignants. La destruction du recrutement statutaire se poursuit. La nombre de postes dit « à profil » va passer de 7 à 12% en 2020. Les syndicats d’enseignants s’inquiètent des décisions arbitraires dans les nominations et des difficultés de recrutement dans les académies dites « difficiles ».
DTF Medical. (Loire) Supprime 15 emplois sur 90 à la suite du déremboursement de ses production pour la santé par la SS.
Sonia Rykiel (prêt à porter féminin) : La liquidation judiciaire prononcée, c’est 135 emplois qui sont supprimés.
Profits. (1er semestre209) Plastic Omnium annonce un profit de 155 millions (pas de référence à 2018). Icade (immobilier) résultat net 47 millions (+ 7,3%). Peugeot : Résultat net 1,8 Md (+ 23,7%) Trésorerie : 7,9 Mds. Le rapport masse salariale/ CA passe sous les 11% avec l’objectif d’atteindre les 10%. Compte tenu des mauvais résultats en Chine ces chiffres donnent une idée de l’exploitation des salariés, en premier des ouvriers. LVMH. (luxe)Résultat opérationnel 5,3 Mds (+ 14%). Une progression dans toutes les parties du monde y compris en France. Ce qui montre que l’austérité n’est pas pour tout le monde. Renault. Résultat net 970 millions. C’est Nissan qui plombe les comptes avec -21 millions de participation. Total (2eme trimestre) 2,3 Mds de $.
Centre national du cinéma. Un nouveau directeur vient d’y être nommé. Il s’agit d’un proche de Macron, D. Bourdonnat, qui dans un rapport récent sur le financement du cinéma préconisait la pénétration plus importante des capitaux privés dans la production des films. 70 personnalités du cinéma dénoncent le fait qu’il va être d’avantage pro-business, notamment envers les grands groupes. Aucun secteur d’activité ne doit échapper à la main- mise du capital.
Monde.
Bretton Woods. Cette ville des Etats-Unis voit en 1944 la réunion de 44 états pour mettre sur pied un nouvel ordre monétaire et financier à partir d’un système de change fixe organisé à partir du dollar, dont la valeur est ajustée sur l’or. Sont créés la Banque mondiale et le FMI. Cela reflète à l’époque le rapport de force favorable aux USA dans un monde encore en guerre avec une Europe ravagée, une Angleterre très affaiblie, un Japon qui va être détruit par les bombardements. « Les Echos » du 22 juillet écrivent : Le nouveau système est sous domination américaine. L’ordre monétaire repose non sur une nouvelle monnaie mondiale mais sur le billet vert. Avec la décision de Nixon, président des USA en 1971, qui met fin à la convertibilité du dollar par rapport à l’or, la monnaie US devient le pivot de tout le commerce international. Elle monte ou elle baisse en fonction des intérêts de l‘impérialisme US, ce qui fait dire à un dirigeant américain le dollar c’est notre monnaie mais c’est votre problème. Il entraine la soumission du monde capitaliste à l’impérialisme US, comme on peut le voir dans le régime de sanctions prises par les américains vis-à-vis de certains pays et repris par tous. Après l’armée, le dollar est la deuxième force pour la domination mondiale.
Cette suprématie du dollar n’empêche en rien la concurrence capitaliste et les crises économiques qui se succèdent.
Face au dollar, l’euro ne pèse rien. Dans le cadre de la compétition pour la domination mondiale, la Chine tente depuis quelques années avec sa monnaie de concurrencer la domination du dollar mais ses efforts (règlements commerciaux en monnaie chinoise, ouverture d’une bourse dédiée aux valeurs technologiques) sont encore loin de faire de l’ombre à la monnaie US.
Automobile. Après le chinois Geely qui détient 9,7% du capital de Daimler (Mercédès) c’est le chinois BAIC (entreprise d’Etat) qui prend 5% du capital du constructeur allemand. De son côté Daimler possède 12% de BAIC. Daimler annonce par ailleurs qu’avec Geely la construction en Chine d’une usine de production des voitures Smart électriques, actuellement produite à Hambach (Moselle).
FMI. Revoit à la baisse ses prévisions de croissance mondiale à 3,2% pour 2019 contre 3,4 lors de sa précédente estimation. Pour le commerce international sa hausse ne serait que de 2,5%, résultat de la guerre commerciale Chine-USA. Singapour-souvent montré en exemple pour son capitalisme bienfaisant en faveur de ses habitants- est durement touché par ce ralentissement avec une chute de ses exportations de son secteur manufacturier de 20%, avec une contraction de 3,4% de son PIB. Une nouvelle fois la démonstration est faite que le capitalisme est incapable de résoudre les besoins humains.
Pour la France, le FMI qui se félicite des « réformes » Macron invite celui-ci à poursuivre dans la même voie.
Costa-Rica. Cette ile des Antilles de trois millions d’habitants à un statut particulier. Elle fait partie des USA sans être reconnue comme Etat fédéré. Cette situation l’a mise dans l’impossibilité de faire appel à l’Etat fédéral lorsqu’elle a été incapable de rembourser sa dette et a entrainé une récession dont le peuple à fait les frais et pour aggraver la situation un cyclone l’a ravagée en 2017 et dont les dégâts sont loin d’être réparés. De puissantes manifestations ont lieu pour exiger le départ du gouverneur qui aurait tenu des propos homophobes. En réalité c’est bien la question économique qui est la cause profonde de ces manifestations.
Automobile. Les prévisions du recul de la production mondiale et des profits se confirment avec son cortège de licenciements. 12.000 chez Nisan au niveau mondial, fermeture de cinq usines de Valeo en Chine, Mercédès qui confirme ses pertes, Aston Martin (Angleterre) en pleine déconfiture.
Rachat d’actions. En Europe ils ont atteint 100 Mds de $ sur les douze derniers mois, soit 32% des dividendes reversés aux actionnaires. Pas de précision par pays.