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Rubrique internationale : Soudan, Portugal

742-11/112021 SoudanLa répression contre le mouvement populaire qui s’oppose au coup d’état militaire s’aggrave tandis qu’apparaissent plus clairement les ressorts de ce coup d’état qui visent à rétablir l’ordre qui avait été renversé en avril 2019 par le peuple soudanais.

Dans une déclaration du 29 octobre, le Comité Central du Parti Communiste Soudanais s’exprime ainsi à propos de la situation dans le pays :
« Nous, le Parti Communiste Soudanais, condamnons le coup d'État du 25 octobre et les arrestations de civils qui en ont résulté, l'usurpation des droits politiques et démocratiques comme le tir à balles réelles sur les masses qui manifestent pacifiquement. Nous condamnons également l'instauration de l'état d'urgence et exigeons la libération du Premier ministre et de tous les détenus politiques arrêtés après le coup d'État, l'abolition de toutes les décisions et la mise en jugement des putschistes. Ce coup d'État ouvre la voie à un virage à droite au sommet du pouvoir visant à reproduire le régime noir extrémiste et nous ramener à l'ère des « maisons fantômes » (centres secrets de détention et de torture) et de l'élimination de la démocratie et des droits.
Notre peuple et ses forces patriotiques et démocratiques ont remporté de nombreuses victoires. Avec leur conscience et leur courage, ils ont vaincu leurs ennemis et protégé leur Révolution au cours des deux dernières années. Les manifestations populaires de masse rassemblant des millions de personnes les 30 juin 2019 et 21 octobre 2021 ont été les traits les plus marquants de la résistance audacieuse de notre peuple face aux ennemis de la Révolution.
Sur la base des expériences de notre peuple et de ses luttes, nous, le parti communiste soudanais, travaillons avec toutes les forces pertinentes pour former le front le plus large pour résister et vaincre le coup d'État.
Dans ce contexte, nous appelons les Comités de Résistance, les Comités de Direction, les Comités de Revendications, toutes les organisations de masse, l'Association des Professionnels et les forces civiles à s'unir pour défendre la révolution, vaincre le coup d'État et poursuivre la voie du changement radical afin d'atteindre les objectifs de la Révolution de décembre.
La réponse au coup d'État, comme aux tentatives en cours de former un gouvernement civil sous la tutelle du Comité de sécurité et de ses alliés, passe par la construction d'une unité militante et persévérante pouvant amener la Révolution à ses objectifs de liberté, de paix et justice.
Cela se fait par l'unité, la mobilisation, l'organisation et le soutien à un programme révolutionnaire qui nécessite la mise en œuvre d'une politique économique visant à résoudre les difficultés économiques en rejetant les diktats du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale, et en transférant les entreprises contrôlées par les forces armées au ministère des Finances. Cela nécessite également d'accélérer la liquidation des forces restantes de l'ancien régime, de dissoudre toutes les milices, restructurer les forces armées, construire une paix populaire globale comme alternative à l'Accord de Juba, obtenir justice et vengeance pour tous les martyrs de la Révolution et remettre le dictateur déchu [Omar Al-Bashir] à la Cour Pénale Internationale.
Enfin, une politique étrangère doit être adoptée pour exprimer les objectifs de la révolution de décembre, mettre l'intérêt du pays au premier plan, protéger la souveraineté nationale et faire sortir le Soudan des alliances militaires régionales et mondiales.
Le parti communiste soudanais salue les prises de position des peuples, des partis communistes et progressistes à travers le monde, des gouvernements et des organisations régionales et internationales, condamnant le coup d'État et soutenant les désirs et les aspirations populaires du peuple soudanais. »
Dans un article publié récemment dans l’hebdomadaire Avante du Parti Communiste Portugais, Carlos Lopes Pereria, fait observer que le coup d’état au Soudan est loin d’être une exception en Afrique ; il écrit ainsi : « Peu de jours avant, la République de Guinée a également subi un coup d'État, mais cette fois avec une issue : le gouvernement a été dissous, la Constitution suspendue et le président Alpha Condé démis de ses fonctions. Malgré la condamnation immédiate des évènements à Conakry par les Nations-Unies, l'Union Africaine, de la Communauté Économique de l'Afrique Occidentale (Cedeao) et l'Union Européenne, il y avait peu de doutes que ce coup d'État militaire obéissait à des intérêts étrangers. Son leader est le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, commandant des forces armées spéciales de l'armée guinéenne. Il a reçu une formation en Israël, a servi dans la légion étrangère française et ne cache pas ses liens privilégiés avec Africom, le commandement militaire des Etats-Unis pour l'Afrique.
La Guinée, ancienne colonie française, est un des plus grands producteurs mondiaux de bauxite (aluminium) et est riche de plusieurs autres ressources minérales, du fer au nickel et à l'uranium. Dans l'exploitation du nickel, la Guinée a maintenu jusqu'à aujourd'hui de bonnes relations avec la Chine et la Russie - ce que Washington considère intolérable.
Dans une autre ex-colonie française, le Tchad, fidèle allié de Paris, des protestations populaires ont éclaté à N'Djamena en septembre contre la junte militaire qui dirige le pays depuis la mort du président Idriss Déby Itno, en avril 2021, au cours d'un combat contre les "forces rebelles" basées en Libye. Un conseil militaire de transition, formé de généraux et dirigé par Mahamat Idriss Déby (le fils de l'ancien chef d'Etat), a pris le pouvoir et a promis de tenir des élections libres et démocratiques sous 18 mois. Dans les rues de la capitale, les manifestants contestent la légitimité des formes armées au pouvoir et la France qui les appuie, affirmant que "le Tchad n'est pas un Royaume".
Au Mali, qui n'a connu non pas un mais deux coups d'Etat depuis août 2020, les militaires ont aussi pris le pouvoir. Au début de la semaine [le 23 septembre], Florence Parly s'est rendu à Bamako et a rencontré son homologue malien, le colonel Sadio Camara, à la suite duquel elle a déclaré avoir eu "une conversation franche, directe et complète". Parly a réaffirmé que Paris n'acceptera pas un accord éventuel du Mali avec une entreprise de sécurité russe, suggérant que la France pourrait retirer ses troupes du pays. Les militaires maliens n'ont pas commenté mais ils avaient fait savoir auparavant qu'ils n'accepteraient pas de telles impositions.
Depuis 2013, sous prétexte de combattre le terrorisme au Sahel, la France a posté des milliers de soldats au Mali et dans d'autres pays de la région. Les Etats-Unis, l'Union Européenne et les Nations Unies ont également déployé des forces militaires sur place.
La situation actuelle en Afrique signale que les peuples africains sont de plus en plus enclins à protester contre les coups d'Etat militaires, les ingérences et les interventions militaires étrangères parce qu'ils aspirent - comme tous les peuples du monde - à la paix, la souveraineté, au développement et au progrès social. »
L’Afrique, comme nous l’avons déjà analysé, est au centre d’affrontements violents entre les pays impérialistes(1) . Ce continent jeune d’une grande richesse constitue un des points nodaux de la lutte que se livrent les monopoles capitalistes pour l’accaparement des ressources naturelles, des marchés, des communications et de la force de travail. Pour asseoir leur domination, les puissances impérialistes qu’elles soient des anciennes puissances coloniales ou des nouvelles venues sur ce continent ne reculent devant rien. Les crimes contre les populations, l’instauration de régimes fantoches et dictatoriaux, le pillage des ressources avec une dégradation sans précédent de l’environnement sont le lot malheureux réservé aux populations africaines. Notre solidarité active leur est acquise dans la lutte que nous menons avec eux contre l’impérialisme.

