Gantry 5

 

Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 01.07.2019-05.07.2019

France.
Luttes :

Succès. La vingtaine de salariés des hôtels Campanile et Première Classe (Suresnes, Hauts de Seine) obtiennent après 32 jours de grève + 250 à 500 euros par mois pour le personnel en temps partiel, de 50 à 150 euros pour le personnel à plein temps, l’embauche de deux CDI d’ici mars 2020.
Santé. Grèves et manifestations des personnels des urgences, des hôpitaux et des Ehpad le 2 juillet pour l’emploi et les salaires.
Poste. (Tulle, Corrèze) Grève illimitée à compter du 1er juillet contre la suppression de 7 tournées de facteurs sur 45 que compte le bureau.
Bibliothèque nationale. Lancement d’une pétition tournée vers le public pour l’embauche de personnel après la suppression de 304 emplois en dix ans.
Ministère du travail. Appel CGT à une grève et une manifestation devant le ministère pour protester contre le transfert vers le ministère de l’intérieur de plusieurs services en province par le passage des services décentralisés sous la coupe des préfets.
Conforama. Voir article dans l’hebdo
Enseignants. Face au refus de toute discussion sur la réforme du bac, un certain nombre d’enseignants ont décidé de retarder la remise des notes des copies du bac. C’est un acte désespéré face à un mur déclare le Snes qui avec la CGT et Sud défend le mouvement. Le ministère refuse tout dialogue et répond en menaçant de sanctions administratives et financières.
Ne gêner aucun des secteurs du capitalisme. L’écologie et le réchauffement climatique sont au centre des préoccupations du pouvoir. A condition de ne pas porter atteinte aux intérêts d‘aucune partie du capital. Ainsi l’isolement thermique des logements est présenté comme une des principales sources d’économie d’énergie. Le gouvernement et l’Assemblée (loi climat énergie) viennent de se mettre d’accord sur un texte qui vise à imposer aux propriétaires la rénovation de ces passoires. Deux phases sont prévues : une incitative d’ici à 2023, une obligation d’ici fin de 2017. Aucune sanction financière n’est prévue en cas de non -respect. Sans commentaires.
Apprentissage. La bataille fait rage entre les artisans, les régions pour le financement de l’apprentissage, une enveloppe de 500 millions qui provoque bien de convoitises à la suite de la « réforme » qui remet l’apprentissage dans les mains du patronat. Les régions à l’image de celle d’Ile de France amputent leurs budgets (-2 millions sur 16) destinés aux CFA organismes publics. (Voir hebdo de la semaine dernière)
Logements. Le prix des loyers ne cesse d‘augmenter. Il va dépasser les 10.000 euros le m2 à Paris soit +3% et 1% pour la France dans les immeubles anciens. 13 grandes villes sont en hausse plus ou moins importantes, 6 en baisse.
Bourse. Celle de Paris enregistre son meilleur premier trimestre depuis dix ans. + 17,09% de hausse.
Transport. Les chemins de fer espagnols (Renfe) annoncent qu’ils vont postuler pour l’exploitation de lignes en France. Ils se contenteraient dans un premier temps de lignes dans le sud, avant de s’attaquer à Paris Lyon la ligne la plus juteuse. Il existe actuellement une coopération entre la SNCF et la Renfe pour l’exploitation des lignes entre les deux pays. Coopération qui disparaitra avec la privatisation et la mise en concurrence.
Electricité. Les tarifs réglementés vont augmenter de 1,2% au 1er août. Avec ces augmentations permanentes EDF perd 100.000 usagers tous les mois au profit de ses concurrents qui détiennent 22,9% du marché. EDF propose elle aussi des abonnements au prix du marché. Elle se cannibalise elle-même. Un monde qui marche sur la tête : le capitalisme.
Suppressions d’emplois. Exel (matériel agricole, Oise et Loiret) 130 licenciements. Canal + annonce 500 suppressions par « départ volontaires ».
Chômeurs. L’Unedic dans une étude confirme que les nouvelles mesures sur l’indemnité des chômeurs, que 500.000 d’entre eux verront l’ouverture de leurs droits à l’indemnisation retardée ou annulée. Ce sont bien eux qui feront les frais des « économies » décidées par le pouvoir avec 2,8 Mds sur les 3,75 d’ici à 2021.
MEDEF. Le journal « Les Echos » du 27 juin consacre une page au Medef un an après l’élection de G. Roux de Bézieux comme président de l’organisation patronale, des changements effectués et de ceux à venir.
Il part d’un constat : la mainmise de l’Etat sur toutes les questions sociales, assurance chômage, retraites, santé au travail. Ils auraient pu ajouter la Sécurité Sociale, le blocage des salaires avec le refus de tout « coup de pouce » au Smig, la casse du Code du travail. Il lui faut donc trouver de nouveau champ d’action. Il nous faut trouver de nouveaux sujets où nous pourrons être force de propositions. Indique un dirigeant patronal.
Ce n’est pas dit, mais il ne renonce en rien à son action dans les entreprises pour tirer toujours plus de profits de l’exploitation des salariés, ni sur les exigences qu’il formule pour de nouveaux cadeaux sociaux et fiscaux, mais sur un plan général Roux de Bézieux entend faire évoluer le Medef vers l’environnement et la transition écologique (c’est original) ou des actions bien menées sont porteuses de juteux bénéfices. Pour ce faire il entend se rapprocher de l’ensemble des ONG, y compris celle comme Attac ou Oxfam (présidée en France par C. Duflot ex ministre de Jospin et de Hollande qui ne s’est jamais opposée aux politiques menées en faveur du capital) sont critique sur les effets du capital (augmentation des inégalités) mais ne remettent pas en cause son existence. Elle est invitée à la prochaine université d’été du Medef comme l’a été -de manière prématurée- M. Maréchal.
(On peut remarquer l’évolution semblable de la CFDT qui agit au niveau national de plus en plus avec les ONG et des personnalités de la « société civile » pour tenter de détourner les colères et les protestations sociales vers un « pacte de pouvoir mieux vivre » plutôt que d’appeler à la lutte. Bien entendu la CFDT reste organisée dans les entreprises pour apporter au patronat la caution syndicale à tous les mauvais coups contre les salariés).
Le deuxième grand axe c’est un virage vers ce qu’il est convenu d’appeler les territoires. (C’est aussi une volonté défendue par E. Philippe lors de son discours de politique générale).
En donnant aux MEDEF territoriaux un plus grand poids dans les organismes de direction au détriment de fédérations d’industrie qui l’ont accepté, des moyens humains et financiers pour agir sur le terrain.
Les régions ont vu leurs pouvoirs économiques grandir au fur et à mesure des diverses réformes territoriales. Elles disposent de moyens considérables en subventions et aides de toute nature à offrir au patronat. L’exemple de X. Bertrand dans les Hauts de France en est la meilleure illustration. Pour le MEDEF il faut être au plus près du pouvoir de décision.
La présidente du Medef d’Occitanie explique : Sur les problèmes tels que le logement, la mobilité, la garde d’enfants, le haut débit pour le télétravail ce sont des solutions locales qui doivent être trouvées. Et de préconiser, comme le pouvoir, la pratique des expérimentations.
Avec dans un second temps et au nom de la compétitivité un Smig, une SS, une retraite, un Code du travail régional, mettant les régions en concurrence pour le plus grand profit du capital. Une idée déjà avancée par plusieurs « penseurs » du capital.
Ce qui est frappant ce sont les efforts parallèles du pouvoir politique et du Medef pour rassembler partis politiques et ONG derrière le capital. Il ne doit plus exister aucune opposition dans la société.
Ces quelques remarques pour dire qu’une étude plus approfondie des nouvelles orientations du Medef sera sans doute nécessaire.

