Cours n°2 : Dans quel monde vivons nous

I - LA CARACTERISTIQUE PRINCIPALE DU 20ème SIECLE

La révolution d’Octobre 1917 en Russie, l’existence de l’URSS et son développement, la création et le développement dans le monde de partis communistes révolutionnaires, l’extension mondiale de la théorie et des idées socialistes ont marqué très profondément le 20ème siècle.

D’Octobre 17 à 1989: la révolution d’octobre et la défaite de l’URSS

  • Octobre 17: création de l’URSS alors que la première guerre impérialiste mondiale fait rage
  • Intervention militaire des pays capitalistes (France, Allemagne, Angleterre) pour tenter d’écraser ( en vain) la révolution.
  • Pays arriéré, l’URSS va devenir en quelques dizaines d’années la deuxième puissance mondiale après les USA (développement économique et culturel impressionnant).
  • Deuxième guerre mondiale – l’URSS joue un rôle déterminant pour l’écrasement du nazisme mais elle le paye au prix fort (pays dévasté, 26 millions de morts).
  • L’URSS et l’émancipation des peuples: elle a contribué avec efficacité au développement de la lutte contre le capitalisme à l’échelle internationale (lutte contre l’exploitation capitaliste, mouvement de libération des peuples, aide économique à de nombreux de pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine ( ex. Vietnam, Cuba…).

Les causes de la chute de l’URSS:

  • Depuis 1917 l’impérialisme a mené une lutte permanente contre l’URSS et le socialisme (guerre économique, politique et idéologique…). L’histoire de l’URSS s’est déroulée dans un monde où la lutte de classe internationale est sans merci.
  • Contrainte de se défendre et de défendre la paix dans le monde, elle est conduite à consacrer une part énorme de ses ressources à la construction d’armements au détriment de son propre développement et de son aide aux pays colonisés.
  • Les causes internes: atteintes à la démocratie par le pouvoir, la bureaucratie, l’autoritarisme du PCUS, les syndicats réduits à «l’assistance sociale», les privilèges attribués à la «nomenklatura».

Nous poursuivons notre réflexion sur ces questions afin d’en tirer les leçons nécessaires et de préparer l’avenir.

Conséquences de la chute de l’URSS:

  • Les conséquences pour les peuples sont dramatiques. Le rapport des forces a basculé au profit du capitalisme avec à sa tête l’impérialisme américain. Par tous les moyens y compris la guerre les USA veulent imposer et leur domination au monde entier. « Rien ne changera plus, vivez dans un cadre politique et économique parfait » affirme cyniquement FUKUYAMA (économiste américain et « penseur »)!
  • L’Union Soviétique a disparu mais les idées d’émancipation sociale demeurent.

II - LA MONDIALISATION, NOUVELLE ETAPE DU CAPITALISME

La Mondialisation n’est autre que le développement du capitalisme à l’échelle mondiale. C’est la domination des grands groupes capitalistes et de leurs Etats sur pratiquement le monde entier. Elle s’inscrit à l’intérieur d’un processus de recomposition de l’accumulation du capital et ouvre une phase nouvelle du développement capitaliste à l’échelle internationale. Dans les pages du «CAPITAL» (1857) K. MARX a montré comment l’extension du commerce mondial a modifié les rapports entre commerce et industrie. La «mondialisation» d’aujourd’hui est dans cette logique.

«Poussée par le besoin de débouchés nouveaux, la bourgeoisie mondiale envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations» - MARX et F. ENGELS

Avec la mondialisation capitaliste, la grande contradiction de notre époque Capital – Travail s’aiguise considérablement dans le monde entier.
D’un côté accélération de l’accumulation du capital et hausse spectaculaire des profits, de l’autre, exploitation capitaliste portée à un niveau inégalé de tous les peuples du monde.

