N° 995 17/09/2026 Une réunion des ministres de l'Energie du G20 organisée au Texas par l'administration américaine s’est tenue du 14 au 16 septembre sous la bannière "abondance énergétique". Les États-Unis cherchant à montrer leur puissance (N°970 "L'énergie, toujours la mére des batailles") et faire oublier la guerre en Iran et ces conséquences(1). A Houston, se sont donc côtoyés les ministres des plus grandes économies : Chine, Inde, Japon, Allemagne...et des puissances pétrolières Arabie saoudite, Qatar, Canada…
En 2025, Donald Trump a promis de "forer à tout va." afin de renforcer la domination américaine. "Libérer le plein potentiel énergétique" du pays: tel est le mot d'ordre répété en boucle par les responsables américains, montrant la volonté de Washington de promouvoir un modèle axé sur l'augmentation de la production de pétrole et de gaz, le renforcement de l'offre d'électricité et l'assouplissement des réglementations environnementales considérées comme des obstacles à l'investissement énergétique(2). Le ministre de l'Energie Chris Wright a présenté le même jour l'expansion d'un projet de terminal d'export de gaz naturel liquéfié (GNL) apportant d'"immenses bénéfices aux États-Unis". Le secteur énergétique représente près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis, premier pollueur historique de la planète. Le pays a connu l'été le plus chaud de son histoire et fait face à une vaste sécheresse.
Le ministre Doug Burgum a décrit mardi le projet :"L'idée est de produire suffisamment d'énergie pour assurer la prospérité de notre pays, tout en étant en mesure de fournir une énergie sûre, abordable et fiable à tous nos alliés". Il poursuit : "Le président Trump souhaite que le monde entier ne soit pas contraint de se concentrer sur une région".
La guerre lancée par les USA contre l'Iran a restreint les exportations d'hydrocarbures du Moyen-Orient et fait exploser les prix à la pompe(2). Le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'emprise des Houthis pro-iraniens sur le détroit de Bab el-Mandeb ont pour conséquence de bloquer le pétrole d’Arabie Saoudite et de l’Irak… Une autre voie maritime devient cruciale pour la Chine.(1)
La Maison Blanche s’approprie le continent américain, "de l'Alaska à l'Argentine", à devenir "le centre névralgique" de l'énergie, son atout de taille: le Venezuela. Les 2tats-Unis contrôlent déjà un cinquième des réserves d'or noir vénézuéliennes avec la complicité du gouvernement vénézuélien.
Une délégation vénézuélienne a été invitée à Houston ou plutôt sommée de se rendre à Houston : « Vous entendrez, au cours des prochains jours, divers ministres que nous avons fait venir du Venezuela » insiste Jarrod Agen, conseiller à la Maison Blanche. Le gouvernement américain a évoqué à ce G20, l'ampleur des gisements vénézuéliens en charbon, une source d'énergie (très polluante) à relancer : Washington et Caracas "cherchent à conclure de nouveaux accords énergétiques", a indiqué Doug Burgum. Il ajoute : "A mesure que nous reconstruisons le réseau électrique au Venezuela, nous allons également avoir besoin de plus d'électricité pour la consommation locale" évidemment couverte par le recours au charbon d’ou la venue du ministre vénézuélien en charge du secteur minier. Une fois de plus, des décisions fondamentales concernant la vie politique et économique du Venezuela sont prises depuis la Maison Blanche, et le palais de Miraflores se contente d'acquiescer.
Trump a aussi assuré lundi que Kiev et Moscou s'étaient engagés à ne plus frapper les infrastructures énergétiques adverses, un jour après s'en être pris à l'Ukraine concernant ses attaques contre des raffineries de pétrole russes, accusant Zelenski d'être à l'origine d'une "pénurie de diesel"(4) . A noter le retour de la Russie au G20 représenté par le ministre de l'Énergie Sergey Tsivilyov.
L'UE se trouve sous les fourches caudines des USA dans cette vaste lutte de pouvoir au sein du système impérialiste: Virgil-Daniel Popescu délégué par l’EU ne pèse pas lourd : "L'épreuve à Houston consiste à voir si nous pouvons parler d'abondance sans amnésie, sans oublier l'Ukraine et sans oublier que la dépendance, au carburant ou à la technologie, reste le risque stratégique." a-t-déclaré.
Au sein de l’impérialisme mondial, nous voyons les conflits se durcir avec l’affrontement principal entre la Chine et les États-Unis et les secondaires comme celui opposant les États-Unis à l’Union européenne, cette dernière acceptant sa vassalisation.
A ce G20, évidemment aucun n’a proposé d’obliger les grands groupes capitalistes industriels et financiers à payer les conséquences de leur politique avec les centaines de milliards appartenant aux salariés les produisant. Eux par leur travail produisent ces richesses. Oui il faut en finir avec ce monde capitaliste. Partout dans le monde, les ouvriers, les salariés, les paysans et les artisans agissent contre l’exploitation et la domination des grandes firmes capitalistes. Notre parti contribue à la lutte de classe. Il est l’outil politique indispensable à celles et ceux qui combattent le capitalisme et veulent changer de société.
(1)Les prix du gaz européen ont grimpé à environ 75 €/MWh le 9 septembre, dépassant ensuite 83 €/MWh le 14 septembre, contre environ 31 €/MWh avant la guerre initiée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Cette flambée des prix a conduit la Banque centrale européenne (BCE) à avertir : les prix du gaz deviennent un problème pour l'inflation. Le prix du baril de brut Brent a également dépassé les 100 dollars, dans un contexte d'escalade au Moyen-Orient, ceci devrait entraîner une nouvelle hausse des prix à la pompe.
(2)La demande d'électricité explose aux Etats-Unis avec le développement de l'intelligence artificielle (IA), ayant besoin de centres de données énergivores.
(3)https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/asie/4083-la-chine-choisit-la-voie-maritime-arctique
(4)Selon l'Association automobile américaine (AAA), un record. L'essence ordinaire est 44 % plus chère qu'avant le conflit. L'explosion des prix à la pompe, pourrait pour Trump une lourde défaite électorale lors des élections législatives de novembre.