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Nouvelle Calédonie : L’indépendance en jeu !

Les résultats du référendum pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle Calédonie sont maintenant connus. La forte participation (85,7%) est en hausse de 4,62 % par rapport au référendum de 2018 sur le même sujet.

Si le oui l’emporte avec 53,3 % contre 46,7 %, aux partisans de l’indépendance ils sont au coude à coude avec une nette progression du vote (+3,4 %) en faveur de l’indépendance. Clairement la dynamique est du côté des forces qui réclament l’indépendance de cette colonie française dont la formation date de 1853 et dont la colonisation de peuplement a commencé en 1864, sous forme d’un bagne. Au cours des époques, les terres des populations autochtones gérées selon un droit d’usage ont été accaparées par les colons. Il s’en est suivi une expropriation massive de la population Kanak.
Les luttes pour l’indépendance et leur répression n’ont jamais cessé. Il a fallu les événements des années 1980 qui voient les tensions entre opposants et partisans de l'indépendance atteindre leur paroxysme pour que les choses commencent à bouger. Ces affrontements qui deviennent bientôt une insurrection quasi généralisée de 1984 à 1988 culminent avec la prise d’otage d’Ouvéa en 1988. Les forces coloniales françaises réagissent par la violence et assassinent le leader indépendantiste kanak Jean Marie Tjibaou. Les accords de Paris en 1988 puis de Nouméa en 1998 entre la puissance coloniale française et les indépendantistes scellent la possibilité à la population autochtone comme colonisatrice de se prononcer par référendum (le prochain pourrait avoir lieu en 2022).
Pour la France puissance colonisatrice, la Nouvelle Calédonie est un territoire stratégique à la fois par sa position dans l’océan pacifique sud, aujourd’hui au centre des tensions impérialistes dans la zone Asie-Pacifique, mais aussi pour l’espace maritime exclusif qu’il réserve à la France et aussi pour ses richesses en Nickel, un métal hautement stratégique dans la composition des aciers spéciaux en particulier nécessaires à l’industrie d’armement. C’est dire si l’impérialisme français veille au maintien de sa prééminence dans la région. Autant dire que référendum ou non les pressions vont se faire vives pour que le scénario d’une indépendance totale ne se réalise pas. Déjà l’argumentation visant à expliquer que ce sera toujours du moitié-moitié tend à accréditer l’idée qu’il faudra trouver une solution de compromis, sous-entendu favorable à la domination coloniale.

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