100 groupes capitalistes multinationaux contrôlent l’économie de la planète et 70% du commerce mondial.
L’exploitation capitaliste dans le monde atteint des dimensions dramatiques pour les peuples. La moitié de l’humanité (3 milliards d’êtres humains) est dans la pauvreté, 800 millions souffrent de malnutrition, deux milliards n’ont pas d’électricité, plus de deux milliards sont privés d’eau potable. Aux USA même 33 millions d’américains vivent dans la pauvreté dont 12 millions de moins de 18 ans.
Les firmes multinationales emploient 275 millions de salariés directs et prennent diverses formes ( filiales – partenariat – sous-traitance…).

Le Tiers Monde est pillé par les capitalistes mondiaux. Main -mise économique, politique, militaire.

* Les dettes des pays pauvres explosent (Banque Mondiale et FMI imposent partout des plans draconiens d’austérité).
Depuis 1992- 23 conflits armés recensés (Afrique -Asie –Moyen-Orient – Balkans)./ Tous sont menés pour asseoir la domination économique et politique du capitalisme, pour contrôler les sources de matières premières. Ceci au nom de «l’ingérence humanitaire». Dépenses militaires en hausse croissante, course aux armements les plus sophistiqués.
Avec la mondialisation capitaliste, des contradictions et des rivalités inter - capitalistes de plus en plus fortes.
Un formidable mouvement de concentration du capital et des échanges (1 exemple: l’alliance de THOMSON avec un fabricant chinois de téléviseurs).
Prédominance du capital financier. Les échanges spéculatifs sont 70 fois supérieurs aux échanges commerciaux réels.
Le développement du capitalisme dans le monde se fait à des rythmes différents: ex. Chine –Afrique…
Les institutions internationales, des instruments dans les mains du capital.

  • L’ONU défend exclusivement les intérêts capitalistes.
  • Le FMI intervient directement sur les politiques et économiques des Etats ( ex. «le SMIC en France est trop élevé, c’est un facteur de chômage»).
  • La BM (Banque Mondiale)a réalisé un rapport sur les retraites qui est le mode d’emploi de toutes les politiques visant à remplacer les régimes par répartition par des assurances privées.
  • L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) peut déclarer hors la loi un Etat qui prendrait des mesures d’intérêt national.
  • Le TPI (Tribunal Pénal International) de La Haye édicte les nouvelles règles du droit international au service du capitalisme.

Création et développement de grands ensembles régionaux capitalistes, économiques et politiques.
Union Européenne – ALENA (USA –Canada – Mexique) - MERCOSUR (Brésil – Argentine – Amérique du Sud) – Asie avec la Chine – Sud Est Asiatique.
Leur seule perspective: réaliser des profits. Profits gigantesques qui proviennent de l’exploitation des peuples du monde entier.

L’HEGEMONIE AMERICAINE EST ECRASANTE SUR TOUS LES PLANS

  • Politique
  • Economique
  • Idéologique
  • Diplomatique
  • Militaire
  • Menaces
  • Interventions militaires
  • Pressions de toutes sortes

III- L’UNION EUROPENNE

Renforcement du capitalisme dans cette région du monde où tout est fait pour établir complètement le pouvoir économique, politique et militaire des groupes multinationaux au sein d’un ensemble capitaliste: l’Union Européenne.
Dans l’Union Européenne le patronat a mis en place un moyen de pression énorme sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail, les dépenses publiques.
L’Union Européenne se développe aussi comme une puissance militaire.
L’Union Européenne n’est pas un rempart contre les USA. Elle est là pour tous les groupes transnationaux quelle que soit leur origine. Le capitalisme est de plus en plus cosmopolite. Ce mouvement s’accélère partout. Déjà les fonds de pensions étrangers (américains et britanniques pour l’essentiel) détiennent plus du quart du capital des grandes entreprises françaises.
La construction Européenne accroît la concurrence, exacerbe les rivalités capitalistes (exemples actuels). Mais quand il s’agit d’exploiter les peuples et de les maintenir sous leur domination les intérêts de classe passent avant tout.

