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Rubrique internationale: Algérie 1962-2022. J. Biden au Proche- et Moyen-Orient

N° 778 20/07/2022 Algérie 1962-2022: 60 ans d'indépendance. J. Biden au Proche- et Moyen-Orient

Algérie 1962-2022: 60 ans d'indépendance.

L' Algérie a fêté le 5 juillet les soixante ans d'une indépendance chèrement acquise en obligeant, par la lutte armée et politique, l'impérialisme français à renoncer à sa domination sur ce qu'elle considérait comme un territoire français. Si l'on estime généralement que la lutte de libération nationale a commencé sous la direction du Front de Libération Nationale (FLN) le 1er novembre 1954, la lutte contre une conquête coloniale particulièrement sanguinaire a été effective dès 1830(1) . la brutalité de cette colonisation est tout entière exprimée en 1843 par le lieutenant colonel de Montagnac :"Toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d'âge ni de sexe: L'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis les pieds". La résistance à la colonisation fut menée Par l'émir Abd el-Kader (1808-1883)(2) , sans oublier l'insurrection d'El Mokrani en 1871(3) .
C'est dire que la lutte de libération nationale fut longue particulièrement douloureuse et meurtrière (près d’un million de morts entre 1954 et 1962) pour le peuple algérien. Jusqu'au dernier moment les forces du colonialisme s'arc-boutèrent sur le maintien de la colonisation et même dans ces derniers moment tentèrent la partition de l'Algérie pour en conserver le Sahara riche en pétrole et en gaz, ouvrant la voie à l'installation de bases militaires permettant, en particulier, la poursuite des essais nucléaires de la France. Cette période est richement documentée dans le livre de Malika Rahal(4).
Soixante années d'indépendance c'est à la fois long, mais bien court à l'échelle de l'histoire. Si l'indépendance et les politiques menées dans les premières décennies ont permis un réel développement économique et social de l'Algérie, le cours de l'histoire, à la suite de la disparition de H. Boumédienne, a pris des chemins que l'universitaire Fatna Abdelkader nomme :" La dérive libérale de l'économie". De fait, la bourgeoisie algérienne y a consolidé son pouvoir, essentiellement en vivant de la rente des hydrocarbures et en réprimant durement les mouvements populaires de contestation. Les derniers mouvements populaires qualifiés de Hirak montrent, comme le dit l'économiste Abdélatif Rebah que: " Près de six décennies après l’indépendance, la question de la voie à prendre est toujours en jeu"(5) .
Un des enjeux majeur de l'Algérie, c'est celui de son indépendance face aux pressions impérialistes qui voudrait la faire rentrer dans le rang de la soumission aux intérêts états-uniens et à son pilier régional qu'est Israël. Rappelons que l'Algérie, comme, à l'époque, la Libye, la Syrie, l'Irak, le Soudan et l'Iran s'opposèrent aux accord dit de Camp David en 1978 et qui signifièrent la fin du soutien occidental et de certains pays de la région à la constitution d'un État palestinien. Rappelons nous de ce qu'a coûté un tel refus à la Libye, à la Syrie, à l'Irak, au Soudan et de la guerre que mènent les États-Unis contre l'Iran, sans oublier le rôle qu'ont joué les impérialistes pour alimenter la guerre civile en Algérie après 1991 et pendant plus d'une décennie où les forces progressistes furent la cible privilégiée du Front Islamique du Salut! La pression qui s'exerce aujourd'hui contre l' Algérie passe entre autre par la Maroc qui a rejoint l'alliance pro-israélienne soutenue par les États-Unis.
Soutenir l’Algérie aujourd'hui passe donc par le soutien à ces forces progressistes dans leur lutte pour sortir de la domination de la bourgeoisie qui enfonce le pays dans la crise sociale et économique, c'est aussi de crier aux impérialistes de tout poil qui veulent en aliéner l'indépendance: bas les pattes devant l'Algérie. C'est ce que nous dirons très fort à la rentrée dans une réunion publique de notre parti avec des militants algériens qui se battent pour l'indépendance de leur pays, la démocratie et le socialisme.

(1) Aujourd'hui l'Afrique, revue trimestrielle de l'AFASPA, Hors série, janvier 2022: Algérie 1830-2021
(2) Qn lira avec intérêt la "lettre aux français" de l'émir Abd el-Kader, Éditions Phébus, Paris 1977
(3) https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/afrique/1519-algerie-150eme-anniversaire-de-l-insurrection-d-el-mokrani-et-de-cheikh-aheddad
(4) Malika Rahal Algérie 1962: Une histoire populaire, Éd. La decouverte, 2022
(5) bdelatif Rebah : Algérie Post-Hirak à la conquête de l'avenir, Éd. Apic, Alger 2021

J. Biden au Proche- et Moyen-Orient: pour quels résultats?
Le président des États-Unis avait visiblement un double objectif dans son voyage. S'assurer de la fidélité de l'alliance avec les pays du golfe contre l'Iran et plus largement contre la Russie et la Chine en sous-traitant le rôle à Israël. Le journal Le monde résume assez bien la situation en écrivant :" Washington cherche depuis à compenser son désengagement par un « parapluie israélien » qui verrait l’État hébreu mettre sa puissance militaire et technologique à la disposition des États prêts à s’allier à lui et rejoindre une alliance de défense régionale émergente contre Téhéran". Le deuxième objectif, intimement lié au premier était d'obtenir de l' Arabie Saoudite l'augmentation de sa production de pétrole pour en faire baisser les cours et contrer les capacités de la Russie à rester un acteur majeur dans ce domaine.
Les résultats sont-ils à la hauteur des espérances de J. Biden? La réponse est plus que mitigée! Malgré l'effacement par J.Biden de l'affaire Jamal Khashoggi, ce journaliste dont l'assassinat est attribué au prince héritier r d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman; l'Arabie Saoudite ne s'est pas engagée à rejoindre l'alliance avec Israël pas plus qu'elle n'a renoncé à maintenir les quotas de production de pétrole fixés par l'OPEP+ auquel participe la Russie. Comme le titre le journal Le monde :" Joe Biden renoue avec Mohammed Ben Salman mais repart les mains vides".