N° 961 21/012026 Le forum de Davos, créé en 1971, réunit le gotha du capitalisme mondial et des chefs d’État ou de gouvernement afin de débattre sous la houlette de consultants de « haut niveau », c’est-à-dire au fait des subtilités des mécanismes des marchés mondiaux.
Cette rencontre annuelle constitue le symbole hyperbolique des liens étroits entre les agents du capital et les pouvoirs politiques ou plus exactement de la subordination des seconds aux premiers qui viennent donner quelques leçons de bonne gestion des économies nationales aux « gestionnaires » des États.
Ce forum se présente comme un moment de réflexion et non de décisions même si en coulisse quelques rendez-vous sont pris ou des échanges de bons procédés engagés. Le centre des préoccupations demeure la régulation des échanges commerciaux et financiers mondiaux dans une optique de « fluidification » des flux.
Bien évidemment, le président des Etats-Unis d’Amérique a une idée précise des flux d’investissements internationaux : vers son pays. Le président de la République française a également appelé les capitalistes internationaux à investir en France, en particulier un appel adressé aux Chinois.
Si le président Trump se déplace à Davos, c’est dans le but de faire des affaires comme les autres participants, toujours restés pudiques à ce sujet. Cependant, accorder des détaxations à une multinationale pour qu’elle vienne s’implanter dans son pays est une chose, acheter le Groenland, c’est autre chose. Pousser de manière à obtenir la création d’un Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est aussi autre chose que d’exiger de ses alliés d’adhérer à un « Conseil de la Paix » pour un milliard de $. Personne ne peut nier que la paix, c’est bon pour les affaires, même si les responsables politiques européens et bien au delà pourraient arguer que la guerre aussi est favorable aux affaires.
Le président Trump a été retardé par une panne de son avion présidentiel, Air Force One, ce qui nous renseigne sur l’avance technologique américaine qui n’est pas aussi uniforme qu’il n’y paraît. Son discours a insisté sur la puissance de son pays, facteur de prospérité mondiale (ce qui n’est pas tout à fait faux, en particulier par sa demande de produits à l’importation), réaffirmé sa volonté d’annexer le Groenland (confondu avec l’Islande, les Islandais sont donc avertis) pour faire face aux menées russes et chinoises. Il se dit aussi satisfait de l’opération au Vénézuéla qui permettrait à ce pays d’augmenter ses recettes pétrolières, étant entendu que la moitié de ses réserves reviennent aux Etats-Unis d’Amérique. Un impérialisme assumé et sans complexe donc aussi bien en Amérique du Sud qu’au Groenland (les pays de l’Otan opposés à ce projet seraient sanctionnés d’après des déclarations antérieures).
Il a également fait référence dans son discours à la théorie du Grand Remplacement qui frappe l’Europe, en particulier la France (que l’on ne reconnaît plus).
L’âpreté des débats entre les Etats-Unis et ses partenaires européens de l’OTAN démontre, contrairement aux préceptes affichés à Davos, qu’il n’est point de doux commerce. Au sein de l’impérialisme mondial, les conflits se durcissent avec l’affrontement principal entre la Chine et les Etats-Unis et les secondaires comme celui opposant les États-Unis à l’Union européenne. Et dans ce contexte, l’appel aux investissements chinois du Président Macron à Davos démontre que les lignes de l’affrontement impérialiste sont bien fluctuantes.