La France est directement menacée comme nation.
L’existence des nations est un obstacle à l’extension du capitalisme en Europe. Leur suppression est à l’ordre du jour:(monnaie unique, constitution, disparition des Etats nationaux remplacés par des Régions…).

IV- REVOLUTIONNAIRES ET REFORMISTES

L’existence d’un courant réformiste et d’un courant révolutionnaire dans le mouvement ouvrier français est une des données permanente de la réalité politique française. Il y a toujours eu opposition et lutte entre réformistes et révolutionnaires y compris à l’intérieur des organisations révolutionnaires.
Dans le monde, la presque totalité des partis communistes révolutionnaires ont disparu, ils sont devenus des partis réformistes.

Qu’est-ce que le Réformisme?

C’est l’adaptation au système capitaliste. Il se place dans le cadre des rapports de production capitalistes, des rapports sociaux existants. Il nie à la classe ouvrière son rôle d’avant – garde dans la lutte contre le capitalisme. Il pratique la collaboration de classe a tous les niveaux: social, politique et de l’Etat. Ce qui le conduit toujours à se ranger du côté du capitalisme. Ex: Le PS vote la guerre en 1914, en1936 Léon BLUM qui théorisera l’inutilité de la révolution, décidera la «pause» du Front populaire et la non - intervention en Espagne, en 1938 il est pour Munich. Le PS soutient le colonialisme, Guy MOLLET président du Conseil envoie le contingent en Algérie. Depuis 1981, à chaque fois qu’il a été au pouvoir le PS a fait la politique du capital.
La Social-démocratie est la forme politique organisée du réformisme. Aujourd’hui après la disparition de l’URSS, en France et en Europe par exemple, le camp réformiste – partis politiques, syndicats, organisations – se restructure.
Le réformisme de gauche: Derrière la phrase révolutionnaire, ce «révolutionnarisme petit –bourgeois (ainsi caractérisé par Lénine) nie les fondements du marxisme. Il est donc incapable d’engager la lutte politique et idéologique sur la base d’une véritable analyse de classe de la situation.
En France les organisations gauchistes les plus connues (LO-LCR) se sont créées et développées sur la base de la lutte anticommuniste, antisoviétique. Aujourd’hui elles composent avec les partis réformistes ( des ex. de leur politique aujourd’hui).

V- LES EXIGENCES CAPITALISTES POUR LA RECHERCHE DU PROFIT MAXIMUM FONT DE PLUS EN PLUS OBSTACLE AUX ASPIRATIONS DE L’HUMANITE

Nous voulons la coopération entre les peuples dans le respect de la souveraineté de chaque nation . Nous défendons l’indépendance nationale. Nous luttons pour la paix dans le monde. Nous voulons développer des solidarités de luttes sociales et politiques avec les peuples des autres pays, avec les forces qui luttent contre le capitalisme dans le monde entier.
A notre époque les moyens existent de faire une politique au service des peuples. L’obstacle c’est l’existence du capitalisme. Il faut le détruire et le remplacer par le socialisme. (voir cours N°3)
La classe ouvrière se développe rapidement partout dans le monde entier, dans des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie…
La résistance à l’exploitation capitaliste a subi des revers mais elle existe, des luttes ont lieu dans de nombreux pays. Voir cette situation avec lucidité: d’un côté nos difficultés actuelles et de l’autre tout ce qui est en train de naître et de se développer.
Il faut lutter dans chaque pays et développer l’internationalisme (voir cours N°3).
Nécessité absolue du parti révolutionnaire
(voir cours N°5).
L’histoire a de l’avenir
Mémoire et histoire peuvent empêcher l’enterrement silencieux de l’espoir.
Les raisons d’espérance dans les luttes
Idéal et bonheur donnent sens au combat révolutionnaire (cours N°5)

Lectures:

* Brochure «qui sommes-nous, que voulons-nous» - pages 18 à 28 - (pages 17 à 27 au format PDF)

* Introduction R.Perlican au congrès: «Dans quel contexte se déroule la lutte des classes à l’échelle internationale»