Gantry 5

 

N° 925 12/05/2025  Les volontés d’accaparement ou de contrôle de ressources naturelles constituent le plus souvent les faces plus ou moins bien cachées des conflits militaires. Ainsi, les guerres d’Irak étaient bien des guerres pour le pétrole. Le conflit en République Démocratique du Congo – plus de 30 ans et 6 millions de victimes – s’explique par la stratégie d’accaparement par le Rwanda (et l’Ouganda durant un temps) au compte de leurs sponsors des fabuleuses ressources minières de ce pays.
Si les sources d'énergie et les métaux et terres rares sont souvent présentés comme des enjeux majeurs des conflits, l’eau demeure aussi un enjeu important dans un contexte de perturbations climatiques qui aiguise les conflits. Ainsi, de fortes tensions sont survenues entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie du fait de la construction du barrage éthiopien (Grand Barrage de la Renaissance qui devrait alimenter une centrale hydroélectrique de 5 GW), les deux premiers estimant le remplissage de ce barrage comme une menace pour leurs approvisionnements en eau (le Nil couvre 90% des besoins égyptiens en eau).
De même, les projets chinois de barrages inquiètent ses voisins (Vietnam et Inde) qui ne sont pas en reste pour construire des centrales hydrauliques, pour autant, la Chine, maîtresse du plateau tibétain, détient un avantage stratégique certain sur son rival indien.
L’occupation israélienne du plateau du Golan s’explique en partie par son importance dans le système hydrique régional. Enfin, les tensions au Cachemire s’expliquent aussi par la question de l’eau et d’ailleurs, le gouvernement indien a menacé de « couper » l’eau au Pakistan, menace peu crédible mais pour autant elle met en lumière un aspect des rivalités indo-pakistanaises.
L’intérêt des États-Unis pour le Canada inclut assurément les ressources hydriques canadiennes qui pourraient palier les déficits de plus en plus importants des ressources états-uniennes (le Colorado et la Californie en constituent des exemples spectaculaires).
Il existe sans doute d’autres exemples de tensions internationales liées à la question de l’eau. A l’instar de notre actualité nationale récente avec les conflits autour des grandes bassines, il est certain que les conflits sur le partage des eaux traversent également les nations.
La transition énergétique demande également beaucoup de métaux. L’Union européenne a recensé les métaux dits stratégiques assez peu communs sous nos latitudes. Les terres rares tiennent -si on peut dire – la vedette. La Chine en possède un quasi-monopole mondial au niveau des réserves mais aussi et surtout de la purification, d’où les efforts américains pour en trouver peut-être en Ukraine et plus sûrement en RDC dans le cadre de ce qu'ils présentent comme leurs missions de pacification de la région.
Il convient de noter que le traitement des minerais, de plus en plus difficiles au fur à mesure de l’épuisement des meilleurs filons, nécessite de plus en plus d’énergie et… d’eau et entraîne la production de déchets polluants que les grandes puissances capitalistes consommatrices préfèrent voir se répandre ailleurs !.
Les enjeux des conflits sont multiples et concernent toutes les ressources naturelles. D’évidence, l’objectif de ces luttes n’est pas le bonheur des peuples mais la volonté d’accaparement pour préserver la capacité des puissances impérialistes à assurer la pérennité de l’accumulation capitaliste.