Air France: L’exigence des salariés Un camouflet pour la Direction et Macron

Plus de 45.000 salariés, 83,44% de votants à la consultation provoquée par la direction sur sa politique salariale avec en plus à la clé le chantage à la démission du PDG en cas de refus.
Rien n'y a fait, 55,33% des salariés ont rejeté les propositions de la direction et le PDG a donc donné sa démission.
Depuis 7 ans les salaires sont gelés à Air France, le personnel avait consenti d'importants efforts "pour la bonne marche de l'entreprise".

Le groupe a retrouvé une marge bénéficiaire de plusieurs dizaines de millions d'euros... pour les poches des actionnaires. La direction proposait une hausse des salaires de seulement…7% sur 4 ans. Très loin de l’augmentation de 67% touchés par 14 dirigeants au mois de février!
Cet épisode à Air France est riche d'enseignements dans un contexte de luttes pour la défense des services publics et d'opposition à la soumission de toute la société française aux exigences du capitalisme prôné par Macron.
D'autant que les lois et ordonnances modifiant le code du travail visent à faire prévaloir les referendums d'entreprise pour court-circuiter les organisations syndicales et faire accepter l'inacceptable aux salariés.
Si la direction a pris cette initiative c'était pour casser l'action et court-circuiter les organisations de lutte en s'adressant directement aux salariés.
Les syndicats maisons et la CFDT en tête appelaient à voter OUI à la consultation patronale et tentaient de diviser les salariés.
Laurent Berger secrétaire général de la CFDT parle comme un patron. Invité d’Europe 1, s’est permis de critiquer durement ce conflit, accusant le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) de prendre «tout le monde en otage». Il avait appelé à voter positivement à la consultation menée par l’entreprise pour faire pression sur les grévistes, il s’est ensuite inquiété du fait que les 11 journées de grèves, et les nouvelles journées à venir, soient en train de mettre l’entreprise en «grosse, grosse difficulté».
Les salariés par leur vote massif ont condamné la politique salariale de la direction, rejeté les pratiques de chantage, rejeté les orientations de Laurent Berger. Ils ont approuvé l’action et soutiennent les organisations syndicales qui organisent la résistance, car c’est le développement de l’action dans l’entreprise qui a grandement contribué à ce résultat.
Le verdict est là sans contestation possible, la seule façon de se faire entendre pour les travailleurs, c’est par l’action, la lutte de classe.
C’est un formidable encouragement au développement des luttes, un fiasco des opérations d'intox et des campagnes médiatiques. L’arrogance du pouvoir qu'on nous présente comme appliquant sans coup férir sa politique de casse peut être mise en échec, pour peu que les travailleurs refusent de se laisser diviser et se rassemblent dans l'action.
Les nombreuses luttes dans les entreprises, les grèves, des cheminots, à Air France, la journée de grèves et manifestations des salariés de la fonction Publique à l’appel de toutes les organisations syndicales le 22 mai, montrent que la lutte s’étend. Elle grandira de plus en plus. Nous avons tous le même ennemi, le capitalisme et ceux qui font sa politique.
La lutte de classe, c’est ce que Macron et le capital craignent.
La lutte unie, de plus en plus forte est la seule voie qui les fera reculer.
Notre Parti est dans cette lutte, il appelle à son développement.
Pour changer et prendre le pouvoir politique, il faut arracher aux capitalistes les grands moyens de production et d’échange, les entreprises industrielles et financières, en donner la gestion au peuple et à ses représentants, c’est la perspective que propose notre Parti, pour laquelle il combat.