Gantry 5

 

Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 20.05.2019-24.05.2019

France.
Luttes :
Enseignants. Manifestations dans plusieurs villes le 19 mai contre la réforme Blanquer.
Taxis, ambulances, auto-écoles. Manifestation le 20 mai contre la loi Mobilité qui tend à tirer l’ensemble de ces activités vers une ubérisation, sous le prétexte de baisse des prix pour les consommateurs.
GE. (ex Alstom, Belfort) Débrayage et manifestation le 21 mai contre les menaces sur l’emploi. GE dont les actionnaires exigent plus de dividendes a engagé un vaste plan de suppressions d‘emplois dans tous les pays où il est implanté.
Presse. Nouvelle grève de 24h le 22 mai dans la distribution de la presse parisienne pour défendre l’emploi face à la privatisation de la distribution des journaux.
Hôpital. (Rennes) Les urgences entrent en grève illimitée à compter du 24 mai, avec les mêmes revendications que l’ensemble des urgences qui continuent le mouvement : personnel en plus et augmentation des salaires.
SNCF. La lutte des cheminots, des producteurs de fruits et légumes, des élus pour le maintien du train Perpignan-Rungis, a permis le report de la fermeture en décembre. Sur le fond, pour les investissements nécessaires à assurer la poursuite de l’exploitation de la ligne rien n’est définitivement solutionné. D’autant qu’une liaison Barcelone-Rungis par fer est en projet.
Ascoval. Nouvelle menace sur l’aciérie de St Saulve et sur celle d’Hayange (Moselle) après la mise en liquidation judiciaire de la maison mère British Steel qui réclame une aide de 75 millions de la part de l’Etat. Elle a déjà reçu 125 millions pour effacer la facture des droits d’émission de CO2. Pour l’instant l’activité est maintenue. Pour combien de temps ? Il faut rappeler que l’usine de St Saulve appartenait à Vallourec à qui elle fournissait l’acier nécessaire à la fabrication des tubes pour l’industrie pétrolière. Avec la baisse du prix du pétrole et le ralentissement des nouveaux investissements, Vallourec qui a une aciérie au Brésil a préféré liquider St Sauve et se fournir au Brésil. Profit d’abord.
Mowi. (production de saumon fumé, groupe norvégien, Landivisiau, Finistère) Prenant prétexte de l’incendie de son usine supprime les 106 emplois.
Cora. (St Malo) Deux salariés qui ont refusé de travailler le dimanche sont licenciés pour « faute lourde ». La CFTC seul syndicat dans le magasin proteste sans appeler à l’action. Les salariés vont déposer plainte aux prud’hommes.
Capitalisation boursière. Au 17 mai elle représente environ 172.000 Mds pour les dix premières capitalisations boursières. En tête les entreprises du luxe LVMH 172,2 Mds, l’Oréal 136,8, puis Total 130,6 et pour finir Axa 54,8. Les banques -à l’exception de la BNP avec 56,7 contre 77,7 en 2018-ne figurent plus dans le palmarès.
Cinéma. D Boutonnat (producteur et réalisateur, ancien d‘Axa) vient de rendre un rapport demandé par Macron qui veut légiférer sur les aides au cinéma français. Il s’agit uniquement de propositions financières sans aborder à aucun moment le rôle culturel du cinéma. Sans surprise c’est au secteur privé qu’il est prévu de faire appel à hauteur de 80 à 100 millions par an. Le Centre National du Cinéma (CNC) présidé par D Bredin c’est félicité de cette proposition « L’idée est d’adapter notre modèle à une nouvelle donne économique ». Le cinéma français, s’il a produit des films remarquables, est des plus discrets pour mettre en cause les orientations politiques (par exemples les guerres coloniales) ou sociales. La pénétration plus importante du capital qui va exiger un retour sur investissements, va tirer vers le bas la production.
Bricolage. Alors que le pouvoir réaffirme sa politique de casse des acquis et des droits sociaux -fonctionnaires, assurance chômage, retraite- E Philipe vient d’adresser aux préfets une circulaire qui leur ordonne de trouver sous dix jours des solutions pour le retour à l’emploi et la transition écologique en liaison avec les « acteurs pertinents (?) du territoire ». L’opération poudre aux yeux se poursuit pour tenter de faire baisser le mécontentement. Un seul exemple : une offre de garderie « ponctuelle » le temps d’un entretien d’embauche.
Fonctionnaires. E. Philippe n’arrête pas d’écrire. Cette fois aux ministres pour exiger la décentralisation des services en province (par exemple 3000 aux finances) et la suppression des agences de moins de 100 fonctionnaires. Une deuxième circulaire en projet prévoit la suppression des « doublons » entre l’Etat et les collectivités locales. Une méthode de liquidation de la fonction publique en douceur rendue possible par la « réforme » qui va être votée à l’Assemblée.
Crédit immobilier de France. (CIF) Le gouvernement Hollande avait décidé la fermeture à terme en 2012 de cet établissement d’Etat spécialisé dans les prêts pour l’accession à la propriété des ménages modestes. Il devrait disparaitre au fil du temps en refusant tous nouveaux prêts. Il ne reste plus que 360 salariés contre 2500 en 2012 et la fin du CIF en 2035. Pour l’instant c’est une bonne affaire pour l’Etat, le CIF ayant versé 950 millions de dividendes entre 2013 et 2018.
Monde.
USA.
Plusieurs dizaines de milliers d’employés dans la restauration rapide sont en grève et demandent que les salaires ne soient pas inférieurs à 15 $ de l’heure.
Ford qui licencie à tour de bras en Europe va supprimer 7000 emplois aux USA de cadres et dans les fonctions supports. Il a provisionné 11 Mde $ pour les indemnités et espère économiser 2Mds par an.
Dividendes. Pour les trois premiers mois de 2019 les entreprises US vont verser 122,5 Mds de $ de dividendes (+7,8% en un an) grâce, en partie à la réforme fiscale décidée par Trump. Dans la région Asie-Pacifique (hors Japon) ils augmentent de 14,7% à 18,1Mds. Pas de résultat significatif en Europe qui ne publie pas de résultats trimestriels.
Chine-USA. Chaque semaine amène une nouvelle sanction US envers la Chine dans la course entre capitalistes pour la domination mondiale dans les nouvelles technologies et les télécoms. Un commentaire du cabinet Gemway confirme notre appréciation avec leurs mots à eux « Ce qui est certain, c’est que les Etats-Unis ne tolèrent pas l’ascension de la Chine, tout comme ils n’avaient pas toléré celle du Japon dans les années 1980 ». Il s’agit cette fois de bloquer les composantes fabriquées aux USA et vendues à la Chine qui les inclus dans ses productions. La suspension de cette interdiction par Trump pour trois mois ne change rien au fond de la décision. Le Japon et l’Angleterre annoncent leur intention de ne plus fournir eux aussi les composants qui entre dans les productions chinoises. Plusieurs entreprises françaises qui vendent des composants à la Chine et qui contiennent des produits US risquent de souffrir de cette décision et ont fortement chutées en bourse à son annonce.