Monde.
G20. Accord UE-Mercosur. Voir articles dans l’hebdo.
Pétrole. Accord OPEP- Russie et autres producteurs pour maintenir la production à son niveau actuel qui garantit un prix du baril autour de 65 $.
Hong Kong. Les manifestations qui se succèdent ont un net fond politique entre la ville et le pouvoir chinois mais aussi des causes économiques que les médias passent sous silence. La jeunesse en est la première victime : précarisation, logement, perspectives d’avenir, baisse du niveau des revenus depuis quinze ans. Dans le même temps les dix plus grosses fortunes de la ville détiennent 35% du PIB. Une situation ordinaire dans un système capitaliste qui entraine mécontentement et protestation.
UE. Grand marchandage autour de la répartition des postes de direction de l’UE pendant trois jours pour trouver un compromis sur les personnes. Si les 28 pays de l’UE sont d’accord pour servir le capitalisme européen, cela ne supprime pas la volonté de chacun de dominer les autres à son profit. La nationalité des principaux postes : allemande pour le président de la commission, française pour la banque centrale, belge et espagnole reflète le rapport de force au sein de l’UE. Les marchandages vont continuer pour les 28 postes des membres de la commission et de leurs responsabilités.
Roumanie. Elle a choisi Naval Groupe pour la construction de quatre corvettes et la rénovation de deux frégates. C’est la Roumanie qui construira les navires grâce au transfert de technologie, la France fournissant les études, les équipements. Le montant du contrat n’est pas connu.
Chine Les deux chantiers navals chinois vont fusionner pour donner naissance à un géant mondial, cela dans le but de concurrencer les chantiers sud-coréens. Cette décision vise à contrer la fusion de deux chantiers en Corée. Le nouveau groupe va peser 66 Mds d’euros de CA et dégager 1Md de bénéfice.