Dans l’actualité internationale

L’actualité internationale est marquée cette semaine par la dégradation de la situation dans le golfe avec l’attaque de sites pétroliers en Arabie Saoudite, les résultats des élections en Israël et en Tunisie.

Arabie Saoudite : Halte à l’escalade !
Les frappes contre des installations pétrolières en Arabie Saoudite sont un pas de plus dans l’escalade des tensions dans cette région particulièrement sensible. Les guerres en Irak, en Syrie, au Yémen, la colonisation israélienne de la Palestine, l’embargo, les pressions et les agressions US à l’encontre de l’Iran sont autant de révélateurs des affrontements pour la domination de cette région stratégique du point de vue de l’alimentation énergétique mondiale. Les états impérialistes s’y livrent avec leurs alliés régionaux à des guerres incessantes. Loin d’être parfaitement identifiées elles relèvent d’un espace de conflit que l’on peut qualifier de « gris » et sans déclaration de guerre, tant l’utilisation de troupes mercenaires et les alliances se croisent et s’entrecroisent au gré des intérêts des Etats concernés.
La France n’étant pas la dernière à être directement impliquée dans ce conflit majeur. Ainsi, elle arme l’Arabie Saoudite et les navires qu’elle livre, servent au blocus du Yémen dont on sait les ravages qu’il fait parmi les populations civiles. Mais la France n’est pas seule, presque tous les grands producteurs d’armement sont à la manœuvre, y compris la Russie qui propose ses missiles à l’Arabie Saoudite pour protéger son espace aérien et en livre déjà à la Turquie pourtant membre de l’OTAN ! Les USA qui entendent maintenir et étendre leur domination sur la région sont à la manœuvre. Après avoir dénoncé l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, ils poussent à une confrontation et la préparent en cherchant tous les prétextes possibles et le bombardement d’installations pétrolières en Arabie Saoudite en est un de plus. Il est temps d’arrêter cette escalade mais n’ayons pas l’illusion qu’il suffirait de bonne volonté ou de bons sentiments. Seule la lutte des peuples contre l’impérialisme peut modifier le rapport des forces et imposer la paix. En France nous devons agir pour que cessent les livraisons d’armes aux états agresseurs.

Israël : Quelles perspectives après les élections législatives ?
Après l’échec de la formation d’un gouvernement de coalition B. Nétanyahou avait choisi le recours à de nouvelles élections en espérant les emporter. Les résultats montrent que ce pari est perdu. Avec près de 70 % de votants, en hausse de 1,5 %, le Likoud de Netanyahou remporte 32 sièges sur les 120 que compte le parlement comme son adversaire Gantz du parti Bleu-blanc (les couleurs du drapeau israélien). La Liste Unie des partis arabes et du Hadash au sein duquel participent les communistes devient la troisième force du pays avec 12 sièges, le reste se partage pour l’essentiel entre des partis ultra-nationalistes religieux ou non. Le parti Travailliste est relégué à moins de 4 %. Si Netanyahou et le Likoud on fait une campagne particulièrement agressive avec un soutien appuyé à la colonisation totale de la Palestine. Son adversaire Gantz n’a pas vraiment clarifié les choses dans ce domaine en appuyant essentiellement sur le rejet de Netanyahou embourbé dans un nombre important d’affaires judiciaires de corruption et sur le mécontentement social généré par une dégradation des conditions de vie d’une partie de la population laborieuse. La situation est donc tout sauf simple puisque la recherche d’une coalition permettant d’atteindre les 61 députés implique pour Netanyahou comme pour Gantz de s’allier aux partis ultra-nationalistes en particulier religieux qui estiment pouvoir faire la pluie et le beau temps. C’est ce que note le journal israélien Haaretz qui s’interroge sur la possibilité pour la Liste Unie de soutenir une majorité dirigée par le parti Bleu et Blanc de Gantz. A ce stade rien n’est vraiment prévisible.

Tunisie : De nouveaux venus ?
Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie sont marqués par une abstention massive de plus de 55 %, ce qui relativise les scores obtenus par les deux principaux candidats. Si les media font état d’une surprise en observant que les deux premiers ne seraient pas des « professionnels » de la politique, ils se gardent bien d’indiquer que le second Nabil Karoui est un grand patron de télévision tandis que Kaïs Saïed arrivé en tête est un professeur de droit constitutionnel bien connu, conservateur et proche des milieux islamistes. Si le résultat marque un rejet certain des mœurs politiques l’abstention témoigne que ni l’un ni l’autre n’ont vraiment convaincu le peuple tunisien de se ranger sous leur bannière. La bourgeoisie tunisienne est donc à l’abri d’une surprise électorale et nous en saurons plus sur les alliances à venir après les élections législatives du 6 octobre prochain. En attendant, les problèmes majeurs demeurent, ceux du chômage, de la vie chère, des difficultés de logement et tout simplement de la misère.

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