Portugal
Le rejet du budget 2022, présenté par le premier ministre socialiste Antonio Costa, arrivé en 2015 à la tête d’un gouvernement minoritaire soutenu par le Bloc de Gauche et le Parti Communiste (PCP), par le parlement du fait du refus des députés communistes et du Bloc de Gauche de le voter vont conduire à la dissolution du parlement et a des élections législatives anticipées. C’est ce qu’a annoncé le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa le jeudi 4 novembre.
Dans un communiqué du 24 octobre, le Comité Central du PCP donne les explications du vote des députés communistes. Il souligne que la politique menée depuis des décades par les partis de la droite ont approfondi les inégalités et l’exploitation ainsi que le déficit structurel en matière de production industrielle et d’énergie. Selon ce communiqué la pandémie de Covid 19 et l’exploitation qui en a été faite par le capital ont encore affaibli les capacités du pays. La précarité, les bas salaires, le recul des pensions, le chômage et l’affaiblissement des services publics sont la conséquence de ces politiques et impactent lourdement les salariés. Le PCP note que sans les luttes des travailleurs portugais, la situation serait pire encore. Le rejet par le PS au pouvoir des propositions communistes pour améliorer la vie des gens est le reflet de la soumission de ce parti au capital et aux exigences de l’Union Européenne. Pour le PCP, la situation demande des réponses claires et positives aux exigences des salariés et il les expose ainsi :
«Promouvoir un développement économique soutenu et exiger une augmentation générale des salaires en tant qu'urgence nationale(2) .
• Garantir les droits des enfants et des parents, promouvoir la natalité, inverser le déclin démographique.
• Valoriser les retraites, lutter contre la pauvreté des personnes âgées
• Défendre et renforcer le Service national de santé en tant que garantie du peuple portugais aux soins de santé
• Défendre et valoriser les services publics pour répondre aux besoins des populations et pour la cohésion territoriale Garantir le droit à un logement décent, aux transports et à la mobilité
• Assurer plus de justice fiscale, donner au pays les moyens de répondre à ses besoins. Stimuler l'activité économique, valoriser la production nationale et soutenir les micro, petites et moyennes entreprises »
En conclusion Le Comité central du PCP appelle les organisations et les militants à assurer une intervention audacieuse et confiante dans la défense de la politique patriotique et de gauche, qui stimule la lutte des travailleurs et des populations pour la défense de leurs droits et intérêts, qui stimule la convergence des démocrates et des patriotes, ce qui renforce le Parti, sa capacité d'intervention et son lien avec les masses.

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(1)  https://www.sitecommunistes.org/archives/ch458afrique.html
(2)Le salaire minimum est actuellement de 775 euros, le PCP revendique de le porter à 850 euros ce qu’a refusé le PS