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Pierre Fabre est décédé

Notre camarade Pierre Fabre membre du Comité National, est décédé dans sa 91ème année. Il fut l’un des créateurs de notre Parti en 2002. Lors de ses obsèques ce mercredi 9 avril, Tonio Sanchez, Secrétaire National lui a rendu hommage au nom de tout notre Parti.

Hommage à Pierre Fabre, membre de notre Comité National.
Chers(es) amis(es), chers(es) camarades.
Il faudrait beaucoup plus que quelques lignes ou quelques mots pour évoquer et décrire ce que fut la vie de notre camarade Pierre Fabre.
Cet hommage n’est donc qu’un rappel succinct de sa très riche vie que nous pouvons résumer en quelques mots : engagement constant dans la lutte révolutionnaire.
Cet engagement commença très tôt, en 1947 lors de son premier emploi chez Alsthom Lecourbe dans le 15e arrondissement, il vit pleinement sa première grève, sa première expérience de la lutte des classes.
Nous sommes au lendemain du conflit mondial, les rapports de force sociaux et politiques avant, pendant et après cette guerre impérialiste font naître une génération de militants dont Pierre fait partie.
Il est élu au comité de section du Parti Communiste Français dans le 15e dès 1948, il se considérait trop jeune pour cette tâche mais « il fallait remplacer ceux qui ont disparu » disait-il.
En 1950, c’est le service militaire, ses convictions l’amènent à quelques insubordinations et il subit quelques jours de prison qui en découlent.
En 1953, il travaille dans une entreprise de contrôle et de régulation dans le 14e. Il est élu au secrétariat du Comité de section du Parti Communiste Français.
Il est licencié de son entreprise. La répression syndicale et politique bat son plein. Mais la même année, il entre chez Ernault Batignolles toujours dans le 14e arrondissement. Il est élu délégué du personnel, mais suite à la casse du secteur de la machine-outil pourtant à la pointe de la technologie en France, des emplois sont supprimés. Pierre est le seul licencié dans sa profession de fraiseur. Il fallait pour Ernault Batignolles se débarrasser des obstacles à la future fermeture de l’entreprise.
C’est ainsi que Pierre deviendra permanent au Parti Communiste Français où sa tâche consiste à être « instructeur d’organisation » à Sollac Thionville durant six mois.
L’organisation de cellules d’entreprises sur le lieu d’exploitation était à l’époque un objectif politique majeur.
Pierre est candidat à la députation pour le PCF dans le 14e, circonscription la plus bourgeoise de l’arrondissement, où il obtient 45 % des suffrages.
C’est donc tout naturellement qu’il va travailler au comité central du Parti Communiste Français et participe à l’école politique de quatre mois.
Il devient un des collaborateurs de Georges Marchais en 1968, et en 1969 il travaille au journal « l’humanité ».
Mais Pierre est un homme de terrain, un militant qui accepte difficilement le manque de contact avec les travailleurs.
Il est de retour au comité central très vite et partira à Toulouse à Sud-Aviation pour six mois afin d’organiser la bataille politique.
Il restera collaborateur au comité central jusqu’en 1971. Il est secrétaire du 14ème jusqu’à son entrée, selon sa volonté, chez Renault à Billancourt.
Chez Renault il est élu au comité d’entreprise ainsi qu’au comité central d’entreprise, au CHSCT et au comité de groupe.
Il voyagera beaucoup pour organiser, rencontrer les syndicats des usines Renault que ce soit aux USA, à Moscou ou au Portugal.
Les « forteresses ouvrières » n’existent pas disait Pierre en parlant de Renault Billancourt fermé en 1992. « La lutte doit être permanente, quotidienne, sinon c’est le début de la fin pour la classe ouvrière », disait-il encore. La situation d’aujourd’hui lui donne raison.
En retraite bien méritée depuis la fin des années 80, Pierre n’a jamais cessé de se battre, de militer pour une autre société.
La dérive opportuniste du Parti Communiste Français s’alliant avec la bourgeoisie allait amener Pierre et beaucoup d’entre nous à mener la bataille interne pour conserver les valeurs révolutionnaires abandonnées par le Parti Communiste Français.
Mais les rapports de force interne, la chute de l’URSS, la gestion capitaliste de la société par le Parti Communiste Français ont fait disparaître la perspective d’une société socialiste, une société révolutionnaire.
Il fallait donc réagir et Pierre a été un des premiers à le faire. Maintenir, développer une perspective révolutionnaire, déjouer les pièges et les impasses ne pouvait que passer par la création d’un parti sur des bases claires.
C’est ainsi que Communistes a été créé en 2002, Pierre en est un des animateurs et va consacrer beaucoup de temps et d’énergie à le développer.
Membre du secrétariat pendant plus de 10 ans, il va s’attacher à garder contact avec les militants qu’il a connu dans sa carrière professionnelle et militante notamment chez Renault.
Très attentif au renforcement du Parti dans le contexte politique que nous connaissons, il a sans cesse milité pour faire connaître notre Parti, le développer.
Ses interventions, ses écrits sur des sujets qui lui tenaient à cœur comme Renault dont il était une véritable encyclopédie, il participa d’ailleurs à un colloque en Octobre 2016 ou son intervention remarquée décrit les conséquences de la privatisation du groupe sur les conditions de travail, les salaires des travailleurs, leurs acquis. Celles sur le système de retraite, son analyse sur la situation internationale ont beaucoup aidé et aident encore beaucoup les militants du Parti en leur apportant des arguments clairs et précis pour combattre la politique actuelle, mais aussi comment en changer.
À sa demande, il a développé ces dernières années une note économique et sociale hebdomadaire pour aider les militants et sympathisants à « comprendre pour mieux se battre » disait-il.
Sa dernière note économique, il l’a rédigé juste avant son hospitalisation, il y a une dizaine de jours.
Il faisait partie également du comité de rédaction du Parti chargé de l’élaboration de «Communistes Hebdo » publié toutes les semaines sur notre site. Il était discret, ne se mettait jamais en avant mais il était ferme sur la politique du Parti.
Voilà, Pierre a amené toute son expérience, toutes ses connaissances au mouvement ouvrier, à notre Parti.
Nous partageons la peine de ses filles Martine et Sylvie, de ses petits-enfants et de toute la famille à qui nous apportons tout notre soutien et notre amitié.
Nous ne pouvons que lui dire : merci Pierre pour ce que tu as apporté par ton engagement politique de tous les instants. Tu resteras dans la mémoire de notre Parti.

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